IGNACE DE LOYOLA. —-SES ÉTUDES A PARIS
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d'œil sur ses études à Barcelone et à Alcala. — 2. Séjour et persécutions à Salamanque. — 4. Ignace à l’Université de Paris. Cours de grammaire au collège de Montaigu. — 5. Voyages en Flandre et en-Angleterre. — 6. Cours de philosophie à Sainte-Barbe. — 7. Succès aux examens. Commencement de la théologie chez les Dominicains de la rue Saint-Jacques. — 8. Œuvres de zèle. Ignace est dénoncé à l’inquisiteur. — 9. Il est condamné à {a salle. — 10. Son courage et son industrie pour le salut des âmes. -
Sommaire : I. Dispositions et projets d’Ignace après Manrèse. — 2 Coup
Sources manuscrites : I. Documents conservés dans la Compagnie : a) Summarium Pro-
cessuum $. Ignatii. — b) Proceso apostolico de Barcelone y Manresa. — c) Relation de Juan Pascual.
IT. Bibl. nat., mss: latins, 9,952, Acta Rectoria Univ. Paris. — 9,960. Actes de la Faculté de Théologie. ;
Sources imprimées : Acta beatificationis B. Ignatit Loyolae. — Acta Sanctorum, t. Vu Julii. — Memoriale B. Petri Fabri. — MONUMENTA HISTORICA S. 3. Polanco, De vita P. Ignatii Loyolae. — Monumenta Ignatiana, ser. 1, t. 1; ser. 4, t. I. Acta P. Ignatit. Epistola P. Lainii deS. Ignatio. De actis S.Ignatii a Ribadeneïra. Censura P. Araozii in vitam S. Ignatii. — Ribadeneira, Vida del B. P. Ignacio. — Astrain, Historia de la Compahia de Jesus en la Asis. de España, t. 1. — Denifle, Chartularium Univ. Parisiensis. — Du Boulay, Historia Univ. Paris.
1. Dieu, qui agit avec force mais aussi avec douceur, n’inspira point d’un seul coup à Ignace de Loyola! l’idée et la forme de la Compagnie de Jésus. 11 laissa faire les causes secondes. Pas à pas le blessé de Pampelune fut conduit à l'organisation définitive de la milice que réclamait la situation de l'Église dans la première moitié du seizième siècle. Pendant cette marche progressive vers
1. On ne Connaît pas exactement l’année de la naissance de saint Ignace. D’après les conjectures les plus probables ce fut non en 1495, Comme l'ont prétendu plusieurs COMPAGNIE DE JESUS. — T, I, 1-
le but à atteindre, une des étapes les plus importantes fut, sans aucun doute, le séjour d’Ignace à Paris.
Qu'on se rappelle l’état d'esprit du contemplatif de Manrèse quand, en 1598, il toucha le sol de la France, qu’on se rappelle en même temps le prestige de cette capitale où la splendeur d’une époque finissante luttait encore d'éclat avec l'aurore des temps nouveaux, et l’on comprendra ce qu'une âme grande et généreuse, remplie de vastes projets, dut puiser d'énergie et de fécondité au contact d'un pays célèbre par son génie pratique, son activité et sa force d'expansion. Avec la science et les idées, Ignace devait encore trouver là les hommes destinés à le seconder au début de sa mission providentielle.
Mais, avant de raconter cette heureuse rencontre, il nous faut remonter un peu plus haut.
Bien que les premières années du saint après sa conversion n’appartiennent pas à l’histoire de l’Assistance de France 1, elles sont cependant si étroitement liées aux suivantes qu’on ne peut, sans jeter sur elles un coup d'œil rapide, ni saisir le développement du plan divin, ni expliquer la conduite du nouvel étudiant qui va bientôt illustrer à sa manière la grande Université de Paris.
