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la déconvenue des magistrats qui-l’avaient organisée. Ils eurent recours au Père Recteur du collège dont l'intervention, requise en cette affaire, montre assez l'influence et la popularité. Possevin allait monter en chaire quand”on vint l’avertir. Il laisse là son auditoire qui reste patiemment à l’attendre, et en toute hâte, à cheval, il se rend auprès du légat pour parlementer. Il s'efforce, par les meilleurs arguments, de le faire revenir sur sa décision : « Voyez, lui dit-il, cette cité qui naguère encore gémissait sous le joug du calvinisme ; maintenant elle accourt audevant de vous, le représentant du Saint-Père, elle se prosterne humblement à vos pieds pour implorer votre bénédiction, et elle atteste ainsi publiquement son attachement à la vraie foi. Quelle honte ne serait-ce pas pour elle, aux yeux des calvinistes de Genève, si le neveu du Pape semblait indifférent à ses avances et à ses témoignages de respect? » Alexandrin n'avait rien à objecter à pareil raisonnement: il céda aux désirs des Lyonnais, qui lui prouvèrent par de chaleureuses ovations! que les hérétiques n’avaient point arraché de leurs cœurs l'amour de l'Église et du Saint-Siège. |
Quelques heures après, Possevin recevait au collège François de Borgia. Pendant trois jours, les Pères furent « grandement consolés? » par la présence de leur Général qu’ils avaient en vénération, Mais, sans doute, l’état de sa santé leur donna de vives inquiétudes. En effet, la fin de ce voyage devait être fatale à lillustre serviteur de Dieu. Déjà, de Bayonne à Blois, il avait eu à souffrir du froid dans les églises, souvent dévastées, où le retenait la ferveur de sa piété. Un accident de ce genre, raconte Ribadeneira”, lui arriva de nouveau après son départ de Lyon. I! rencontra une fois, sur sa route, une église profanée par les hérétiques. La tristesse dont son âme était accablée, grandit encore à cette vue; il voulut offrir le saint sacrifice au lieu même où le corps du Sauveur avait reçu tant d’outrages'. Le Lemps était glacial, l'église en ruines et exposée à tous les vents. Après sa messe, le Père fut saisi de frissons et d’un tel accès de fièvre
1. Possevin : Annalium decas 1°, L. IV.,c. 11, p: 154-156. — 2, Jbidem.