‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 228 sur 457 · Annal. decas 1*, 1. I, ©. 1v, p · texte numérisé non relu

Annal. decas 1*, 1. I, ©. 1v, p

4. En droit, les novices devaient faire l'abdication de leurs biens après uu an de noviciat; en pratique, il fut admis que cet acte pourrait être retardé jusqu'aux derniers vœux de profès ou de coadjuteur formé.

5. Possevin, à son grand regret, fut même obligé un peu plus tard par le P. Lainez à faire profession dans l'ordre militaire de Saint-Antoine (Lettre de Polanco, ex com- . missione, 12 avril 1560, Epist. Gener., 1559-1560). Il fut considéré comme sorti de la Compagnie avec promesse d'y rentrer quand sa mission serait terminée.

en chemin, il occupa ses loisirs à lire attentivement le catéchisme de Canisius, qu’il regardait comme le résumé de la doctrine catholique le mieux fait pour le préparer à combattre la doctrine de Calvin. Le duc de Savoie Le reçut avec une parfaite bienveillance, et sur la question religieuse tomba facilement d'accord que la répression des abus de toutes sortes s'imposait; puis, gagné par le jeune commandeur, qui possédait à un rare degré les qualités du diplomate!, il sollicita son avis, lui demanda les moyens pratiques de réussir dans cette salutaire entreprise. Possevin attira l'attention du duc sur trois points : la ré'orme des monastères, les scandales causés par les quêteurs de l'Ordre militaire de Saint-Antoine et le recrutement du clergé séculier?. Les monastères, lui dit-il, reviendront à leur ancienne ferveur, si les Généraux d’Ordres les font visiter régulièrement par des religieux exemplaires. Les quêteurs d’aumônes ne scandaliseront plus le peuple par leur avarice, leurs chicanes et leurs superstitions, quand cette charge ne sera plus confiée à des hérétiques ou à des brouillons, mais à des hommes capables d’édifier par leurs vertus?. Les bénéfices, dont Les titulaires ont charge d’âmes, ne devront ètre donnés qu’à des prêtres fidèles et remplissant avec soin leurs fonctions de pasteurs spirituels. Si un clergé dévoué aux intérêts de Dieu manque dans ce pays comme dans bien d’autres, que le duc imite ces princes qui envoient dans les collèges des Jésuites, à Rome ou à Coïmbre, des jeunes gens d'avenir, ou qui appellent ces mêmes Jésuites dans leurs états pour instruire et former la jeunesse destinée à la carrière sacerdotale #.

Emmanuel-Philibert goûta ces conseils et s’empressa de les suivre. Sans plus tarder il fit écrire aux cardinaux protecteurs et aux supérieurs généraux de plusieurs Ordres religieux; il écrivit à sa ville d’Anneey de confier ses écoles aux fils de saint Ignace ; il écrivit au P. Lainez de lui envoyer des hommes pour deux collèges à fonder?. Puis il chargea le jeune commandeur de parcou-

1. Possevin était né diplomate. On sait que les Papes lui confièrent plus tard des missions difficiles en Suède, en Moscovie et en Pologne. Voir : Pierling S. J., Un monce du Pape en Moscovie, Paris, 1884, 8°. Bathory el Possevino. Documents inédits sur les rapports du Saint-Siège avec les Slaves, Paris, 1887, 8°.

2. Lettres de Possevin à Lainez, 9, 12 et 14 fév. 1560 (Acta a Possevino).

3. Deux ans plus tard le Concile de Trente supprima complètement ces quéteurs d’indulgence (Sess. XXI, c. 1x).

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