‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 317 sur 457 · Gall. Epistol., t. II, fol · texte numérisé non relu

Gall. Epistol., t. II, fol

placer par le P. Guy Roïllet, Recteur du collège de Billom. Les PP. Ponce Cogordan et Louis du Coudret assistèrent aussi, comme électeurs, à la deuxième congrégation générale, l’un pour la province de France, l’autre pour la province d'Aquitaine !. Le 2 juillet, le P. François de Borgia fut élu troisième Général de la Compagnie de Jésus, par trente et une voix sur trente-neuf votants. On choisit ensuite comme Assistants : le P. Benoît Palmio pour l'Italie, le P. Antoine Araoz pour l'Espagne, le P. Éverard Mercurian pour l'Allemagne et la France, le P. Jacques Miron pour le Portugal et le Brésil. Rappelé en France, au mois d’août, par les affaires de sa province, le P. Auger ne put assister à la fin de la congrégation qui ne se sépara que le 3 septembre ?.

2. Parmi les travaux de cette assemblée nous ne signalerons que les décrets d’un intérêt plus général, qui apportèrent dans la discipline, le gouvernement ou l'administration, quelque modification ou perfectionnement. Le huitième recommanda la modération et la réserve dans l'acceptation des collèges, et décida en principe qu'on s’occuperait plutôt d’affermir les maisons déjà existantes que d'en créer de nouvelles 3. — Le neuvième enjoignit d'établir en lieu convenable dans chaque province, au moins un séminaire ou scolasticat de la Compagnie, pour y former à la science les futurs professeurs et ouvriers évangéliques; à cet effet, dans quelqu'un des grands collèges comportant l’enseignement complet de la littérature, de la philosophie et de la théologie, on réunirait les jeunes religieux d’une même province destinés à s'appliquer à ces études. — Le onzième décret supprima les Commissaires perpétuels des provinces; mais il fut décidé qu’à leur place le P. Général pourrait, à son gré, nommer des Commissaires temporaires ou Visiteurs, même pour les contrées hors de l’Europe. — Le quatorzième ordonna la fondation des maisons de noviciat dans chaque province, limita à deux années le temps de la probation, défendit toute occupation littéraire pendant la première et les permit dans certains cas pendant la seconde. — Par le trente-troisième décret, Les profès renoncèrent au privilège accordé par le concile de Trente, en vertu duquel tous les Ordres religieux, à l’exception des Capucins et des FF. Mineurs de l’Ob-

1. Epist. P. Nadal, t. II, p. 590 : Catalogus professorum Soc. Jesu sub Patre Lainez propositi generalis.

2. Lettre du 14 août au P. Manare, du 18 août à la ville de Lyon (Gall., Epist.

General., t. Il). 3, Instit. S,J., t. I, p. 181 et suiv.

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servance, pouvaient posséder des biens-fonds en commun. — Par le quatre-vingt-sixième on supprima, du moins en principe, la charge des Surintendants. Ils avaient été établis pour veiller, dans certains cas, à la bonne administration et à la discipline religieuse, et pour maintenir la charité mutuelle entre les supérieurs et les inférieurs ; mais ils s’occupaient peu du gouvernement des maisons. Indépendants du Recteur, ils ne relevaient que du P. Provincial !. Cet office pouvait donner lieu à des difficultés regrettables ?; jugé utile au commencement de la Compagnie, il l'était beaucoup moins depuis la promulgation des Constitutions dans les diverses provinces. Il fut toutefois conservé encore quelque temps dans les collèges de Rome.

3. Le décret vingt-neuvième a trait à l’oraison. Aucune mesure commune d'exercices spirituels n'avait été fixée par saint Ignace pour les religieux formés; il avait seulement établi pour les scolastiques, dans la quatrième partie des constitutions*, qu’ils auraient chaque jour, outre la messe, une heure de prières dans laquelle il comprenait les deux examens de conscience, la récitation du petit office de la sainte Vierge ou autres prières suivant la dévotion personnelle. Au même endroit, il permit aux supérieurs d'autoriser les scolastiques, qui s’en trouveraient mieux, à faire l’oraison mentale au lieu de réciter le petit office”. Mais très large pour le genre de prières qui convient à chacun, il se montra toujours inébranlable quand il s'agit de maintenir la mesure de temps fixé, et blâma ceux qui lui proposaient de l’augmenter Fe Non pas qu'il n’attachât beaucoup de prix à ce que ses enfants fussent doués d’un grand esprit d’oraison; mais son idée sur ce point nous est clairement exprimée dans ces lignes"qu'il faisait écrire par le P. Polanco au P. Fernandez, recteur de Coïmbre, le 1% juin 1551 : « Quant à l’oraison et à la méditation, à part le cas d’une nécessité spéciale provenant de quelques tentations pénibles, .… notre Père préfère que l’on s'efforce de trouver Dieu en toutes choses, plutôt que de consacrer beaucoup de temps de suite à cet exercice. Il désire voir tous les membres de la

Compagnie animés d’un tel esprit, qu’ils ne trouvent pas moins ê ?

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