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reviendroit à regret et déplaisir tel, que avec luy la plus part de nous habandonnerions ceste ville. Ce que vous, Monseigneur, ñe vouldriez permettre avec sigrand désavantage de nostre religion catholicque. De rechef doncques, Monseigneur, nous vous supplions tres humblement, nous laisser ledit sieur Auger et espérons que exaulcerez nostre tant raisonnable prière; nous prierons nostre Seigneur,
Monseigneur, vous donner en santé bonne, heureuse et longue vie.
De Lyon ce 22 avril 1564.
Monseigneur, nous espérons que vous laisserez ledit sieur Auger en considération de ce que bien tost, avec l'ayde de Dieu, nous aurons icy une maison pour ceulx de: vostre ordre, et si nous ne pensions avoir tant de bien que estre exaulcés par vous, nous en escriprions et ferions escrire à Sa Sainteté.
Vos tres humbles et tres obéissants serviteurs, Prestres, Catholiques de Lyon.
(Galliae Epistolae, t. IT, f. 212. Original).
REQUÊTE DES CHANOINES DE L'ÉGLISE DE TOULOUSE RÉCLAMANT LE PÈRE AUGER (1566).
Monsieur,
Le sainct zele et bonne affection que nous scavons bien vous avez à l'augmentation de nostre saincte foy, au restablissement de nostre Eglise Catholique et Romaine en son splendeur et forme ancienne, à l’extirpalion des hérésies et faulses doctrines qui se sont esparses par déça, (a nostre grand regret), et aussy au soing que vous avez de l'éducation et bonne instruction de la jeunesse, sont cause que nous vous avons escript la présente pour vous remercier bien humblement du bien inestimable que vous et vostre Compagnie avez faict non seulement à ceste ville de Tholose, mais aussy à tout le ressort du Parlement d’Icelle en nous envoiant Monsieur M° Emon Auger, lequel par ses doctes presches et sainctes admonitions qu'il continue nous faire depuis le mois de febvrier a tellement émeu ce peuple à dévotion, que nous pouvons dire {et à la bonne heure) que aulcune des villes de ce roiaulme ne surmonte Tholose en vraie piété et Religion. Et pour ce, Monsieur, que y voions ung si bon succes et que nous espérons {avecq la grâce de Dieu) et l’aide dudit $ Emon, le tout ira toujours de mieux en mieux, tellement que les villes voisines se conformeront à celle cy qui est la seconde de cedit roiaume. Nous supplions nous faire ce bien que de le nous laisser es Advent et Caresme prochains, vous asseurant qu'il ne scauroit aller en ville de la Chrestienté où luy
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et sa Compagnie soient mieux receus, plus honorez ne plus nécessaires qu'en ceste dite ville. De nostre bienveullance vous pouvez avoir certitude par l’achapt que lon a faict ces jours passez d’une honorable et-spacieuse maison -assize au cœur de ladite ville, choisie pour commode habitation. Quant à leur fondation nous y avons desia contribué selon nostre petite puissance, et demeurons encores en volunté d'y faire mieux, ainsy que nos facultez le pourront porter. Nos dites facultés sont bien fort affoiblies à raison des grands affaires que nous avons soustenues ces années derrenieres pour résister aux adversaires de nostre Saincte Église Catholicque et Romaine. La nécessité que nous avons de sa personne (oultre le tres grand proffict que le peuple reçoit de ses prédications, estant de plus en plus confirmé en nostre ancienne et saincte religion) est pour l'instruction des infinis escoliers qui arrivent journellement de toutes parts de la Chrestienté en ceste Université, pour estudier en droicts Civil et Canon, lesquels sont fort sougneux de assister à ses prédications, desquels ils rapportent ung fruict qui profictera à eulx et aux païs et provinces qu'ils auront en charge. Monsieur, nous ne vous sçaurions dire combien ce bon et sçavant personnage nous est nécessaire, mesmement en ceste saison tant calamiteuse en laquelle a pleu à Dieu nous oster feu Monsieur de Serres nostre Théologien et Confrere qui morut le 20° aoust dernier. Lequel, durantes nos grandes affaires desdites années derrenieres, a tousiours consolé ce peuple et retenu en l’obéissance de nostre Religion Catholicque et Romaine. Cedict peuple s’est maintenant si fort devüé et affectionné à Monsieur M° Emond, que s’il advenoit qu'il abandonnast ceste ville, a peinne le pourroit-on contenir en debvoir. Si, nous vous supplions de rechef, Monsieur, nous faire ce bien de le nous laisser pour lesdits Advent et Caresme. Oultre le grand bien et profict que tout ce païs en recepvra, vous obligerez ceste Compagnie à vous faire humble service, lequel nous vous présentons d'aussy bon cœur que humblement nous nous recommandons à vostre bonne grâce, priant Dieu vous donner, - Monsieur, en parfaicte santé longue et heureuse vie.
