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Ribadeneira, Vie du P. Lainez, p

P. Auger avait été nommé Provincial. Les collèges déjà fondés, ou en voie de formation, d'Avignon, de Chambéry, de Lyon, de Tournon, de Rodez, de Toulouse firent partie de la Province d'Aquitaine; ceux de Verdun, de Paris, de Billom, de Mauriac furent attribués à la Province de France !. Parmi les fondations nouvelles qui donnèrent lieu à cette division des Provinces, la première qui s'offre à nous est celle d'Avignon.

2. Un essai d'établissement de la Compagnie de Jésus dans cette ville avait été tenté dès l’année 1555. Le cardinal Alexandre Farnèse, venu en France pour défendre à la cour de Henri II les intérêts de sa maison, avait amené de Rome, avec l'intention de fonder un collège dans sa légation d'Avignon, deux Jésuites, les PP. Ponce Cogordan et Jules Onfroy?. Ce que voulait le Légat ce n'était pas une de ces maisons d'instruction, comme il y en avait tant, accessibles seulement aux plus jeunes écoliers: mais un établissement de plein exercice, ouvert à tous, où l’on enseignerait les lettres et la philosophie ?, Avignon, en effet, possédait déjà depuis trois ans un petit collège de grammaire, Le 1% août 1552 « aucuns hommes doctes de la ville avaient traité avec les députés du conseil et dressé, aux appointements de deux cents écus, le collège de Saint-Paul # ». L'année suivante, le Principal, M° Nicolas Peytel, demanda, contrairement aux statuts de 1243 qui laïssaient à tous la liberté de régenter des classes de grammaire, le monopole de l’enseignement pour celles qu'il avait ouvertes, mais un des conseillers combattit cette mesure en disant « qu’il ne paraissait pas raisonnable d'ôter aux parents la liberté d'envoyer leurs enfants où bon leur semblait ». Rien ne s’opposant donc aux projets du légat, il chargea les Pères de choisir un local convenable. Mais la mort du Pape Jules TI vint inopinément arrêter l’entreprise. Le cardinal Farnèse partit pour Rome où l’appelait l'élection d’un nouveau Pontife. Le vice-légat, ME de Sala, évêque de Viviers, se montra si peu sympathique à la fondation du collège que les deux Pères prirent le parti de se retirer. Ils se rendirent à Brignoles, dans le diocèse

1. Lettre du P. Général au P. Manare, 15 nov. 1564 (Gall., Epist. Gen.).

2. Ces deux Pères avaient également élé mis à la disposition du cardinal de Sainte- Croix pour la réforme du monastère de la Celle dans le diocèse d'Aix (Polanco, Chronicon S. J.,t. V, p. 9, 349 et suiv.).

3. Initia et fundatio Collegii Avenion. (Lugdun., Fund. coll., t. ln 30)

4. Délibérations du conseil (Archiv. com. d'Avignon, Délibérations, t. XI, fol. 65 et 81). Cf. Chossat, Les Jésuites à Avignon, ouvrage très documenté et qui mérite d'être consulté sur le collège d'Avignon.

d'Aix où, sur la demande du cardinal de Sainte-Croix, ils travaillèrent à la réforme des religieuses de la Celle. Plusieurs années devaient s’écouler avant qu’il fût de nouveau quéstion de l'établissement des Jésuites.

3. Au moment où l'hérésie redoublait ses efforts et tâchait de s'introduire dans la ville, le cardinal Farnèse, témoin du grand bien produit par le collège de la Compagnie qu'il avait fondé à Montréal en Sicile, résolut d'exécuter enfin son ancien projet si conforme aux intérêts religieux d'Avignon dont il était l'archevèque?. Le 10 juillet 1563, il écrit à ce sujet au vicelégat, Laurent de Lenzi, lui annonçant que, « mü par les obligations de sa charge et le besoin des temps », il a la ferme intention d'établir un collège de Jésuites dans cette cité. IL veut que « pour leur entretien ces Pères reçoivent chaque année deux cents écus jusqu’à ce qu'il les ait pourvus d'un revenu égal en bénéfices simples, à sa collation, qui seront attachés au lieu que l’on choisira pour le collège ». Afin de faire ce choix, il envoie « le Père maitre Louis Codret?, savoyard, homme de beaucoup de doctrine et de vertu, qui a prêché autrefois à Avignon ». On le recevra, lui et son compagnon, avec bienveillance; « on le fournira de tout ce dont il aura besoin. et il prèchera de nouveau soit à la cathédrale soit dans une autre église où il sera plus à propos. Il faudra l'aider à trouver un endroit convenable pour la demeure et habitation des Pères dudit collège. Avisés et discrets, (ajoute en terminant le cardinal), ces Pères ne feront pas de choix qui ne soit avantageux à tout le peuple et au salut des Ames: car on voit clairement, partout où ils demeurent, que Île seul service de Dieu et non leur propre intérêt est le principal objet de leur sainte Compagnie * ».

Parti de Rome avec trois compagnons, le P. L. du Coudret passa par Ancône où il reçut les instructions du P. Lainez qui revenait du concile de Trente. « Le 16 février 1564, jour des Cendres, les quatre voyageurs arrivèrent en Avignon et prirent d’abord leur logis au Petit-Palais, maison archiépiscopale, comme on leur

{. Polanco, Chronicon, t. V, p. 353-357. — Lettre du P. Cogordan à saint Ignace, 15 avril 1555 (Epist. mixtae, t. IV, p. 582).

9. Historia collegii Avenionensis (Francia, Historia e Fundationum, n° 29). Ce manuscrit, œuvre d’un contemporain, porte la signature du P. Richeome et s'arrête à l’année 1584.

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