‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 327 sur 457 · Ibidein, p. 111-113. : : ee · texte numérisé non relu

Ibidein, p. 111-113. : : ee

3. « Ratio qua R. P. N. Everardus utebatur cum collegia Galliae visitator obiret

(Ordinationes et Instr. PP. Generalium, 1565-1647, n° V).

temps il gagnait la confiance des Pères et des Frères qui souvraient facilement à lui dans les entreliens particuliers. De cette façon il se rendait compte par lui-mème, en peu de jours, de l'état du collège. Il pouvait ensuite entreprendre ouvertement l'accomplissement de sa mission. À son sens, elle consistait en deux choses : premièrement, apprendre à chacun la manière de se perfectionner dans sa vocation et dans sa charge; en second lieu, organiser toute la maison d’après le plan tracé dans les Constitutions et selon l'esprit de saint Ignace. Le premier but était rempli par les comptes de conscience et les confessions générales. Le second par un procédé, peut-être un peu minutieux, mais fort sage et fort pratique dans les circonstances.

C'était avec le P. Recteur et ses Consulteurs que les choses se passaient. Tout se faisait par écrit, ou à peu près. Les pages d'un cahier étaient divisées en quatre colonnes. Sur la première se trouvait précisé chaque point à examiner. Sur la seconde le P. Recteur, d’abord seul, devait écrire son avis. Sur la troisième on mettait l'avis du même P. Recteur et de ses Consulteurs, après nouvel examen de la question en consulte. La quatrième était réservée à la décision finale du P. Mercurian. Les interrogatoires notés dans la première colonne portaient sur « l'observation des Règles communes et du Sommaire des Constitutions, sur les ministères spirituels, sur les obligations du collège relativement à sa fondation, sur ses revenus et ses biens ».

Ce procédé, dit l'auteur du document que nous résumons, avait plusieurs avantages : il obligeait les Recteurs et Consulteurs à étudier de plus près les règles de la Compagnie et à en comprendre l'esprit; il leur apprenait à se diriger eux-mêmes dans la suite, sans avoir constamment recours aux Provinciaux et au Général « par des lettres fréquentes et prolixes », comme ils l'avaient fait jusqu'alors; il prouvait à tous que le P. Visiteur ne venait rien réclamer d'insolite ou d’onéreux, mais seulement la stricte application des Constitutions l.

Les exhortations domestiques à toute la communauté venaient en dernier lieu. Le P. Mercurian exposait la fin propre de la Compagnie et les moyens qu'elle s’est choisis pour y parvenir; « il recommandait, comme chose très importante, les Exercices spirituels de saint Ignace et Les règles du discernement des esprits »,

1. « Ea ratione intelligebant nil novi aut insolens novarum legum aut praeceptionum

mullitudine invehi.. sed idipsum cujus observatione jamdudum voto animas obstrinximus » (/bidem),

VISITES DU P. MERCURIAN. 489

ct donnait aux ouvriers apostoliques des avis particuliers pour la pratique de leurs ministères !.

8. Parmi Les affaires à régler pendant son séjour en France, le P. François de Borgia avait spécialement signalé au P. Mercurian l'institution de maisons séparées pour les novices. Les candidats à la Compagnie étaient, en effet, restés longtemps confondus avec les scolastiques, quoique soumis à des exercices particuliers. Leur formation spirituelle marchait de front avec les études classiques, les occupations littéraires, et les fonctions sacerdotales quand ils étaient prêtres. À mesure que le nombre des postulants s’accrut, les supérieurs reconnurent la nécessité de les grouper en communautés distinctes, afin de leur donner une direction uniforme, en rapport avec l'esprit de leur vocation. Dès l’année 1551, à Messine, le P. Jérôme Nadal, fidèle interprète de la pensée de saint Ignace, avait ainsi réuni, sous l'autorité du P. Wishaven, les étudiants admis aux exercices de la probation?. Ce fut là, au dire de Ribadeneira, le premier noviciat régulier. Mais les établissements de ce genre furent rares, pendant les vingt-cinq premières années, Le P. Richeome, admis dans la Compagnie en 1565 par Le P. Olivier Manare, provincial de France, nous apprend que, faute d’une maison de noviciat à Paris, le P. Maldonat fut à la fois son premier régent de philosophie et son premier maître de spiritualité’. À Rome même, les novices, logés dans la maison professe, n’y formèrent qu'en 1565 une communauté particulière, avec un règlement propre, sous la direction du P. Alphonse Ruiz. A la même époque, les étudiants du collège Romain, qui n'avaient pas encore deux ans de probation, constituèrent un groupe à part sous la direction du P. Jean Xavier. L'année suivante, 1566, le noviciat de Saint-André fut inauguré sur le mont Quirinal par le P. Jules Mancinelli, grâce à la muuificence d'illustres bienfaiteurs !.

En France, jusqu'à la visite du P. Mercurian, rien n’avait encore été bien déterminé à ce sujet. Dans la province de France plusieurs novices demeuraïent à Paris où ils avaient étudié; le plus grand nombre étaient envoyés au collège de Billom”.

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