Ce fut à Manrèse que Dieu façonna l'âme d'Ignace et en fit l’instrument docile de ses desseins. Le futur fondateur de la Compagnie de Jésus y arriva le jour de l’'Annonciation de l’an 1522*, couvert des vêtements grossiers d’un pauvre pèlerin auquel il avait donné ses habits de chevalier. Il y resta jusqu’au début de l'année 15235. Logé à l’hôpital Sainte-Lucie ou chez quelque pieux bienfaiteuri, il allait chaque jour entendre la messe dans
auteurs, mais en 1491. Telle est l'opinion du P. Astrain qui discute longuement cette question (Historia de la Compañia, t. I, p. 3, n. 2). On peut voir sur le même sujet : Kreiten S. J., Séimmen aus Maria-Laach, t. XL, p. 92; — Tacchi-Venturi, Civillà cattolica, ser. XVIL vol. XI, Quad. 1202 del 21 luglio 1900.
Loyola est le nom du château héréditaire où naquit saint Ignace et que l’on appelle aujourd’hui la Santa casa. Le P. Rafael Pérez S. J. lui a consacré une curieuse notice intitulée : La santa casa de Loyola (Bilbao, 1891).
1. L'auteur de l'Histoire de la Compagnie dans l'Assistance d'Espagne à parfaitement résumé toute la vie de saint Ignace en s'appuyant uniquement sur les témoignages contemporains. Les quatre premiers chapitres de son premier volume retracent la jeunesse du saint, sa conversion et ses années d’études en Espagne et à Paris (Astrain, $S. J., Historia de la Compañia, t. I, p. 1-63).
9. Relation de Juan Paseual. — 3. Jusqu'à la fin de février 1523, comme nous le dirons plus loin (4Acéa P. Ign., n. 29).
4. Relation de Juan Pascual. Celui-ci dit que sa mère, qui avait rencontré Ignace sur la route de Montserrat à Manrèse, le conduisit d’abord à l'hôpital où il fut reçu, puis, cinq jours après, lui chercha un appartement chez une famille pieuse où il pourrait vivre tranquille.
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les églises, les fréquentait pour prier, et se retirait de préférence au sanctuaire de Villadordis, à une lieue de Manrèse, ou dans une grotte solitaire, théâtre encore vénéré de ses rudes pénitences!. Sa mortification était portée à l'extrême. Lui qui sortait à peine d'une grave maladie et d’une douloureuse opération à la jambe, passait chaque jour jusqu'à sept heures à genoux, se flagellait par trois fois, vivait des aumônes qu'il avait recueillies et dont il donnait la meilleure part à d’autres pauvres, ne mangeaït jamais de viande et ne prenait de vin qu'un peu le dimanche et les Jours de fête?.
Ses quatre premiers mois s’écoulèrent tranquillement dans le repentir de ses péchés, les austérités continuelles et la pratique assidue de la prière vocale, car il n'avait pas encore, remarque Polanco, essayé la méditation?, Puis vinrent les scrupules et les épreuves intérieures — jusqu’à la tentation du suicide — par lesquelles Dieu affermit sa vertu et lui communiqua le don du discernement des esprits. Après une lutte de plusieurs mois#, où il persévéra dans ses pratiques de dévotion et dans la résolution de servir le Seigneur de toute son âme, il reçut en récompense des grâces singulières, une oraison mentale très élevée, une contemplation si douce qu'il passait des nuits sans sommeil ; il eut même des visions et des ravissements5. À l'hôpital Sainte-Lucie, pendant huit jours, il fut tellement privé de sentiment que, sans les battements de son cœur, on l'aurait pris pour un mortf,
Insiruit par ces états d'âme, éclairé par ces lumières célestes, il écrivit à Manrèse ses Exercices spirituels. Nous parlerons dans un autre chapitre de la composition de ce livre. Disons pour le
1. Déposition de Bernard Matilla, témoin oculaire, au premier procès de Manrèse (Proces. de Barc. y Manresa, f. 226). — Déposition du 39° témoin au procès apostolique de Barcelone, confirmant le précédent (Acta Beatificationis, f. 168). Voir comment le P. Astrain, à l’aide de ces témoignages et d’autres semblables, détruit la légende de la demeure continuelle d'Ignace dans la grotte de Manrèse (op. cit., p. 32, 33, 34).
2. Acta P. Ign., n. 19, 26. Cf. Polanco, De vita P. 1gn., p. 19. Ribadeneira, De actis P. Ign., p. 340. Vida del B. P. TOR C Ave