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Dans la Vienne, arrondissement de Montmorillon

5. Tous ces détails sont tirés des lettres du P. Curtio Amodei au P. Général, juin ct juillet 1569 (Gall. Epist., t. IV, fol. 40, 41, 197, 201, 203, 205).

6. Lettre du P. Possevin au P. Général, 29 août 1569 (Acta a Possevino).

d'octobre, dans ce faubourg de la ville. Privés des choses les plus nécessaires à la vie, et surchargés de travaux, leurs forces les abandonnaïent. L'un d’eux mourut, et presque tous auraient succombé, si le P. Manare, informé de leur détresse, n’eût envoyé un Frère porteur d'une lettre pour le cardinal de Lorraine. On les fit alors entrer à Tours, et là on leur prodigua des soins qui bientôt leur permirent de reprendre leur poste de dévouement !. Le P. Possevin ne tarda pas à arriver dans cette ville et il remplaca celui qui n’était plus. Mais, tout en se dévouant à cet humble ministère, il ne put refuser de prêcher plusieurs fois devant la cour, à l’occasion des « supplications solennelles » qu'on faisait à ce moment pour attirer la bénédiction du ciel sur les armes du ro1*.

Au commencement de l'été, le P. Auger avait été rappelé par le due d'Anjou qui réclamait encore le secours de son zèle auprès des soldats. Les hostilités, en effet, venaient de recommencer. Le 93 juin, les huguenots avaient surpris l'avant-garde catholique à la Roche-Abeille, près de Saint-Yrieix, et tué tous Les prisonniers qui étaient tombés entre leurs mains; mais, dès le lendemain, les deux armées s’éloignèrent d’un pays montueux où elles avaient de la peine à vivre. Coligny, maitre de presque tout le Poitou, avait résolu de s'emparer des places que les catholiques y possédaïent encore. Il enleva aisément Lusignan et Châtellerault, et vint mettre le siège devant Poitiers. Grâce à l’énergique résistance opposée par du Lude et les jeunes ducs de Guise et de Mayenne, la ville résista sept semaines, en infligeant à l’ennemi une perte de trois mille hommes. Levant alors le siège de Poitiers, Coligny, incertain du parti qu’il allait prendre, se retira vers Moncontour et campa dans la vaste plaine qui s'étend entre la Dive et le Thouet. Le duc d'Anjou avait obtenu du Conseil l'autorisation de combattre si l’occasion s’en présentait. Son avant-garde attaqua les huguenots à Saint-Cler, près de Moncontour, le 30 septembre. Le 3 octobre, à trois heures de l’après-midi, commença la bataille qui devait décider du sort de la campagne. Le lendemain, Albert de Gondi, comte de Retz, fut dépèché vers le roi, et les habitants de Tours apprirent la grande victoire remportée par l’armée catholique *.

1. Lettres du F. Pons Sanguineo, des 6 et 15 août, — du P. Curtio Amodei, des 14 et 24 sept., 1569 (Gall. Epist., t. IV, fol. 103, 105, 207, 208).

9. Lettre du P. Possevin au P. Général, 29 août (Acta in Gallia). Annal. decas 1",

1. LIL, c. 1v. -- Lettre du P. Amodei, 24 sept. (Gall. Epist., t. IV, fol. 105). 3. Bibl. mun. de Poitiers, ms. 159, Mémoire historique sur les guerres de reli-

Les troupes pontificales y avaient contribué dans la mesure de leurs forces : « Nos Italiens, écrit le P. Amodei, se sont très bien comportés, ils n’ont perdu aucun de leurs principaux officiers : les vingt-cinq drapeaux qu'ils ont pris à l'ennemi ont été envoyés au Souverain Pontifel. » Le P. Auger, lui non plus, ne s'était pas épargné sur le champ de bataille où il avait accompagné le duc d'Anjou. Sans s’effrayer du danger, il resta au milieu des combattants et rendit ses services aux mourants et aux blessés. La campagne terminée, il revint à Toulouse où il reprit le gouvernement de sa Province. Sa présence y était d'autant plus nécessaire que l’amiral de Coligny avait rejoint, à Montauban, le comte de Montgommery qui occupait Navarreins et le Béarn, et tous deux menaçaient d’envahir le Languedoc : « Il faut espérer, écrivait le P. Émond, que Monsieur ne tardera pas à venir au secours de ces pauvres provinces, ou bien il trouvera tout en ruines, car les grosses places seules peuvent se défendre. Il serait téméraire d'entreprendre la visite des maisons tant que les huguenots occuperont le pays. En attendant je fais iei ce que je puis, préchant chaque jour pour aider et consoler la population?, » Jamais le Père ne déploya plus d'activité que dans cette occasion : il ranimait le courage de tous et les excitait à fléchir la miséricorde du Seigneur par des prières et des œuvres de pénitence.

