‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 226 sur 457 · Perrin, États pontificaux de France au XVE siècle, p · texte numérisé non relu

Perrin, États pontificaux de France au XVE siècle, p

3. Lettres du P. du Coudret au P. Lainez, 11 mai et 14 juin 1560 (Gall, Epist., fol. 202, 204).

Savoie se trouvaient en parfait accord de sentiments: mais les habitants se montraient inquiets des conséquences que leur semblait entrainer une donation complète. S'imaginant, sans raison, qu'on leur faisait une telle proposition pour transformer le collège en monastère de religieux, ils hésitaient à abandonner leurs droits. Quoiqu'il dût en résulter une grande utilité pour le public, avec beaucoup moins de soucis pour les administrateurs, ils ne pouvaient se résoudre à se dessaisir de leur immeuble et à le confier pour toujours à des mains étrangères. Ils consentirent seulement à demander pour six ans trois professeurs, dont le traitement, comme celui des fonctionnaires de la cité, dépendrait de la volonté du peuple. Le P. Général répondit aux magistrats de la ville et au duc de Savoie qu’il ne pouvait accepter de pareilles conditions, contraires à l'Institut. La Compagnie, en effet, pour s’employer utilement au bien commun, doit procurer l'avancement de ses sujets dans la science et la vertu, ce qu’il lui est impossible de réaliser avec des collèges aussi réduits et mutilés!.

Rien ne fut donc conclu, et le P. du Coudret reprit ses courses apostoliques, ne se fixant nulle part, mais se portant partout où l’'hérésie semblait plus menacçante. Il se rendit à Vienne en Dauphiné, puis à Lyon où il prêcha à la cathédrale et à l’église de la Plattière, située au centre de la ville. Vers la fin de l’année, il repassa les monts, à l'appel de l’évêque de Genève, et s'arrêta à Verceil. Là, il s’occupa tout entier à instruire les calvinistes des vallées des Alpes, envoyés par le P. Possevin qui débutait alors dans la vie de missionnaire ?,

3. Émule des Canisius et des Bellarmin par la science, le dévouement aux âmes et les services rendus à l'Église?, Antoine Possevin naquit à Mantoue le 10 juillet 1533. Dès sa jeunesse, il développa les dons remarquables de son intelligence par une

1. Lettre des Conseillers d'Annecy au P. Lainez, 13 juin 1560 (Gall. Epist., t. I, fol. 187). Lettre du P. du Coudret au même, 14 juin 1560; du duc de Savoie au même, 15 juin 1560 (/bid., fol. 183, 186).

2. Lettre des Conseillers d'Annecy au P. Lainez, 15 juin 1560 (Gall. Epist., {. [, f. 187). Lettre du P. L. du Coudret, 14 juin 1560, déjà citée. Lettre de l’évêque de Genève au P. Lainez, 19 nov. 1560 (Epist. Episcop., t. I).

3. De Guilhermy, Ménologe de la Compagnie de Jésus. Ilalie, I, 257.

4. Les détails qui suivent sont tirés des mémoires manuscrits de Possevin connus sous le nom d’ « Annalium decas 1“, 2* », et du recueil de ses lettres intitulé « Acta a Possevino in Gallia ». Ce fut sur le conseil du cardinal Baronius et la demande expresse de Paul V, que Possevin entreprit la rédaction de ses mémoires. (Préface de l’Annalium decas.) Le P. Sacchini a beaucoup emprunté à ces documents.

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étonnante application à l'étude. Très versé dans les langues et les lettres humaines, il commenca sa philosophie à Rome et fut témoin « des débuts du premier collège que les Jésuites y ouvrirent dans une petite maison de louage! ». Ses talents et ses succès avaient attiré l'attention du cardinal Hercule de Gonzague qui lui confia l'éducation de ses neveux, François et Scipion, plus tard revêtus de la pourpre romaine. Il les suivit en qualité de précepteur et d'ami à Padoue, où il acheva son cours de philosophie. Leur père, Ferdinand de Gonzague, gouverneur du Milanais, étant*mort, les deux jeunes gens furent appelés à Naples par leur mère qui y demeurait. C’est là que la Providence attendait Antoine Possevin pour lui faire entendre la voix du ciel?. Il entra en relations avec les Pères du collège et choisit comme directeur le P. Jean Nicolas Petrella. Après une confession générale il s'était mis à la communion fréquente, et bientôt, dans ces dispositions de ferveur, il se sentit appelé à la Compagnie de Jésus. Mais la voix de la nature s'éleva à son tour, lui rappelant ses parents âgés, ses neveux sans fortune et cette histoire universelle qu’il avait entreprise, où il pourrait glorifier Dieu en immortalisant des traits de vertu.

Tandis qu'il hésitait, la commanderie de Saint-Antoine de Fossano, en Piémont, vint à vaquer, et le cardinal Hercule de Gonzague désireux d’attacher Possevin à sa maison le fit nommer à ce bénéfice. Le jeune homme crut voir dans cet événement, qu'il n'avait point provoqué, une invitation de Dieu à rester dans le monde. Il alla prendre possession de sa commanderie, et après un voyage pendant lequel il put constater de ses yeux les progrès de l’hérésie dans ces régions, il revint à Padoue terminer des études qui le prépareraient à l'état ecelésiastique*. Cependant, son attrait pour la piété et la Compagnie de Jésus le ramenait sans cesse parmi cette jeunesse exemplaire, adonnée aux pratiques de la vie chrétienne sous la direction des Jésuites. Un de leurs meilleurs prédicateurs à cette époque, le P. Benoît Palmio, fut l'instrument dont Dieu se servit pour éclairer son âme droite et généreuse. Possevin reconnut l’inanité des prétextes qui l'avaient arrêté jusque-là, et demanda son admission dans la Compagnie. Il y fut recu le 29 septembre 1559. Après

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