Du Boulay, Histor. Univers. Paris., t. VI, p
3. La Salire en France, p. 487. Pasquier, le jour de l'audience, avait parlé en avocat pour qui tous les moyens sont bons contre la partie adverse. Son opinion véritable sur les Jésuites se trouve ailleurs, dans sa correspondance. Il écrit, vers la même époque, à M. de Fonsomme, son ami : « JL Seroit malaisé de vous dire combien (les Jésuites) s’accroissent de jour à autre et combien les troubles ont servy à leur accroissement; car ayant, par leurs cérémonies, apporté réformation à l’ordre ecclésiastique et s’eslant directement vouez à maintenir l'autorité du Saint-Siège encontre les calvinistes qui font profession expresse de la terrasser, ceux qui sont franes-catholiques, voyant que de leur boutique sortoit et la religion et l'érudition tout ensemble, leur ont ausmôné de grands biens; mesme on leur a donné plusieurs maisons pour instituer la jeunesse... Quant à moi je n’estime pas que les huguenots ayent de petits adversaires en ceux-cy : comme äinsi soit qu'entre toutes les religions la chrestienne se doive avancer par prières, exemples, bonnes mœurs et saintes exhortations, et non par le tranchant de l’espée » (Lettres, liv. IV, n° 24). Pasquier en rendant cet hommage au zèle des Jésuites savait donc que les combattre était avancer les affaires des huguenots. Quel nom donner, dès lors, aux protestations qu'il fit de défendre la religion, sinon celui d’odieuse hypocrisie ?
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sur la Cour. Versoris, s’il n'avait eu qu'à répliquer devant les membres du Parlement, aurait pu se contenter d'un seul mot pour réfuter son adversaire : nier simplement tout ce que celui-ci avait avancé, puisque son discours n’était qu'un tissu de faussetés et de calomnies. Mais, plusieurs des auditeurs ne connaissant la question que d’après ce qu'ils venaient d'entendre, il convenait de ne pas laisser la Compagnie de Jésus sous le coup de pareilles attaques. L'avocat des Jésuites demanda un délai pour pouvoir redresser toutes les assertions de l'avocat de l'Université.
Dans l'intervalle, le P. Olivier Manare tenta une démarche dont le succès, si elle avait réussi, aurait produit un effet considérable; il alla trouver le docteur Fabre, syndic de la Faculté de théologie et l’un des personnages les plus influents de Sorbonne : « Vous voyez, lui dit-il, comme on nous maltraite à cause de votre décret (de 1554), pourtant si contraire à la vérité. Ne serait-ce pas soulager votre conscience que d'en obtenir la révocation? Les membres de la Faculté n’ont pas moins de pouvoir pour corriger les erreurs de leurs prédécesseurs, que ceux-ci n’en ont eu pour les cômmettre. — Sans doute, répondit le syndic, la Sorbonne n’eût pas porté un tel décret si elle avait été alors aussi bien informée qu'elle l’a été depuis par le docteur Olave!; mais nous ne pouvons revenir sur ce qui à été fait avant nous. — Eh! quoi, repartit le P. Manare, vous-même avez pris part à la rédaction de ce décret et contribué ainsi à nuire à la réputation, non d’une ou deux personnes, mais de tout un Ordre approuvé par le Siège apostolique. Vous croyez-vous moins obligé à réparer ce tort que celui que vous auriez fait à la moindre femme du peuple? » Le docteur Fabre haussa les épaules, protesta de sa bonne volonté, mais en ajoutant : « Vous le savez, Maitre Olivier, en cette affaire, je ne puis rien autre chose. »
Le P. Manare, sans se décourager, se rendit de là chez le docteur Pelletier, grand-maître du collège de Navarre, et l’entretint du même sujet. Celui-ci répondit avec vivacité qu'il aimait quelques jésuites et même l'Ordre, mais qu’il ne désirait pas le voir s'établir en France : « Votre Ordre, dit-il, a été institué pour la conversion des infidèles et des hérétiques; allez donc aux Indes et en Allemagne; nous n'avons pas besoin de vous en France. — Mais nous, reprit son interlocuteur, nous avons besoin