Congr. II, decret. XXIX
5. Ordonn. de F. de Borgia (Epist. com., 1565-1567, f.. 7). C'est ainsi que nous avons vu prescrits dans le règlement du collège de Paris pour 1568; trois quarts
d'heure de prière le matin après le lever, et un autre quart d'heure le soir avec l’examen (chap. rt, n. 9).
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bientôt, sur les réclamations venues de Rome et d’ailleurs, ce quart d'heure du soir fut transporté au matin; et c'est ainsi que l'heure d’oraison du matin fut réglée pour tous et pour toujours dans la Compagnie de Jésus.
4. Mentionnons en dernier lieu, parmi les questions traitées dans la seconde congrégation générale, la publication d’un livre des Règles. Pour comprendre les décisions prises à ce sujet il est nécessaire de remonter un peu plus haut.
Les Constitutions, rédigées sous la forme d’un code explicatif et raisonné, sont un vrai livre et non un manuel approprié à la vie quotidienne. IL était bon d’en extraire un résumé substantiel, par formules concises et faciles à retenir. De là divers recueils, faits à différents époques, et qui finalement se condensèrent en un petit volume intitulé Règles de la Compagnie de Jésus. Ces recueils étaient l'œuvre soit des supérieurs locaux réglementant leur collège, soit de saint Ignace envoyant à ces supérieurs les prescriptions qu'il jugeait à propos, soit du P. Nadal laissant avis et ordonnances aux maisons qu'il visitait pour y promulguer Îles Constitutions. C’est ainsi qu'il y eut, en 1545, un recueil dè Règles composé par le P. Simon Rodriguez pour le collège de Coïmbre*.
1. Dans une notice inédite sur l’origine de l'heure de méditation, qui a mérité les éloges du T. R. P. Louis Martin, le R. P. Pierre Bouvier se pose ici cette question : « En prescrivant une heure d’oraison, le P. de Borgia a-t-il imposé l'oraison mentale? — Non, répond l’auteur que nous résumons, ni dans son ordonnance de 1565, ni dans les explications qu’il donna jusqu'en 1567, Borgia n'a pas prescrit de consacrer à l'oraison mentale le temps prescrit pour la prière. » Et, en effet, il blâäma l'usage qui s'était introduit en Allemagne de consacrer une demi-heure à l'oraison mentale et une autre demi-heure à la vocale, et de donner un signal avec la cloche pour passer de l’une à l’autre (Epist. P. Nadal, L. II, p. 487. Cf. Responsa Generalium : lettre à la Prov. du Rhin, du 28 jnin 1567,. La quatrième congrégation, qui suivit la mort de Mercurian, confirma par son décret V et son canon VI l’ordonnance de saint François de Borgia, employant les mots oralio et orare dans le même sens que lui, c'est-à-dire dans le sens de méditer ou de prier vocalement (Suarez, De relig. S. J., VILL, c. 11, n. 2). Comment, alors. l'heure entière de méditation s'estelle introduite? Par l'usage, se maintenant au point d'acquérir force de loi, disent Négronius et Suarez (Suarez, L. c. — Négronius, Regul. commun., reg. 1, n. 13): Aû début de son généralat (1583-1584) le P. Aquaviva ne croit pas encore devoir interdire la prière vocale pendant l'heure réglementaire, mais il recommande l'oraison mentale dans les termes les plus pressants, et après une trentaine d'années l'usage d'employer une heure entière à l'oraison mentale est consacrée : « En 1610, Aquaviva ne dit plus : Hora orationis, comme ses prédécesseurs ; il dit : Hora medilationis, et il en parle comme d’un exercice de règle dont on doil difficilement dispenser mème les prédicateurs, les jours où ils prêchent. » Il va jusqu'à ne pas approuver que ce jour-là leur méditation soit faite en vue de leur sermon : « Concionatores non sunt eximendi ab hora meditationis.. nec probatur ut meditationem ad concionem dirigant » (Ex. Resp. P. Aquaviva, 1610).
2. Epist. mixt., t. I, p. 171. — Epist. PP Broeli…, p. 445 el sqq. — Ce travail qui avait pour titre : Regimento da ordem et oficios de casa, à élé publié dans les Monumenta (Ibid., p. 822-874).
