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PROGRES DU COLLÈGE DE RODEZ

professeurs étaient peu élevés, cent vingt livres pour chacun d'eux, en tout six cents livres pour Les cinq; mais c’est beaucoup pour nous à qui l’on n’impose aucune obligation nouvelle... Dans la congrégation provinciale réunie à Avignon, Votre Paternité doit s'en souvenir, on proposa de placer à Toulouse le séminaire théologique de la province, ce qui fut accordé à condition quon trouverait des revenus suffisants. Puisque Dieu n’a pas permis que ce collège fût fondé d’un seul coup, il faut bien nous contenter de ce que sa bonté nous concède peu à peu. »

Nous n'avons pas retrouvé la réponse du P. Général à ces propositions bienveillantes; nous savons seulement qu’un second projet d'incorporation lui fut présenté deux ans plus tard ! et que, de fait, nulle exécution ne suivit. Dans l'intervalle, le P. Émond Auger remplaça comme Recteur le P. du Coudret devenu Provincial d'Aquitaine. On put dès lors espérer une prompte solution de toutes Les difficultés pendantes, car il jouissait à Toulouse d’une réputation exceptionnelle. 11 obtint, en effet, par provision, en 1574, une somme de six mille livres pour certains revenus qui étaient en litige, et les capitouls accordèrent, en 1575, une augmentation de la rente qu'ils payaient annuellement au collège ?. Maintenant celui-ci pouvait vivre; la prospérité lui viendra plus tard; il sera le plus important de la province à laquelle il donnera son nom.

L. Le collège de Rodez, fondé en 15623, avait eu, comme celui de Toulouse, des commencements très pénibles ; mais peu à peu, grâce au zèle infatigable de ses premiers Recteurs, Les PP. Jean Balmes et Jacques Morel, H avait pu surmonter tous les obstacles. Il ne prit toutefois un véritable accroissement que sous l'habile direction du P. Houlton, lorrain d'origine, plus connu sous le nom de Jean de Lorraine. Bien que les revenus fussent insuffisants pour l'entretien de six Pères qui formaient Le personnel, le nouveau Recteur, comptant sur les sentiments religieux de la ville et de la contrée, ajouta aux quatre classes de grammaire déjà existantes une chaire d’humanités, une de philosophie et une de théologie“. Les habitants répondirent à ses avances en exigeant

l'observation de l'Ordonnance d'Orléans dans le diocèse; par le

1. Gall. Epist., t. X, f. 150. ue 2. Reg. de comptabilité municipale (Archiv. commun., AA, 18, Ê. 358, 359).

3. Voir plus haut, L. IL, c. 1x, n. 4 et suiv. 4. Notice Ms. (Archiv. de l'Aveyron, D, 552, et Franc., Fund. coll., n° 55).

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crédit du sieur de Combret, ils obtinrent de Charles IX que 1x prébende préceptoriale serait exclusivement appliquée au collège des Jésuites. Les chanoines refusèrent de satisfaire à leur obligation, sous prétexte que les bénéfices du chapitre avaient chacun un titulaire qu'on ne pouvait convenablement dépouiller. De là, entre le chapitre et la ville, des contestations très vives qui furent soumises à l'arbitrage de M. Daffis, premier président du Parlement de Toulouse, de passage à Rodez. Ce magistrat « condamna le chapitre à payer au collège une rente annuelle de trois cents livres, jusqu'à ce qu'enfin une prébende vint à vacquer ! ». Mais « l'accord ne tint guère, raconte un ancien anna-

liste, parce que la ville voyant la pauvreté dudit collège, désiroit

fort l'union d’une prébende entière et en nature ». Elle « embrassa l'affaire d'une grande affection », aidée « de plusieurs particuliers qui en prenoient la peine et faisoient les frais nécessaires ». On obtint «après un long procès et despenses.…. plusieurs arrests de la court de parlement de Toulouse par lesquels messieurs du chapitre furent toujours condamnés? ». Le chapitre en appela au conseil privé du roi; et mal lui en prit, car un arrêt du 16 février 1571 « obtenu pour bien et concorde » par le P. Auger, l’obligea à donner par an au collège la somme de quatre cents livres quittes de toute charge « pour les fruits et revenus de la prébende destinée ? ». À partir de ce moment, les Pères complétèrent le cours de belles-lettres par l'addition ‘d’une classe de rhétorique f.

5. En 1572, « Hélis Martine, veufve de François Dardenne, bourgeois de Rodez », mourut en léguant au collège une maison de campagne et des vignes dont le revenu pouvait monter à soixante livres. Cette propriété, appelée domaine de Serres, était située dans un vallon fertile à deux lieues de Rodez. Le legs n’avait pas été inscrit dans le testament, mais dans un codicille qui ne portait aucune signature. De nos jours, un tel codicille serait réputé nul et sans valeur; il fut cependant déclaré bon et valable par le Parlement de Toulouse, à cause des témoignages qui établissaient l'intention formelle de la testatrice ?.

Les années suivantes, plusieurs prieurés furent unis au collège, mais sous la réserve de pensions viagères : celui de Faux en

1. Ibidem. — 2. Ibidem. — 3. Tolos., Fund. colleg., n. 136. 4. Origo et progressus collegii (Tolos., Fund. colleg., n. 121). 5. Notice ms. (Archiv. de l'Aveyron, D, 545, 552).

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