CF PEN
causa un grand contentement et à toute sa suite. Il me répéta souvent : Priez Dieu pour moi, prie”, Dieu pour moif. »
Après un séjour de plus de deux mois à Lyon, où ils avaient organisé le conseil privé et arrêté une ligne de conduite pour les affaires politiques, Henri III et sa mère prirent le chemin d'Avignon afin de réprimer quelques partis de rebelles qui, depuis l'assemblée des protestants à Milhaud, s'étaient formés dans le Languedoc et le Dauphiné. « Aujourd’hui [16 novembre], écrit le P. Creytton, le roi, la reine et ce qui reste de la cour sont partis pour Avignon. Les ambassadeurs ont reçu avis de ne point quitter Lyon parce que le roi espère être de retour vers Noël, se trouver à Reims en janvier pour le sacre, et faire son entrée à Paris au mois de février. Ce collège a été comblé de faveurs par Leurs Majestés. Deux jours avant son départ, la reine est venue nous voir et à entendu la messe dans notre église. Le roi est aussi venu hier et a fait chanter la messe de saint Martin?. »
Le P. Auger comptait bien, après le départ de Henri III, entreprendre enfin la visite des collèges dont le P. Général l'avait chargé depuis longtemps; mais il ne put résister aux instances du cardinal de Lorraine, qui désirait l'emmener, en compagnie du cardinal de Guise et de l’archevêque d’Embrun, jusqu’à Avignon, pour y attendre le roi. Ils s'embarquèrent sur le Rhône, qu'ils descendirent jusqu'à Vienne. En passant à Tournon, les illustres voyageurs s’arrétèrent au collège où le P. Auger les traita avec une noble simplicité que ces princes de l'Église préféraient à toutes les splendeurs de la cour’.
Au collège d'Avignon comme à celui de la Trinité de Lyon, les élèves préparèrent une tragédie à laquelle tous les princes devaient assister. Cherchant à plaire aux catholiques zélés du midi, Catherine de Médicis eut soin que les seigneurs de l’entourage du roi parussent dans les cérémonies du culte. Henri IT lui-même prit part à une procession de pénitents, qui était une des plus anciennes fêtes religieuses de la cité. Le P. Mathieu, en racontant la chose au P. Polanco, ne tarissait pas d’éloges sur la piété du roi. Ces éloges surprendront peut-être ceux qui connaissent, par l'histoire, les désordres auxquels ce malheureux prince se livra plus tard; mais le Père raconte ce qu'il a vu, ce que pense alors
1. Lettre du 2 novembre 1574 (Gall. Epist., t. VIT, fol. 184). Kôln, Stadt-Archiv., Universität, XII (326 b), fol. 31-34.