Après la victoire de Moncontour, qui termina la guerre, la plupart des soldats de l’armée pontificale avaient pu regagner l'Italie; mais un grand nombre, exténués par les fatigues d’une rude campagne et Les souffrances d’une longue maladie, s'étaient arrêtés à Lyon dont la population s’empressa de les secourir. Les Pères du collège de la Trinité firent preuve, en ces tristes circonstances, d’un admirable dévouement au service des malades. Ils virent alors arriver successivement, à bout de forces maïs encore pleins de courage, le Frère Mario, puis les Pères Curtio Amodei, Ridolfo et de San-Germano, aumôniers des troupes italiennes. Le P. Léonis, accompagné d’un Frère, fut chargé par M® de Fermo d'aller à la rencontre des trainards privés de toutes ressources, afin de pourvoir à leurs plus pressants besoins et de les diriger sur la ville.

Le P. Creytton, recteur du collège, dut, par l’ordre du Sougion. — Lettre du P. Possevin au P. Général, 8 octobre (Acta a Possevino). Cf. Mcmoires de Castelnau, 1. VII, c. vi. Davila, Hist. des guerr. civiles, t. I, p. 346. Tortorel ct Perrissin, 40 tableaux : n. xxxIV, xxxV et xxxVI.

1. Lettres au P. Général, 4 et 8 octobre (Gall. Epist., t. IV, fol. 107, 109). 2. Lettres des 7 et 14 novembre 1570 (Gall. Epist., t. V, fol. 159).

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verain Pontife, s’occuper de la paye de ces pauvres soldats et leur trouver des aumônes, car ils manquaient de vêtements et de toutes choses !. Quel ne fut pas son désappointement « lorsque le trésorier, Raphaël Martelli, lui déclara qu'il ne restait plus rien en caisse pour satisfaire les justes réclamations de troupes qui n'avaient rien reçu depuis trois mois? »! Pie V, informé de l'état misérable où se trouvaient réduits les hommes de son armée*, en fut profondément ému, et dans sa bonté paternelle donna aussitôt les ordres nécessaires à leur soulagement immédiat et à leur prompt rapatriement.

6. La paix de Saint-Germain (août 1570) suspendit pour un temps les hostilités, maïs elle ne mit point fin aux troubles partiels qui continuèrent d’agiter plusieurs provinces : de 1à son nom de paix boiteuse et mal assise. Au commencement de 1572, le P. François de Borgia, durant le voyage qu'il fit alorsi, put constater par lui-même les dissensions intestines qui désolaient le royaume très chrétien. Les malheurs qu'il redoutait depuis longtemps pour la France, ne tardèrent pas à tomber sur elle, plus terribles qu’on n'aurait jamais pu le soupçonner : nous voulons parler du massacre commencé à Paris le 24 août, et connu dans l'histoire sous le nom de la Saint-Barthélemy.

Les épisodes de cette sanglante journée ne se lient qu'incidemment à l’histoire de la Compagnie de Jésus, mais il est bon de constater, avec une saine critique”, que les fameux massacres n’ont pas été Le fait d’un fanatisme intolérant, encore moins le résultat d'un complot tramé par l'Église. Ils eurent pour cause principale la néfaste politique de Catherine de Médicis. Elle oublia les sages remontrances que le P. Lainez lui avait faites dans son mémoire de 15626. Au lieu de soutenir franchement, comme c'était son devoir, les droits du catholicisme, elle voulut pactiser avec la réforme. Toute préoccupée des risques de son pouvoir, elle prenait ombrage aussi bien des Montmorency et des Guise que

1. Lettre du P. Éverard Mercurian au P. Général, 19 décembre 1569 (Gall. Epist., t. LV, fol. 78). Cf. Roma, Bibl. Vitt. Emm., Mss. Gesuitici, n. 1584 (3713).

2. Lettre du P. Creytton au P. Général, 10 janvier 1570 (Gall. Epist., t. V, fol. 105).

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