‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 342 sur 457 · PROGRÈS DU COLLÈGE DE RODEZ · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU COLLÈGE DE RODEZ

1574, celui du Bès en 1576; leur revenu net s'élevait à soixantecinq écus!. Le 5 août 1576, Grégoire XIN lui annexa encore « les fruits et revenus » du prieuré de Saint-Sauveur de Chirac, dans le diocèse de Mende, à la charge de payer cent soixante livres de pension pour l'entretien de deux moines « aux escholes ». Le prieur commendataire, Laurent Blanquet, se réserva aussi une pension assez élevée, en sorte que ce bénéfice ne rapportait plus que trois cents écus?.

Ces diverses acquisitions permirent au collège de prendre un grand développement. On comptait sept cents élèves en 1572, et près de quatorze cents en 1577; aussi le P. Recteur demanda-t-il au P. Général l'autorisation d'ouvrir une cinquième classe de grammaire. À la procession du jubilé, célébré cette année-là même à Rodez, la piété de ces nombreux écoliers émerveilla les habitants : « Quelques-uns de nos amis, écrivait à ce propos le P. Jean de Lorraine, ont dit qu’ils n'auraient jamais eru que nous eussions tant d'élèves, s'ils ne les avaient vus défiler en si long cortège. Pendant quinze jours, nos écoliers ont visité les quatre églises désignées pour gagner l’indulgence, marchant deux à deux, un cierge à la main, classe par classe, et chaque classe chantant les litanies, ou des hymnes, ou les sept psaumes de la pénitence.. Les trois derniers jours, trente jeunes gens, pieds nus, portaient les instruments de la Passion. Le peuple, ému jusqu'aux larmes, s’agenouillait, baisait les insignes des mystères et les pieds même des porteurs. Cette touchante cérémonie nous a gagné l'affection de toute la population qui vient en foule à notre église, une des quatre désignées pour l’indulgence du jubilé. Un gentilhomme huguenot, témoin de ce spectacle, en fut tellement impressionné qu'il alla sur-le-champ se confesser, déclarant qu’il ne se laisserait plus jamais tromper par les hérétiquesi. »

Il fallut bientôt songer à agrandir les anciens bâtiments, devenus trop étroits. Or le collège était borné au couchant par la muraille de la ville, et des deux autres côtés par des rues abou-

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