‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 350 sur 457 · Archiv. de la Gironde, H · texte numérisé non relu

Archiv. de la Gironde, H

4. Acte de consentement du Prieur de Saint-James (Archiv. de la Gironde, H, 5, fol. 11).

5, de hister, de iniliis (Francia, Hist. fundat., n. 26).

révoqua la permission qu’il avait d’abord donnée en faveur des Jésuites. Grand fut l’étonnement des catholiques à cette nouvelle. Convaincus qu'on avait surpris la bonne foi du monarque, ils crurent de leur devoir de lui représenter l’injustice commise en son nom. D'accord avec l’archevèque et le Parlementilsenvoyèrent à Blois un conseiller, nommé Drochon, homme de grand mérite, chargé d'informer Sa Majesté de tout ce qui s'était passé. Non content de cela, M Prévost de Sansac écrivit au duc d'Anjou, frère de Charles IX, et se plaignit amèrement des sourdes menées « de ceux qui cuident que soutenir le peuple en la dévotion et crainte de Dieu, et par ce moyen en l'obéissance du roy, soit chose contraire à leur entreprise ». Et il ajoutait : « Vous, Monseigneur, qui avez toujours maintenu les choses bonnes et sainctes, ne permettez pas, s’il vous plaist, que telles gens gaignent le hault bout et renversent ce qu'il vous a plu favoriser, nous donnant par là moyen de fournir nostre pauvre église de personnages doctes pour la consolation de ce peuple et érudition de la jeunesse! »

En arrivant à la cour, le député Drochon rencontra « des difficultés plus graves qu'il ne s’y attendait... car le diable s'était jeté à la traverse? ». Pendant deux mois, il lui fallut poursuivre ses démarches et solliciter de mille facons; toutefois il trouva, dans l'entourage du roi, des protecteurs parfaitement disposés à soutenir ses demandes. Le nonce de Sa Sainteté s'y porta avec un zèle qui convainquit tout le monde de la part que la religion avait en cette affaire ?.

Charles IX souhaitait, plus que personne, l'établissement de la Compagnie de Jésus à Bordeaux. S'il n’eût consulté que son inclination, il aurait tout accordé sans aucune restriction; mais il craignit de mécontenter l'amiral et avec lui les huguenots. Pour tout concilier, il eut recours à un moyen terme : en permettant aux Jésuites de s'établir dans le prieuré Saïint-James, il décida qu'aucun Père étranger n’y serait admis. Cette restriction ne pouvait s'appliquer qu'aux Espagnols, car les Écossais et les Ita- Heñs ne passaient pas pour étrangers en France. Elle n’était du

1. Lettre de Mf de Sansac au duc d'Anjou, s. d. (Bibl. de l'Institut, coll, Godefroy, vol. XV, f, 173. Original). Voir Appendice G.

2. Lettre du conseiller Drochon au P. Général, 3 mai 1572. (Gall. Epistol., fol. 346).

3. Lettre du nonce Fabius Mirto au P. Général, 10 avril 1572 (Epist. Episcop. Ye

4. Brev. hist. de initiis (Francia, Hist. fund. colles. n. 26). Cf. Patentes de Charles IX, 1° mai 1572 (Archiv. de la Gironde, H, Jésuites, 54), ;

reste que temporaire et, dès l’année suivante, la Compagnie fut reçue à Bordeaux aux mêmes conditions que dans tout le royaume !{.

Le 3 mai 1572, le conseiller Drochon put annoncer de Blois au P. Général l’heureux succès de sa négociation : puis il retourna à Bordeaux « porteur de l'autorisation que le P. Auger ainsi que tous ces Messieurs [attendaient] avec grande impatience? ». Vers le même temps, l'avocat général du Sault reçut deux lettres, l’une de Charles IX et l’autre de la reine-mère, insistant sur la prompte exécution de leurs ordres : « La singulière recommandation, lui disait Catherine de Médicis, en laquelle Jay et veulx avoir ceulx dudict collège des Jésuites, faict que Jj'ay bien voulu accompagner de la présente celle du roy mondict sieur et filz, et par icelle vous prier leur porter toute l’aide et l'assistance que vous pourrez... et j'estimeray à très agréable plaisir le bien et faveur qu’ils recepveront de vous en cest endroict?. »

5. Toutes ces hautes protections ne furent pas inutiles, Dès le retour de leur député, les catholiques de Bordeaux s'empressèrent de travailler à l'aménagement du collège dans l'hôpital Saint-James. Le gouverneur y employa un grand nombre de rameurs, et les jurats, ne voulant pas moins se signaler, songeaient à y joindre des prisonniers. Empressement excessif, que le P. Auger, avec sa prudence habituelle, s’efforca de modérer, craignant de le voir interprété en mauvaise part. Généreux entre tous, François de Baulon fit bâtir à ses frais sept classes dans la partie supérieure de la vigne du prieuré. Une moitié des anciens bâtiments fut réservée à l'habitation des Pères; l’autre laissée à un moine, le seul survivant de sa communauté, et à quelques prêtres séculiers. Enfin on assigna aux Jésuites un petit jardin à côté de leurs classes. Le nouveau collège fut appelé de la Madeleine, nom d’une église qui lui servit de chapelle.

Le 21 juillet, arrivèrent avec le P. Edmond Hay, alors Provincial de France, cinq autres religieux. Les Pères Charles Sager, Bertrand Roserius et Louis Richeome étaient de ce nombre. Ils furent admirablement accueillis par François de Baulon, l’archevêque et les principaux habitants. Bien que les classes ne fussent

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