‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 188 sur 457 · Lettre du P. Auger, 1°" déc · texte numérisé non relu

Lettre du P. Auger, 1°" déc

2. Ibid. Ces spectacles improvisés étaient peut-être médiocres, mais, dit le P. Auger, pour le pays c'était une nouveauté merveilleuse : « Hæc nam spectacula miraculi instar sunt in hac Pyrene.extrema. » .

3. Aucun document ne signale le retour de l’évêque, mais, dans sa lettre du 28 oct. 1559, le P. Auger y fait allusion comme à une chos2 possible à la Pentecôte suivante.

4. Lettre du 1° déc. 1560. N'est-ce pas à celle occasion que le P. Auger composa son petit catéchisme, clair et substantiel, qui eut plusieurs édilions en français et en latin? D'après Sommervogel la première édition en français serait de Lyon, 1563, sous ce titre : Catéchisme et sommaire de la religion chrestienne avec un formulaire de diverses prières catholiques et plusieurs advertissemens pour toutes manières de gens (Sommervogel, I, 633). Dans la seule ville de Lyon, on en écoula 38.000 exemplaires en huit ans (Sotwel, Biblioth. script. S. J.). À

Cependant Robert de Pellevé ne négligeait rien pour soutenir ses droits. Les conseillers de ville avaient réclamé de nouvelles patentes du roi de France. L’évêque leur donna satisfaction. François IT, par lettres du 21 février 1560, permit « de faire construire et édifier dans ladicte ville de Pamyers ung collège de la Société du nom de Jésus, tant pour le bien et augmentation de ladicte ville que pour oster occasion aux jeunes hommes de suyvre oysiveté et choses mondaines, ains employer leur temps en bonnes œuvres et exercices de lettres, affin que le succès de leur labeur rapportast, à eulx et aux républiques, utilité et prouffict ». De plus, le roi autorisait les maitres et élèves du nouveau collège à faire usage « de toutes et telles facultés, privilèges, franchises, libertés et exemptions que les docteurs, régens et escolliers estudians ès aultres collèges de ladicte Société... ont accoustumé joyr et user ! ». Muni de cet acte en bonne forme, l’évêque de Pamiers comptait triompher bientôt des opposants. Son espoir fut décu. Il recourut alors aux voies de la justice et un procès fut engagé ?.

Ni les Jésuites ni leur Général n'étaient pour ces procédés contentieux, légitimes sans doute, mais étrangers à l'esprit d’hommes apostoliques qui viennent, avant tout, annoncer l’évangile de paix. Le P. Lainez songea sérieusement à retirer les siens plutôt que de seulement paraitre les imposer. Il écrivait le 29 avril (1560) au P. Pelletier : « Nous compatissons du fond de notre cœur à tout ce que vous supportez si généreusement pour le service de Dieu. Toutefois, les choses restant dans cet état, je me demande si vos efforts ne seraient pas mieux employés ailleurs? » En effet, l'entreprise avait été mal amorcée; tous les Pères le constataient *, et le P. Général ne le cacha pas à l'évêque dans une lettre qu'il lui écrivit quelques semaines plus tard, le 20 mai : « Dans votre zèle à poursuivre l'affaire de Pamiers, lui dit-il, nous reconnaissons bien les bonnes dispositions de Votre Grandeur à l'égard de la Compagnie; mais l'expérience nous a

1. Extraict des édits et ordonnances royaux registrés en la cour de parlement de Tolose, publié par le P. Prat, Mémoires sur le P. Broet, app., n. xur.

2. Les registres des délibérations pour l’année 1560 manquent aux archives de Pamiers, et sur cette époque les documents conservés dans la Compagnie sont très incomplets; nous ignorons done la procédure suivie par l'évêque. Maïs qu’il y ait eu procès, la chose ne fait aucun doute. Robert de Pellevé en parle dans une lettre au P. Pelletier, du 6 oct. 1560, et il y est fait allusion dans les délibérations de ville de

E Re Epist. General., t. 1559-1561.

4. Par exemple, le P. Auger, dans sa lettre du 28 oct. 1559 : « La cosa e stata mal menata. »

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appris qu'avant d'envoyer des professeurs il aurait fallu leur assurer un logement et tout ce que réclament les usages et les fonctions de notre institut. C’est la marche que nous suivons d'ordinaire. Nous avons fait exception pour Pamiers, par complaisance pour Votre Grandeur, qui pressait l'envoi des régents. Et maintenant les lettres des nôtres nous apprennent dans quelles difficultés ils se trouvent, privés de maison, de revenus et de l’autorisation officielle d'avoir des classes. Il nous a donc semblé opportun, si dans deux mois tous les obstacles ne sont pas levés, de faire passer les Pères dans un autre pays... Pendant ce tempslà Votre Grandeur pourra mener à bien tous les débats du procès, trouver une maison, aménager des classes; après quoi, très volontiers nous vous rendrons ces mêmes Pères, ou d’autres, qui travailleront selon votre désir à cultiver cette vigne du Seigneur!. »

Deux mois se passèrent sans résultat. Les Pères restèrent cependant, peut-être parce qu’on pouvait toujours espérer une prompte solution, sans doute aussi par déférence pour l’évêque qui tenait beaucoup à les garder : « Je crois, écrivait-il au P. Pelletier, sous la date du 6 octobre 1560, que la révocation ou absence de vous autres donneroit plus tost couleur au procez qu'il ne l’advanceroit, et qu'avant que vous puissiez retourner au lieu où vous écrivez?, ce procez seroit fini. J'en ai communicqué avec monsieur d'Amiens, mon frère, qui est bien de cest advis que demeuriez.. Et quand il y auroit département, ce qui ne se fera de ma volonté ni consentement, je vous réserveray toujours et vostre Compagnie en lieu dont votre Supérieur et vous autres aurez occasion de vous contenter *. »

6. D'ailleurs les Pères avaient encore une autre bonne raison de rester : leurs ministères spirituels étaient fructueux et leur attiraient de plus en plus la sympathie des habitants.

Pendant le carème de 1560, le P. Auger retourna à Foix, et le P. Pelletier poursuivit à la cathédrale de Pamiers, comme il l’avait fait pendant l’avent de l’année précédente, l'exposition des principaux dogmes de l'Église. A la suite d’un de ses sermons sur la dévotion à l’auguste Mère de Dieu et aux Saints, les hérétiques

1. Lettre de Lainez à l'évêque de Pamiers, 20 mai 1560 (Gall., Epist. Gen., t. 1559- 1561).

2. Le P. Pelletier était à Toulouse et devait y retourner pour prêcher le carême de

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