En nostre Chapitre de l’Église de Tholose le I* jour de septembre
Vos humbles Serviteurs comme freres et entierement amys.
Les Prévost et Chapitre de l'Église de Tholose. De mandement de Messieurs les Prévost et Chapitre.
Dubrueil etc.
(Epistolae Episcoporum, t. 1, 1560-1570 ; f. 232. Original).
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EXTRAITS D'UNE LETTRE DU GOUVERNEUR DE DIEPPE AU PÈRE PROVINCIAL SUR LES PRÉDICATIONS DU PÈRE PossEviN (1570).
Monsieur,
Nous ayant Monsieur Possevin faict tant de bien de nous venire voire en ce lieu, où certainement Dieu par sa sainte grâce (comme il est tres aparent) l’a voullu conduire et amener, d'autant qu'en cinq jours qu'il a exprimé et presché la pure et sainte parolle de Dieu, es environ six mil personnes huguenots qu’avons encores en ce lieu, il s’en est inopinément et comme miraculeusement converty et ja revenus en la Religion Catholique environ de deux mil cinq cens. Or, Monsieur, vous pouvez, et clairement, juger combien la présence de Monsieur Possevin est doncques en cedit lieu tres utile, prouffitable et nécessaire ; lequel néantmoins est si fort pressé de nous habandonner pour les raisons qu'il vous faict entendre, qu’il a ja par trois divers jours esté batté et prest de partire pour nous laisser ; mais par mesme moyen tant pryé, pressé et requis par tous nos habittans (comme aussi par moy, homme pour le service de Dieu et du Roy) de demeurer, qu’il nous a encores ce matin voullu concéder et accorder quatre jours entiers, durant lesquels j'ay despéché, et en toute dilligente poste, le sieur Tomas le Brun, que connaissez, pour aller vers vous entendre qu’elle pourra estre la response de M° le Cardinal de Strosse, et pour vous supplier qu'il demeure pour ce caresme à Rouen, et cependant icy, comme certainement nosdits habitants et moy le désirons plus que par escript je ne le vous pourrois dire.
Je vous supplie en ma personne de nous envoyer l’ung des vostres sieurs compaignons pour prescher, et ung aultre pour cathéchiser, et l'un et l’aultre garnis de la suffizance requise, vous asseurant, Monsieur, qu'en aultre partie de la crestienté il n’y en a aucun aultre plus urgent et grand besoing qu’en ceste ville. Ce, pour plus prompte-
ment laisser aller cedit porteur, me remettant aussi aux lettres de fi Monsieur Possevin, celles de nosdits habitants et à ce qu'il vous en qe pourra dire à bouche. Je n’allonge la présente que pour offrir ici mes bien humbles recommandations à vostre bonne grâce, en priant Dieu, Monsieur, vous avoir en sa tres sainte et digne garde.
De Dieppe, le 6° jour de janvier 1570.
Vostre bien obéissant et tres affectionné à vous faire service.
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pe. #:
Sigongnes,
(Galliae Epistolae, t. V, f. 215". Autographe).