‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 386 sur 457 · II. Archives communales de Bourges, série GG · texte numérisé non relu

II. Archives communales de Bourges, série GG

Ii. Archives de Meurthe-et-Moselle, série H.

JV. Recueils de documents conservés dans la Compagnie : a) Epistolae Cardinalium. — b) Francia, Epist. Generalium. — ©) Historiae fundationum. — d) Franciae Historia. — e) Gallia, Epist. Generalium. — f) Galliae Epist. — g) Galliarum monumenta historica.

v. Archives de la Province de France.

Sources imprimées : Acta S. Sedis — Bullarium romanum. — Carayon, Documents inédits: Histoire de l'Université de Pont-à-Mousson par le P. Abram. — Erectio Universitatis Mussipontanae. — Institut. Soc. Jesu. — Maldonatus, In Matthæuwm; Praefatio in IV Evang. — Prat, Maldonat et l'Université de Paris.

1. Le collège Sainte-Marie de Bourges, où Maldonat s'était retiré à son départ de Paris, venait d’être remis entre les mains de la Compagnie de Jésus; mais son origine remonte beaucoup plus haut, jusqu'à la Bienheureuse Jeanne de France, fille de Louis XI, duchesse de Berry, et fondatrice de l'Ordre de l’Annonciade!. En effet, vers la fin du quinzième siècle, un docteur en théologie, François Rogier, avait entrepris l'établissement d’une école à Bourges, entre l’église Notre-Dame de la Comtal et la maison commune de la ville; puis, se trouvant hors d'état d’achever l’œuvre commencée, il la confia à la duchesse de Berry,

1. Née en 1464, elle avait épousé son cousin, Louis, duc d'Orléans, qui, monté sur le trône, fit casser son mariage en 1498. Nommée duchesse de Berry, elle se retira à Bourges où elle mourut en 1505. Elle fut béatifiée par Benoît XIV en 1743.

qui acheta, pour l'agrandir, une pétite maison dans le voisinage. Plus tard, par son testament du 5 mai 1504, la Bienheureuse Jeanne fonda dix bourses pour de pauvres écoliers auxquels on devait enseigner la grammaire, la poésie et l’art oratoire!. La rente de cent livres, qu’elle légua à cet effet, fut reconnue le 7 janvier 1522 par son neveu le connétable de Bourbon, et confirmée par François l° Le 5 avril 1524.

Telle était la modeste situation de l’école Sainte-Marie, lorsqu'en 1560 les États d'Orléans prescrivirent aux chapitres des églises cathédrales et collégiales d'appliquer des prébendes aux établissements d'instruction publique. Les chanoines de Bourges ne Se soumirent qu'après de longues résistances et consentirent, le 10 février 1567, à payer annuellement une somme de sept cents livres. Aussitôt M. Gassot, au nom de la ville, MM. Jacques Girard et Claude Descombes, au nom des chapitres, furent envoyés à Paris pour choisir des précepteurs. Ils traitèrent avec Jean Prévost, maitre ès arts de l'Université, professeur de langue grecque et latine, qui s’engagea à venir à Bourges avec deux régents?.

Comme les bâtiments de l’ancienne école étaient insuffisants, on y joignit le prieuré de la Comtal, qui dépendait de la prévôté d’Évaux, en Combraille. Le titulaire, Jean Bidault, doyen de l’église de Bourges, renonça à ses droits, et le prévôt, à qui la collation appartenait, exigea seulement qu’on recût à perpétuité, comme boursiers, deux religieux d'Évaux, désignés par lui.

2. La nouvelle organisation du collège fonctionnait depuis quatre ans à peine, lorsque M. Niquet, abbé de Saint-Gildas et de Méobec, considérant le peu d'avantage que Bourges retirait d’un établissement doté d’un revenu trop modique, résolut de lui donner l'extension que méritait l'importance de la ville, et d'y appeler les Jésuites déjà célèbres par leurs œuvres d'éducation. Jean Niquet avait consumé sa vie au service de son pays et de l'Église; il avait été, depuis le règne de Henri II, le principal intermédiaire entre la cour de France et le Saint-Siège. Forcé par

1. Testament de la Bienheureuse Jeanne (Archives Prov. de France : Papiers du président Rolland). Ces papiers furent gracieusement offerts, il y à quelques années, au R. P. Provincial par la famille d’Erceville. Ils sont une partie des documents qui ont servi à la rédaction des Comptes rendus relatifs aux Établissements des Jésuites dont, en 1762, furent chargés par la Cour du Parlement de Paris MM. Rolland d’Erceville, de l’Averdy et Roussel de la Tour. (Cf. Recueil par ordre de dates... des Comptes rendus au Parlement... t. VI, p. 3).

2. Contrat pour la charge de principal, 29 mars 15677 (bid.).

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l'âge de rentrer dans la vie privée, il consacrait ses dernières années à la pratique de la prière et au bien de sa ville natale. Il partit pour Rome, en 1571, dans le dessein de s'entendre directement avec le Père Général, et revint au mois d'octobre porteur d’une lettre du P. Nadal pour le P. Edmond Hay, Provincial de France. L'intention de M. Niquet, disait le P. Vicaire, était d'appliquer le revenu de ses deux abbayes à la fondation d’un collège, et il devait, à son passage à Paris, traiter de cette affaire avec le roi. Un mémorial, qui lui avait été remis à son départ de Rome, indiquait les précautions à prendre pour que tout fùt bien réglé selon l'esprit de l'Institut. Le P. Provincial était prié de l’aider de ses conseils dans la marche de cette affaire !.

Les collèges ouverts par la Compagnie de Jésus ne pouvaient avoir partout une égale importance; elle dépendait des eirconstances de lieu et de temps dans lesquelles ils se trouvaient placés. En 1564, le P. Lainez partagea les collèges en trois classes : Les petits, les moyens et les grands?. Les premiers, dans lesquels on n’enseignait que les lettres humaines, devaient comprendre au moins vingt religieux, — prêtres, scolastiques (professeurs ou étudiants), coadjuteurs, — chargés du gouvernement, des fonctions du ministère, de l’enseignement ou des intérèts matériels de la maison. Les collèges moyens, où l'on enseignait aussi les cas de conscience, comprenaient au moins trente religieux, et cinquante s'il y avait un cours de philosophie”. Dans les grands collèges, composés d'au moins soixante-dix religieux, on ajoutait à l’enseignement des lettres et de La philosophie celui de la théologie et de l'Écriture Sainte.

D'après une lettre du P. Cogordan, c'était un grand collège que M. Niquet avait l'intention d'établir à Bourges. Aussitôt après son retour de Rome, il en parla au roi qui donna tout de suite

plein consentement. Mais le conseil privé, écrit le P. Cogordan au

P. Général, « se conduisit à son égard d'une manière indigne; on le renvoya aux cinq présidents du Parlement de Paris, et comme

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