Voir Epist. mixt., . IL et III, années
9. Polanco, Chronicon, t. II, p. 434. CF. Epist. mixt., L. I, p. 756-757.
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4. Les Pères destinés au nouvel établissement de Pamiers ne purent faire le voyage ensemble. Le P. Pelletier s’y trouvait déjà au mois de juillet 1559. Le P. Auger y arriva dans les derniers jours de septembre, et Le P. Jean Roger au commencement d’octobre!. Quant au P. Barrault, il faillit rester en route. De Marseille où il avait abordé, il s’était dirigé vers Carcassonne sans incident. Là, il avait à peine demandé le chemin de Pamiers qu’on l'arrêta et qu’on le mit en prison. Surpris, il protesta de ses pacifiques desseins. « On lui répliqua qu'il n’y avait à se rendre à Pamiers, cet asile des faux prophètes, que les luthériens, ou les calvinistes? », ou les malfaiteurs. Des gens de cette espèce, « quelque temps auparavant, avaient jeté le trouble dans la contrée ». Huit jours donc, on le tint dans les fers. Heureusement « le bon Père avait avec lui un sûr garant de son innocence : toute une collection d'images, de chapelets et autres objets de piété dont les hérétiques n’ont pas accoutumé de se charger en voyage? ». Ce bagage orthodoxe tranquillisa Ja gent soupconneuse de Carcassonne, qui enfin lui rendit la liberté. |
À l'automne de 1559, la petite communauté se composait de six personnes. Aux quatre Pères envoyés d'Italie les supérieurs avaient adjoint un autre professeur, « maitre Jean Arnauld, de Paris { », et un frère du nom de Vincent”. C'était, hélas! beaucoup trop pour les circonstances. Ils étaient venus avec la pensée qu’on allait leur remettre bientôt les bâtiments du collège et la direction de ses quatre classes. Il n’en fut rien. M‘ de Pellevé et Le P. Provincial avaient compté sans les menées des partisans de Jeanne d’Albret. Les belles promesses du mois d'avril étaient loin
déjà, et quand le P. Pelletier vint offrir ses services il se heurta à
un mauvais vouloir évident. Le conseil de ville épuisa toutes les voies d'opposition et tous les prétextes de retard. Dès la Pente-
1. Jean Roger, né à Paris, était maître ès arts, docteur en théologie et bénéficier de la Sainte-Chapelle lorsqu'il entra dans la Compagnie de Jésus. Il fit partie de cette élite de professeurs que saint Ignace envoya, en 1549, sous la conduite du P. Paul d'Achille, inaugurer les études du collège de Palerme. 11 y enseigna les humanités jusqu’en 1553. Il se trouvait depuis quatre ans chargé d’un cours de philosophie au collège romain quand il fut désigné pour Pamiers.
2. Lettre du P. Auger au P. Général, 1° décembre 1560 (Galliae Epist., t. I, f. 149). Cette lettre du P. Auger dont nous allons largement nous servir est, comme il le dit lui-même, moins une lettre qu’une histoire des débuts de Pamiers : « historiam potius quam epistolam scribimus ». Cependant elle a besoin d'être complétée par une autre lettre du même, du 28 octobre 1559 (Galliae Epist., t. I, f. 63-66).