IV. Bibl. municipale de Poitiers, ms
V. Recueils de documents conservés dans la Compagnie : a) Acta congregat. provincial. — b) Decreta et Instructiones. — c) Edits royaux. — d) Francia, Histor. fundal. — e) Gallia, Epistoi. Generalium. — f) Galliae Epistolae. — g) Possevinus : Acta in Gallia; Annalium decas 1*.
Sources imprimées : Archives curieuses de l'Histoire de France, t. VII. — Davila, Histoire des guerres civiles de France. — Hansen, Reinische akten zur Geschichte des Jesuitenordens , 1542-15€2. — Manare, De rebus S. J. Commentarius. — Mémoires de Castelnau. — La Popeliniérè, Histoire de France. — Ribadeneira, Vita del P. Fr. de Borgia. — Theiner, Annales ecclesiastici. — Tortorel et Perrissin, Quarante tableaux. — MONUMENTA HISTORICA $. J. Epistol. P. Nadal.
1. Les troubles civils, commencés avec la conjuration d’Amboise sous François Il, en 1560, et quelque temps assoupis par le triumvirat formé entre le roi de Navarre, le duc de Guise et le connétable de Montmorency, sous la régence de Catherine de Médicis, ne furent point complètement apaisés par l’édit de tolérance du 17 janvier 1562. Deux mois après, la sanglante collision de Vassy, entre les gens du duc de Guise et quelques huguenots, alluma l'incendie des guerres de religion, dont plusieurs maisons de la Compagnie eurent tant à souffrir. L’édit de pacification d’Amboise, en 1563, ne parvint pas à calmer les réformés, qui constituaient déjà un parti puissant et prêt à pro-
fiter de toutes les occasions. La révolte des Pays-Bas contre le roi d'Espagne, en 1566, et le passage de ses troupes par la France servirent de prétexte à une nouvelle prise d'armes, secrètement organisée par Coligny et le prince de Condé.
Dès les premiers mois de 1567, une sourde fermentation, annonce d'un prochain orage, régnait à Paris et dans d’autres villes; de tous côtés circulaient des bruits alarmants, avant-
coureurs de nouveaux troubles. Le mécontentement des chefs :
huguenots, l'antagonisme des Châtillon et des Guise, les soupcons qu'avait éveillés l’entrevue de Bayonne, soulevaient des murmures et des menaces. Les calvinistes se plaignirent de fréquentes violations de l’édit d'Amboise, soit de la part du clergé, soit de la part des gouverneurs de province; mais eux-mêmes, au lieu de tenir leurs prêches seulement dans les localités désignées, les établissaient à leur gré et à leur convenance. Des bandes indisciplinées rôdèrent autour de la capitale, massacrant les catholiques inoffensifs, portant partout la désolation et l’effroi. Les protestants, de plus en plus audacieux, ne cachant point leur espoir d’une revanche prochaine, l'inquiétude s’empara des
esprits et l’on se préoccupa vivement des calamités qui allaient fondre sur le royaume.
2. Au mois de septembre, un singulier concours de circonstances providentielles permit aux deux Provinciaux de France et d'Aquitaine de donner au roi, à la ville de Paris et à celle de Lyon, une preuve signalée du dévouement des Jésuites aux intérêts du pays. Ce fut d’abord un complot déjoué par le P. Manare; 1l ne s'agissait de rien moins que de s'emparer de la personne de Charles IX et de sa capitale : :
« Les troubles qui venaient d'’éclater, raconte le P. Provincial de France, annonçaient l’imminence d’un grand péril; mais tout se réduisait encore à de simples soupcons, quand la divine Providence permit que le complot füt découvert. Un Polonais, du nom de Pierre Coscha (Kostka), me fit connaître l’avertissement qu'il venait de recevoir d’un gentilhomme hérétique de ses amis ! : le roi Charles IX devait être arrêté la nuit suivante à Meaux par le prince de Condé, et Paris deviendrait la proie des huguenots et des sicaires; cette communication lui avait été faite pour qu'il pût se mettre à l'abri du danger; en effet, dans
1. Au moment où le P. Manare écrivait son Commentaire, Pierre Kostka était évêque de Culm, en Prusse.