Chap. 1v. — 4. Déclaration B
5. Cf. Lettre au P. Barzée, 24 déc. 1553 (Ep. S. Ignalii, t. VI, p. 90, 91).
6. Le P. Nadal s'exposa un jour à ces reproches (Epist. Nadal, t. 11, p. 32).
de dévotion dans les œuvres de charité et d'obéissance que dans l'oraison et la méditation, puisqu'ils ne doivent rien faire que pour l’amour et le service de Dieu Notre-Seigneur !, »
Après la mort de saint Ignace, lors de la première congrégation générale, un postulatum fut présenté par quelques Pères, tendant à augmenter Le temps fixé pour la prière. La congrégation le repoussa*?. Aussi, le règlement donné au collège de Paris par le P. Nadal, quand ïl le visita avec le P. Lainez en 1562, porte-t-1l : « Au point de quatre heures se sonne le lever. à quatre heures et demye se sonnera l’oraison et à cinq heures se sonnera la. fin de l’oraison;.… le quart d'heure jusques à onze heures tous se occuperont en l’examen de conscience 3. »
Tel fut l'usage encore durant quelques année. Mais les Supérieurs s’aperçurent sans doute que l'idéal cher à saint Ignace, — cette habituelle présence de Dieu et cette entière pureté d’intention dans tous Les actes qu’il demandait à ses fils, — serait difficilement atteint par l'ensemble des religieux, si chaque jour l'esprit intérieur n’était renouvelé par une longue méditation. Ne convenait-il pas, du reste, que les Jésuites, propagateurs de ce salutaire exercice, fussent les premiers à en donner l'exemple et à regarder comme une pratique obligatoire l'heure d'oraison quotidienne? Ainsi pensèrent les députés de la Compagnie à la seconde congrégation générale. Après avoir examiné la question pendant plusieurs jours, ces Pères, qui venaient d'élire François de Borgia Général, l’autorisèrent, « si dans sa prudence il le jugeait uüle, à augmenter le temps de l’oraison en tenant compte des circonstances de personnes, de lieux, et autres # ». :
François de Borgia ne tarda pas à user du droit que lui conférait ce décreb: 1l ajouta une demi-heure à celle qu'avait établie saint Ignace. Donc désormais une heure de prière, en dehors de la messe et des examens. Mais le P. de Borgia ne prescrit pas de faire cette heure tout entière de suite : un quart d'heure sera ajouté à la demi-heure du matin, et un autre à l'examen du soir°. Puis
1. Ep. S. Ignatii, t. IX, p. 502. — Même note dans une lettre au P. Barzée : « Au cours de leurs actions et de leurs études, les nôtres peuvent élever leur esprit à Dieu, et s'ils dirigent tout au divin service, tout devient oraison » (Zbid., IV, 91).