‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 331 sur 457 · Lettre du P. Manare au P. Nadal (/bid., fol · texte numérisé non relu

Lettre du P. Manare au P. Nadal (/bid., fol

déterminé le projet de mariage entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois, ne laissaient espérer l'accueil favorable d’aucune autre proposition. Le cardinal Alexandrin fit de vains efforts pour empêcher une alliance irrévocablement résolue.

S'il ne restait nul moyen d'atteindre le double but des négociations avec la cour de France, le P. François de Borgia se servit du moins de la sainte liberté que lui inspirait son zèle pour exhorter Leurs Majestés très chrétiennes à ne pas suivre toujours les maximes de l'intérêt politique, à envisager surtout celui de Dieu et de l’Église. La reine-mère reçut en bonne part ses humbles remontrances ; elle parut même n’en éprouver que plus de vénération pour sa personne; persuadée de sa sainteté et de son crédit auprès du ciel, elle voulut avoir un chapelet qu'elle vit à sa ceinture !. Le serviteur de Dieu n’ayant pu le refuser aux instantes prières d’une si grande princesse, elle le garda toujours comme une précieuse relique.

11. Le Père Général partit de Blois, à la fin du mois de février. péniblement impressionné des sentiments d’indifférence religieuse qui régnaient à la cour, et très affligé des grands malheurs qu'il redoutait pour un royaume que l’Église avait toujours considéré comme son plus ferme appui?. Cependant, si les dehors de la réconciliation avec les hérétiques cachaient, comme le prétendent quelques historiens, des projets de vengeance, le P. de Borgia n'avait rien saisi de la trame qui s’ourdissait et devait bientôt aboutir à un attentat : « Nous ne devons pas oublier, dit un écrivain protestant, que, malgré ses rapports assez intimes avec Charles IX et Catherine de Médicis, et bien qu'il fût en haute faveur auprès d'eux, on n'a aucun motif de supposer quil eût reçu la confidence de leur odieux projet. »

Il se mit en route avec le cardinal Alexandrin qu'il accompagna jusqu à Lyon. Pendant le carême, les habitants apprirent l’arrivée prochaine du légat#. Sans tarder, ils élevèrent des arcs de triomphe et disposèrent tout pour une réception magnifique. Le # mars, le cardinal avec sa suite se présenta aux portes de la ville, mais, — nous ne savons pour quel motif, — il refusa formellement les honneurs d'une entrée solennelle. On juge de

1. Cienfugos, La heroica vida del grande S. F. Borgia, p. 448.

2. Lettre de François de Borgia au P. Ribadeneira (Dans Ribadeneira, Vita del P. F. Borgia, p. 227). à

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