MOULE LE D
Le 9 novembre 1552, Henri Il, par lettres patentes, avait déclaré « bonne et valable » pour ses États, la bulle du 13 mai de la même année par laquelle Jules IT avait approuvé l'érection du collège en Université. Toutefois ce n'était pas une Université composée de toutes les Facultés, mais une Université de philosophie et des sept arts libéraux. L'enseignement du droit et de la médecine n’y fut jamais autorisé, et celui de la théologie n'y fut introduit que plus tard !. « Lettres latines, grecques, hébraïques, caldes, et l’art de la grammaire, et morale et naturelle philosophie », tel était, d'après les lettres patentes de Henri I, le cadre des études au collège de Tournon ?. Mais « ce simple programme n'excluait pas le titre d'Université », souvent attribué à une seule Faculté, particulièrement à celle des arts, la première dans l'ordre des cours. Ses gradués jouissaient des mêmes privilèges, libertés, immunités, honneurs et prééminences que les gradués de l'Université de Paris. Les collateurs de bénéfices n’accordaient . pas plus de déférence aux demandes faites par les grandes Universités qu'aux lettres signées et scellées « en la noble Université de Tournon* ».
2, Très opposé aux protestants, le cardinal était persuadé qu'on ne pouvait rien changer ou innover en matière de religion sans troubler la paix de l'État. Il avait donc choisi avec Le plus grand soin les premiers régents et lecteurs de son Université. Maïs peu à peu, par suite des démissions et des décès, d'autres professeurs furent admis, « méchants, hypocrites, dit Pélisson, que Je ne connoissois ni n’avois expérimentés # ». Quant aux pédagogues, répétiteurs et maîtres de pension, il en venait de tous côtés chercher fortune à Tournon, attirés par la réputation du collège. La ville avait trop d'intérêt à les conserver pour ne pas fermer les yeux sur leurs menées suspectes. « Moi, raconte Pélisson, voyant que apertement ils corrompoient et gastoient tout, ne les pouvois endurer comme gens pestilencieux; et tout le monde déjà ensorcelé
fonds. Mais depuis (en 1890) les archives du Lycée ont été réintégrées aux archives départementales sous cette rubrique générale : série D, collège de Tournon. L'ensemble n'était pas encore inventorié en 1903, et il est impossible d’en citer les pièces avec plus de détails. Les seuls titres qu'il y ait sur le dos de quelques liasses sont des Litres inscrits par les anciens Jésuites : tiroir 1, tiroir 2... etc.