‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 326 sur 457 · SES PILE EVA \ D …— PAU LE LE · texte numérisé non relu

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Il eut la consolation de trouver la plupart des collèges dans une situation florissante. Sans parler de Paris et de Lyon en pleine prospérité, il y avait près de sept cents élèves à Rodez !, et plus de mille à Billom?. Tournon, qui comptait trois cent cinquante élèves, fut menacé au mois de juin 1570 par l'approche de Coligny; heureusement l'orage se dissipa, sans que les Pères fussent contraints de se disperser ?. Le 1°" octobre de la même année, eut lieu la consécration d’une nouvelle chapelle, placée sous le vocable de saint Just, patron du comte de Tournon *; mais, dès le mois de décembre suivant, elle était entrainée par une désastreuse inondation du Rhône, qui respecta les murs du collège. Mauriac avait été très éprouvé par le voisinage des huguenots qui s'étaient emparés d’Aurillac en 1569; les Pères, obligés de quitter la ville, se réfugièrent à Billom, où ils étaient encore au mois de mai 1570 ©. Le collège de Billom lui-même fut

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fermé au mois de juin, et il eut la douleur de perdre son Recteur, le P. Guy Roillet, religieux d’une vertu insigne. À la tête de cet établissement depuis 1562, il avait su lui donner, malgré les troubles qui désolaient l'Auvergne, un développement considérable par l’organisation des pédagogies, ou pensions tenues par des personnes étrangères à la Compagnie. Les écoliers, qui n’habitaient pas chez des parents, étaient distribués en dix ou douze groupes placés sous la haute direction des Pères professeurs. Plus tard, la prospérité de ces pédagogies excita l'avidité des spéculateurs qui essayèrent d'en fonder de nouvelles; mais les supérieurs du collège étaient là pour s'opposer énergiquement à toute dangereuse innovation ?.

Parmi les œuvres apostoliques des collèges, le P. Visiteur se plut à encourager l’enseignement du catéchisme si recommandé par l’Institut. Il était du reste déjà en honneur : à Paris, à Lyon, à Tournon, le dimanche et les jours de fête, les régents, profitant de leurs loisirs, se répandaient dans les hôpitaux, dans les faubourgs et dans les villages voisins, pour expliquer la doctrine chrétienne au peuple et aux enfants. On accourait en telle foule, pour écouter ce genre d'instructions encore peu connu, qu'à . Lettre du P. Mercurian, 27 nov. 1570 (Gall. Epist., t. V, fol. 52).

. Lettre du P. Roillet, 5 déc. 1569 (JZbid., fol. 184).

. Letire du P. Mathieu au P. Général, 13 juin 1570 (Ibid., fol. 17). . Archiv. de l’Ardèche, D, Collège de Tournon.

. Lettre du P. Roillet, 30 avril 1570 (Gall. Epist., t. V, fol. 81).

. Lettre du P. Denys, 23 mai 1570 (Jbid., fol. 182).

7. Touchant les pédagogies de Billom, Voir Prat, Mémoires sur le P. Broel (Pièces justificat,, n° xix).

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VISITES DU P. MERCURIAN. 487

Paris, raconte le P. Manare, les docteurs de la Faculté s'émurent et crièrent à la nouveauté, presque à l'hérésie; ils voulurent même s'opposer à ce mode d’apostolat. Les Jésuites méprisant tout ce bruit, qui finit par s’apaiser, se livrèrent sans relâche à cet humble ministère, le plus efficace de tous contre le grand mal de l'ignorance,

Cependant, 1l faut l'avouer, « l’homme ennemi » avait semé l'ivraie dans le champ de la Compagnie en France. Des abus, qui réclamaient une réforme, avaient déjà attiré l'attention du P. Manare. À l'occasion des règles nouvellement rédigées et que l’on commençait à mettre en pratique, quelques religieux brouillons, comme il s'en trouve partout, réclamèrent en disant que les Supérieurs voulaient introduire dans l’Institut « des prescriptions monacales », tandis que l'Ordre d’Ignace de Loyola avait été fondé pour un genre de vie plus libre et moins sévère. Au grand détriment de la discipline et de la régularité, par leurs discours et leurs murmures, «ils séduisirent des âmes simples », et parvinrent à former comme « une secte d’une soixantaine d’adhérents » qui prirent le nom de « confrères de la voie candide ». Mais les religieux prudents les appelèrent « les libertins ».

On entendait aussi d’autres plaintes. La France n'avait pas jusque-là fourni beaucoup de sujets; le nombre des Pères Français qui avaient reçu une formation complète était encore très restreint. On avait donc été obligé de recourir souvent à des Pères d'une autre nationalité, de leur assigner les diverses charges de l'administration et les principales chaires des collèges. De là des récriminations contre les étrangers qui, disait-on, envahissaient les maisons. Mais, grâce à Dieu et par la fermeté des Pères Visiteurs, après le renvoi de quelques turbulents, la discipline et la concorde reprirent bientôt partout leur premier éclat?.

Voici, d’après un curieux document, un aperçu de la méthode employée par le P. Mercurian dans sa visite des collèges. de France.

Les premiers jours qui suivaient son arrivée dans une maison, «il vivait familièrement avec tous, sans prononcer même le mot de visite ou de réforme; il se disait venu pour la consolation de chacun et s’abstenait de toute exhortation domestique ». Entre

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