‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 23 sur 457 · Polanco, De Vita P. 1gn., p · texte numérisé non relu

Polanco, De Vita P. 1gn., p

4. Le P. Gonzalvès dit beaucoup de mois, mais cela ne peut être, comme le montre le P. Astrain qui place ce temps d’épreuve avec une grande vraisemblance aux mois d'août, septembre et octobre 1522 (Histor. de la Compañia, t. I, p. 38, 43).

5. ACG P. Ign., n. 26, 28-31. — Polanco, p. 23. — Ribadeneira, Vida det P. Ign., ECC Avr

6. Le saint ne parla jamais de ce ravissement. Il fut raconté au P. Ribadeneira une première fois à Rome, en 1544, par Isabel Roser bienfaitrice de saint Ignace, qui le tenait d’un témoin oculaire ; une seconde fois à Barcelone, en 1574, par Juan Pascual témoin lui-même de ce fait quand il avait seize ou dix-sept ans. Cf. Canonizaciones : Can. P. Ignatii, déposition de Ribadeneira au procès diocésain de Madrid en 1595, citée par le P. Astrain, op. cit., p. 39, 40, note.

moment que l’auteur, sans le vouloir peut-être, y retrace comme les étapes de sa conversion et de sa rapide formation ascétique, non sous la forme d’un récit, mais sous la forme brève d'Exercices pratiques, enchainés méthodiquement, « pour apprendre à se vaincre et à ordonner sa vie sans se laisser dominer par aucune inclination déréglée! ». Comprendre, à sa seule qualité de créature, le désordre de toute action qui n’est pas faite sous la dépendance et pour l'amour du créateur, pleurer ce désordre, le haïr, le corriger, dans cc but s'attacher à connaitre et à imiter le Fils de Dieu venu ici-bas afin de combattre le péché, Ignace n'a pas fait autre chose pendant dix mois. Les phases par lesquelles il a passé durant ce travail de conversion et de sanctification, l’ordre logique des vérités qui ont entraîné sa raison, la majesté et les attraits du roi éternel Jésus-Christ qui l’appelait à le suivre, la malice et les ruses du démon qui s'efforçait de l’en détourner, les industries dont ils’est servi pour examiner sa conscience, pour prier mentalement, pour découvrir la volonté de Dieu et avoir la force de l’accomplir, voilà ce que le pénitent de Manrèse a condensé en quelques pages dans le petit livre des Exercices?. Et aussitôt, utilisant au profit des autres les principes et les règles de ce livre, il se mit à travailler au bien spirituel des âmes. L'exemple de sa sainteté avait attiré auprès de lui plusieurs personnes auxquelles il se plut à communiquer, dans une certaine mesure, les lumières dont le Divin Maître l'avait favorisé”; parmi elles, très assidues à suivre ses méthodes, on cite quelques femmes de qualité que le peuple surnomma les Iigas*. :

Se sanctifier soi-même et en même temps sanctifier le prochain en vue de la plus grande gloire de Dieu, telle sera désormais l'ambition d'Ignace de Loyolaÿ; telle sera aussi un jour la mis-

sion de la Compagnie de Jésus.

De quelle manière l'auteur des Æxercices spirituels fut

1. Exercitia spiritualia. Titulus. Nous ne voulons pas dire que ce titre se trouvait déjà éerit sur le petit manuscrit de Manrèse, mais seulement que le fond de celui-ci répondait au titre qui peut-être ne fut mis que plus tard.

9. Il est certain, et telle était l'opinion de nos premiers Pères, que saint Ignace à fait lui-même les Exercices tout le premier sous l'inspiration de l'Esprit-Saint avant de les écrire. « En ce temps, dit le P. Gonzalvès, Dieu le traitait comme un maître d'école traite un petit enfant quand il l'instruit, soit à cause de la rudesse de son esprit sans culture, soit parce qu'il n’avait personne pour l’enseigner, soit à cause de la ferme volonté que Dieu lui-même lui avait donnée de le servir. Ignace le pensa toujours ainsi, et en jugeant autrement il aurait cru offenser la divine majesté » (Acta P Ign., n. 27). — 3. Polanco, De vila P. Ign., p. 25.

4. Summarium proces. Manresa, art. 4. Cité par Astrain, op. ci., p. 41, note.

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