Lettre du cardinal Farnèse (Histor. coll. Aven
avait marqué !. » Peu après ils quittèrent ce premier domicile et allèrent habiter la maison du doyen de Saint-Pierre, située rue des Fromageons, à proximité de l'église collégiale qui leur avait été assignée pour les confessions et les prédications.
Par suite des discussions religieuses, Avignon, ville catholique et lettrée, avait vu ses écoles fermées ou supprimées. On ne savait alors où trouver des maîtres dont l’orthodoxie füt sincère, car les hérétiques cherchaient partout à se glisser dans les collèges et les Universités. Le cardinal Farnèse offrait, en ces circonstances, les Pères de la Compagnie de Jésus déjà renommés pour leurs succès, et s’engageait à pourvoir à une partie de leur entretien. Il était de l’intérèt de la ville d'accepter ces religieux, qui présentaient toutes les garanties désirables; aussi le conseil, assemblé le 14 avril 1564, prit-il, après délibération, des conclusions en leur faveur : d’abord, « incontinent que ledit seigneur Légat leur aura assigné rentes sûres de deux cens escus pour leur entretien », messieurs les consuls les pourvoiront « de maiïson suffisante pour leur habitation » ; ensuite, « lorsque par Nostre dict Saint-Père, ou ledit seigneur illustrissime Légat, sera donné aux dictz Jésuites estat perpétuel suffisant pour les entretenir, mes dictz sieurs les consuls ou leurs successeurs auront pouvoir d'achepter la mayson de la Motte, ou aultre lieu propice, pour dresser le dict colliège à la melheur commodité que fère se pourra, au proffit et utilité de la dicte ville ? ».
Conformément au désir exprimé par le vote du conseil, le cardinal Farnèse s’entremit auprès du Souverain Pontife et obtint de Pie IV une somme de deux cents écus italiens au profit du nouveau collège ?, qui devint ainsi de fondation pontificale. À ce moment, comme on parlait déjà de céder la légation au cardinal de Bourbon, Alexandre Farnèse cessa de s'occuper aussi activement de sa généreuse entreprise. Les Pères eurent, par suite, beaucoup à souffrir du manque de toutes choses, si bien que le conseil de ville dut leur porter secours en leur donnant en aumône, le 93 juillet, douze écus et un peu plus tard douze salmées de blé ‘.
1. « Histoire du collège depuis son establissement..…. » (Museum Calvet, ms. 2490, fe 59). « Ce manuscrit, dit le P. Chossat, contient le plus ancien essai d'histoire de notre collège que nous connaissions en langue française. Il fut écrit avant la mort du P. Creitton », quatrième recteur du collège (f 1615 ?).
2. Ibid., ms. 2771, fol. 194. Le P. Lainez approuvait déjà ce projet d'établissement comme on peut le voir dans sa lettre au P. L. du Coudret du 23 août 1564 (Gall., Epist. Gen., t. Il). :
3. Cette donation fut confirmée par Pie V (Acta S. Sedis, p. 518).