‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 229 sur 457 · Annal. decas 1“, L. [, ©. v, p · texte numérisé non relu

Annal. decas 1“, L. [, ©. v, p

5. Ibid., p. 33. Nous avons vu plus haut (n. 2) que le projet de fondation à Annecy

ne réussit point; il n’en fut pas de même à Mondovi où le duc aura la joie d'établir un collège florissant.

rir les vallées des Alpes, et d'y observer l’état de la religion. Possevin s’achemina d’abord par le col de Tende vers Fossano, y reprit possession de sa commanderie et régla plusieurs affaires particulières. De là, il fit un tour dans les vallées dont sont coupées les montagnes qui séparent la France de l'Italie. Quelquesunes étaient devenues les véritables repaires de l’impiété. Depuis plus de trois cents ans, les malheureux restes des Vandois s'y étaient réfugiés et y vivaient sans être inquiétés dans leurs opinions religieuses. Ce fut ensuite l’hérésie luthérienne, qui parvint à se glisser dans ces lieux d’un accès difficile, Un peu plus tard, bon nombre de calvinistes s’y retirèrent aussi, devant les rigueurs déployées par François 1° et Henri II dans la Provence et le Dauphiné. Toutes ces sectes, unies par une même haine de l'Église romaine, présentaient un obstacle presque invincible à l’action de l’apostolat!.

Possevin rendit au duc un compte exact de ses observations et lui signala, entre autres choses, que dans la vallée de la Pérouse les ministres avaient élevé des prêches, où ils dogmatisaient librement et excitaient ses peuples à secouer le joug de leur souverain légitime. Sur l’ordre d’Emmanuel-Philibert, le gouverneur de Pignerol, Maurice Ferrier, alla renverser ces foyers de l'erreur et chasser les ministres qui y entretenaient le désordre.

Ces mesures sévères ouvrirent assez facilement les yeux à un peuple abusé; mais elles furent sans effet sur les populations voisines des vallées de Lucerne et d’Angrogne, dont l’endurcissement dans le mal remontait jusqu'aux Vaudois. Là, les sectaires avertis coururent aux armes, et massacrèrent avec un raffinement de cruauté les soldats que Ferrier avait envoyés pour s’emparer des principaux chefs des mutins. Devant cette résistance barbare, le duc Emmanuel eut recours à la douceur: il pria Possevin de passer une seconde fois dans les vallées, de s’aboucher de sa part avec les maires et les principaux ministres des quatre premières villes de l’Angrogne, et de les amener à se soumettre et à recevoir des prédicateurs catholiques. L'église Saint-Laurent, située sur le plus haut plateau de la vallée, fut l'endroit désigné pour cette conférence. Possevin s'y rendit avec trois compagnons « dont l’un était un gentilhomme du pays, des anciens comtes de Lucerne ». Quatorze ministres, ayant à leur tête un français apostat nommé Étienne, se présentèrent pour parlementer et discuter avec lui devant une foule considérable

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