Manare, De rebus $. J., p
2. Comm. de la Compagnie (Carayon, Doc. inéd., 1, P. 31, 32). 3. Cf. Brunet, Manuel du libraire, t. IT, col. 197. COMPAGNIE DE JÉSUS, — T, I. 95
hommages de la Compagnie, et voilà qu’il me fallait recourir à son autorité pour détourner de notre tête un coup, je ne dirai pas seulement dont nous étions menacés, mais dont l’Université, la main déjà levée, s'apprêtait à nous frapper !. » Afin d’avoir un accès plus facile auprès du roi, le Père s’adressa d'abord à la reine-mère qui jouissait toujours d’une grande influence. Elle le reçut avec beaucoup de bonté, et finit par lui demander s’il avait parlé au roi. Sur sa réponse qu'il « avait cru devoir n’agir, en cette affaire, que sous la direction et d'après le bon plaisir de Sa Majesté », la reine lui conseilla de voir son fils. Le P. Manare la pria de vouloir bien lui ménager cette entrevue par l’intermédiaire de quelque gentilhomme, en faisant remarquer combien il serait pénible pour lui, religieux et inconnu, d'attendre plusieurs jours, comme il arrive souvent, au milieu du tumulte de la cour, une audience du roi occupé d’affaires ou d'entretiens avec les princes. Catherine de Médicis accueillit favorablement ces représentations, et faisant signe à l'un de ses officiers, elle lui recommanda d'obtenir promptement, en son nom, une audience du roi.
« Charles IX, poursuit le P. Manare, se trouvait alors dans son appartement avec ses frères et quelques princes. Pendant que j'attendais dans l’antichambre, îl sortit accompagné de ses deux frères et du roi de Navarre. Comme je ne l'avais jamais vu, je crus d'abord que c’étaient quelques-uns de ses pages, et que lui-même ne tarderait pas à paraître. Maïs aussitôt ce cri retentit : Le roi, voici le roi! À la vue de ces quatre jeunes gens sans manteau, vêtus de la même manière, et qui se tenaient à égale distance de moi, je ne savais lequel saluer, car aucun signe ne me permettait de reconnaître le monarque. Celui-ci, jeune adolescent paraissant âgé de treize ans?, devina la cause de mon hésitation, et — grande marque de bienveillance de sa part — il s'avanca vers moi. Afin de me bien montrer qu'il était le roi, il m'embrassa et me dit à l'oreille : « Dites, mon Père, dites-moi « ce que vous désirez. »
Le P. Manare exposa l’objet de sa requête. Quand il eut fini de parler, Charles IX l’assura que sa démarche lui était très agréable, qu'il serait toujours favorable à la Compagnie de Jésus et la protégerait contre tous ses ennemis. Puis, s'adressant aux princes, il leur répéta ce que son père, Henri JI, avait dit autrefois des