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on à promis également de porter à Saint-Pierre de Rome un témoignage de la soumission des catholiques à l’Église romaine, et à Saint-Denys un témoignage de leur obéissance au pouvoir royal, pour réparer les injures et les blasphèmes de nos ennemis, dont nous portons la peine si durement. Je me suis appliqué à convaincre le peuple que s’il n’y avait point de peste spirituelle, il n’y en aurait point non plus de corporelle. Il parait que la Reine a été contente de mes services. Le premier président m'a écrit, de sa part, qu’elle m'engageait à continuer. Je ferai ce que je pourrai, et s'il plait à Dieu que je meure dans ce ministère, que sa volonté soit faite !! »
Le P. Auger avait été lui-même l’instigateur de tous les secours organisés pour le soulagement des pestiférés. Ses contemporains ont loué avec gratitude son habile initiative, et dans la suite, le souvenir de son dévouement fut transmis à la postérité par les historiens de la ville. Un écrivain qui l’a connu à cette époque, de Rubys, nous le montre allant « tous les jours visiter les malades dans les hôpitaux et dans les cabanes, les consolant, les exhortant et leur distribuant les aumônes qu'il recevait des gens de bien ? ». Il aurait employé à leur usage, si l’on en croit le P. de Colonia, jusqu’à « la somme de quatre-vingt mille écus d’or dont la charité et la confiance [des habitants] l'avaient fait dépositaire * ». Le soin qu'il prenait des malades ne l’empêchait pas de s'occuper de ceux qui élaient en bonne santé; il ne cessa jamais de prêcher dans l’église Sainte-Croix #. On regardait comme un prodige que cet homme ne succombât pas à tant de fatigue.
Quand le P. Auger vit les moyens humains impuissants à repousser les attaques du fléau, il tourna son espoir vers la miséricorde divine. Sa lettre nous a déjà signalé quelques-unes de ses pieuses industries. Il persuada encore les magistrats de faire un vœu à Notre-Dame du Puy en Velay. Sa confiance ne fut pas trompée. La peste ayant cessé peu de temps après *, on le chargea d'aller lui-même porter le vœu de la cité à ce célèbre sanctuaire de la Mère de Dieu, et il partit avec André Amyot, custode de l'église Sainte-Croix, son hôte et le fidèle compagnon de ses travaux. À son retour, les catholiques, qui avaient été témoins de ses
1. Lettre du P. Auger au P. Lainez, 28 sept. 1564 (Gall. Epist., t. II, f. 198, 199). 2. De Rubys, op. cit., p. 404.