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En 1549, nous avons un autre recueil dû au fondateur lui-même el connu dans la Compagnie sous le nom d'Ordinationes antiquael. À la même époque, Ignace donnait aux scolastiques du collège de Bologne un règlement de vingt articles très courts ?,
En 1552, il envoyait au P. André de Oviedo, recteur du collège de Naples, un manuscrit comprenant : — 1° des avis spéciaux à ce collège; — 2 des réponses aux doutes qui lui avaient été proposés; — 3° les règles du collège romain: — #° les règles de la maison de Rome?. De son côté le P. Nadal, comme l’exigeait sa charge de visiteur où commissaire général de la Compagnie, examinait les règlements particuliers des maisons et des collèges. Nous avons vu, au livre second, que lui-même les modifiait Csuivant l'esprit » du fondateur, qu’il en établissait d’autres s’il le jugeait bon, puis qu'il laissait aux supérieurs les règles générales tirées de l’'Examen et des Constitutions, les règles particulières des scolastiques et des différents offices et les règles de modestie5, Ces dernières étaient sans doute celles que saint Ignace remit en février 1555 au P. Luis Gonzalvès de Camara, ministre de la maison professe de Rome, et qui, de son aveu, lui avait coûté beaucoup de prières et de larmes,
Après la mort du fondateur, nous trouvons, en 1560, les Requlae communes colleqii romant, sans doute une refonte de celles données par saint Ignace un an plus tôt et malheureusement perdues. En 1561 s’imprime le premier recueil de Règles, à Vienne, sous le titre : Quaedam ex Constitutionibus excerpla quae ab omnibus observari debent. D'après le P. Astrain, et tout porte à le croire, ce serait l'œuvre du P. Nadal : il l'aurait composé pendant les quatre années qu'il vécut à Rome auprès de Lainez7.
. Comme on le voit, il était temps, en 1565, d’avoir enfin pour toute la Compagnie un recueil unique de règles, annulant tous les autres. Déjà des supérieurs s'étaient plaints, non sans motif, que la multitude des prescriptions venant de différentes sources engendrät une certaine confusion, et parüt une surcharge aux meilleurs religieux $. La seconde congrégation étudia la question. Convenait-il de réduire le nombre des règles ? Et quelle valeur
+ Const. S. J., p. 340. — 2. Ibidem, P. 341.
3. Astrain, Histor. de la Compania, t. II, p. 425. — 4. Chap. 1x, n. 1, - Epist. P. Nadal, t. I, p. 317, Lettre du 19 juillet 1555. - Mon. Ignat., s. 4, p. 163 et 366. — 7. Astrain, op. cil., p. 431. . Lettre du P. A. de Cordoba, 20 oct. 1563 (Hisp. Epist., t, V, f. 221), citée par As: train, p. 482.
auraient les avis laissés par le P. Nadal aux Provinciaux, en Espagne et dans les autres pays? — Après avoir mürement pesé toutes choses, les définiteurs ! chargés de cette affaire rédigèrent un décret ainsi conçu : « Les Règles générales, commençant par Summa Sapientia, seront conservées dans leur entier. Les autres seront revues et, s’il est possible, abrégées. Que l’on ait soin toutefois de conserver celles qui sont certainement de notre Père Ignace, si elles semblent opportunes et utiles au bien général... Quant aux avis (admonüiones) du P. Nadal, une fois expurgés et mis en ordre par lui, ils seront donnés aux PP. Provinciaux et au P. Général pour leur seule direction sans être nullement obligatoires ?. »
Conformément à ce décret, saint François de Borgia s occupa de simplifier et coordonner les Règles. Deux ans suffirent à cette tâche. Nous ne savons qui l’aida dans ce travail ; les PP. Polanco et Miron étaient tout désignés, comme les plus anciens religieux de son entourage. Au mois de mars 1567, le P. Général pouvait écrire au P. Nadal que l'œuvre avançait”; deux mois plus tard, qu’elle touchait à sa fin; et, le 27 septembre, il lui envoyait imprimé le nouveau livre des Règles, tel que la seconde congré gation l'avait réclamé. Le titre était : Requlae communes | Romae | In Collegio Societatis Jesu *. I contenait d’abord les règles communes à tous, au nombre de quarante; en second lieu, les règles des différents offices: enfin, un sommaire des Constitutions. Le 2 juillet 1567, le P. François de Borgia promulgua lui-même ces Règles à la maison professe, dans une exhortation domestique dont le P. Sacchini nous a conservé l'analyse”.
Le travail de remaniement demandé au P. Nadal fut beaucoup plus long. Ses nombreuses occupations ne lui permirent pas de terminer avant l’année 157656, le volume de ses Avis el Instruc-