Ibid., Délibération du 27 janvier
4. Ibid., Délibération du 30 avril. Cf. Archives commun. de Lyon, BB, 84, fol. 457. Archiv. du Rhône, D, 2, fol. 1.
considérants sur la nécessité d'un enseignement catholique, le consulat décida que « le collège serait remis et dressé pour servir de séminaire à la jeunesse, sous la charge, direction et conduite de docteurs et régens de l’Ordre du nom de Jésus ». Mais au lieu de huit cents livres tournois, donnés annuellement aux anciens maitres, on n’en assigna plus que quatre cents, « et ee tant et si longuement que la commodité de la ville le pourra porter‘ », Le même jour, les clefs du collège furent remises « par manière de provision » au P. Auger, pour deux années seulement; car il avait déclaré qu'il ne pouvait prendre un engagement définitif sans l'autorisation du Pape et du P. Général *.
Une occasion favorable se présentait d'obtenir promptement cette double approbation. Le P. Auger, en sa qualité de Provincial d'Aquitaine, allait se rendre à Rome et assister à la congrégation générale convoquée pour le 28 juin, afin délire un successeur au P. Jacques Lainez. Les consuls lui confièrent, à l’adresse du Souverain Pontife, une lettre dans laquelle ils priaient Sa Sainteté d'appuyer leur projet de fondation et d'étendre ses libéralités sur le nouveau collège. Le 15 août 1565, le Pape Pie IV répondit à ses « très chers fils les consuls et les oo de la ville de Lyon » par un bref de félicitations, où il les encourageait dans leur fidélité au Saint-Siège et leur résolution de conserver pure et intacte la religion de leurs aïeux : « Nous louons beaucoup, leur écrivait-il, votre intention d'abandonner le soin de votre collège aux professeurs de la Compagnie de Jésus; car Nous apprenons tous les jours que Les prêtres de cette Compagnie, en tous les lieux où ils résident, s'appliquent avec diligence au salut des âmes, et le font avec fruit autant par l'exemple de leur vie que par leurs discours. Et c'est ce que nous éprouvons Nous-même dans notre bonne ville de Rome; ce qui Nous à porté à leur laisser plus volontiers la conduite du séminaire que Nous avons tout récemment établi, suivant le décret du saint concile de Trente. Quant à ce que vous Nous écrivez, que les revenus du collège ne sont pas suffisants, s’il se présente quelque occasion de les augmenter, Nous ferons en sorte de contenter sur ce point votre inclination suivant le rapport que Nous en fera le P. Émond Auger 2,20)
1. Délibérations du 30 avril et du {1° mai 1565 (Archiv. comm. de Lyon, Registres consulaires). Archiv. du Rhône, D, 2, fol. 2; E, 2286, n° 3.
2. Extrait des actes de la ‘Sénéchaussée, {er mai 1565 (Archiv. du Rhône).
3. Lettre du pape aux consuls (Archiv. commun. de Lyon, GG, XX, 191, n. 4),
7. De retour à Lyon, le P. Provincial installa comme premier Recteur le P. Guillaume Crevytton, écossais d'origine !, qu’il avait amené de Rome avec le P. Pierre Perpinien?, auquel était réservée la chaire d’Écriture Sainte. Le 3 octobre 3, les Jésuites ouvrirent solennellement les classes en présence de l'archevêque, du gouverneur, Francois de Mandelot, des conseillers catholiques et de tout ce que la ville comptait de gens de lettres et de savants distingués. Le P. Perpinien prononca, à cette occasion, une harangue latine sur l'obligation de conserver l’ancienne religion, De relinenda veleri religione ad Luydunenses, sujet plein d’apropos qui lui avait été conseillé par le P. Auger. Ce discours, d'une éloquence cicéronienne, produisit une si grande impression, que l'archevêque voulut le faire traduire et imprimer, Les cours commencèrent aussitôt après. Comme on l'avait promis, quatre régents furent chargés d'enseigner la grammaire, un cinquième, le P. Gilles, la rhétorique. Le P. Perpinien faisait publiquement, trois fois par semaine, sur l’Écriture Sainte, des leçons latines auxquelles l'archevêque venait parfois assister avec quelques membres du clergé; mais, malgré le talent du professeur, ce dernier cours ne réunit jamais plus d’une vingtaine d’auditeurs”. Les classes de grammaire et de rhétorique étaient au contraire très fréquentées, et le consulat ne pouvait que s’'applaudir de la mesure qu'il avait prise.
Les Jésuites étaient loin d’être aussi satisfaits, car l’état matériel du collège laissait beaucoup à désirer; ils furent obligés d'emprunter huit cents francs pour le meubler. « Dieu, lisonsnous dans un ancien manuscrit, inspira [à] quelques gens de bien [de] les aider, voyant qu'ils n'avaient ni moyens ni amis pour vivre, et spécialement un certain Pierre Frère, lequel apporta au P.Creytton trente doubles ducats, disant qu'il le rendroit s’il se pouvoit faire, autrement qu'il priât Dieu pour lui; et étant marchand de toile nous pria de prendre de sa boutique toutes
1. « D'une noble famille d'Écosse », dit le Ménologe S. J., Germanie, B. I, 567.