Lettres du P. L. du Coudret déjà citées
pour déposer contre le P. Possevin! : « Du reste, lui disait-il, aucun homme sensé n’a jamais cru qu'il ait demandé l'abolition des confréries, et quant à l’Inquisition, on est persuadé que c'était une pure calomnie?. »
Si l’apaisement se faisait sur les lieux mêmes où la tempête avait passé, à la cour et dans le royaume on continuait de mener grand bruit autour de cette affaire, sans trop connaître ni la vraie cause des troubles d'Avignon ni la conduite du P. Possevin et de ses confrères. Afin de détruire l'effet des imputations calomnieuses, le cardinal de Bourbon fit imprimer et répandre par toute la France des attestations en faveur des Jésuites?. Pie V lui-même erut devoir intervenir de nouveau, et par un bref adressé au Nonce il disculpa formellement l'accusé : « Non seulement, déclara-t-il, ledit Antoine Possevin n’a jamais tâché de Nous persuader rien de ces choses que des hérétiques, ou du moins des gens animés d’un esprit d'envie ou de malice, lui supposent, mais Nous sommes certain au contraire qu'il ne lui en est pas même venu la pensée et à bien: plus forte raison qu'il n’en a jamais parlé... Nous avons voulu vous en informer, afin qu'ayant appris de Nous la vérité, vous puissiez sûrement convaincre de calomnie les détracteurs, et justifier pleinement, par le témoignage de Nos lettres, l'innocence d'un homme qui travaille avec tant de zèle à la vigne du Seigneur*. »
En outre le Saint-Père chargea, par un bref spécial, le cardinal d'Armagnac de faire bonne et prompte justice des coupables. Le vice-légat dirigea si bien ses recherches que les auteurs des excès commis furent découverts, et, pressés de questions, avouèrent leur faute. Comme on faisait leur procès, les Pères intervinrent pour les soustraire à la peine de mort.
Revenue alors de son égarement, l’opinion publique se prononça plus que jamais en faveur de a Compagnie. Le peuple détrompé criait tout haut dans les rues : « Vivent les bons Pères Jésuites qui font la guerre aux hérétiques®! » Au dévouement