‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 49 sur 457 · RER ES · texte numérisé non relu

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conter « qu'elle estoit sous-sacristine lorsque le Bienheureux Ignace de Loyola... vint faire ses vœux à la chapelle des saints martyrs », et qu'elle eut « le bonheur de le voir et de lui donner les clefs! ». La chapelle basse, croyons-nous, réputée la plus vénérable et désignée sous le nom de souterraine par quelques écrivains de la Compagnie ?, fut choisie par nos premiers Pères comme le lieu le plus favorable à la pieuse cérémonie, loin de tout bruit et de tout témoin.

Cet événement considérable de notre histoire mérite que nous citions quelques-uns des témoignages qui nous en ont conservé le touchant souvenir : « Cette même année 153%, écrit Pierre Le Fèvre dans son Mémorial, le jour de Notre-Dame d'août, nous : tous qui avions le même dessein, et qui, maître François Xavier excepté, avions déjà fait les Exercices spirituels, nous nous rendimes à Notre-Dame de Montmartre et là nous fimes vœu de servir Dieu et de partir au jour indiqué pour Jérusalem, laissant pour toujours nos parents et n’emportant que le viatique nécessaire.. A cette première réunion étaient présents Ignace, maître François Xavier, moi Le Fèvre, maître Bobadilla, maitre Lainez, maître Salmeron, maitre Simon Rodriguez. »

A cette brève narration le Père Rodriguez, dans son mémoire au Très Révérend Père Mercurian, ajoute quelques circonstances précieuses à recueillir : « Aucun étranger, dit-il, n'assistait à la cérémonie. Ce fut le P. Le Fèvre qui célébra la messe. Avant de donner la sainte Eucharistie à ses compagnons, il prit l’hostie entre ses doigts et se tourna vers eux. Alors, le cœur fixé en

autogr. de sœur Perrette Rouillard, 28 juillet 1532. Archiv. nat., L., 1031, 1031, n. 54).

1. Récit autogr. d'une religieuse de Montmartre envoyé à Dom Mabillon (Recueils de pièces mss. sur l’histoire de divers monastères bénédictins, intitulés Monasticon Benedictinum, t. XX VIII, f. 210. Bibl. nat., ms. franc. 12,685).

2. Bartoli, Saint Ignace, 1. II, c. ur: « Sotterra.... luogo oscuro e men pratico. » Fluvia S. J. : « En una capilla subterranea. » — Bouhours S. J., 1. II, p. 148. — L'auteur de la Gallia Christiana (t. VIT, p. 618) dit de même. — Les historiens qui parlent ainsi affirment évidemment une tradition remontant sans interruption aux premiers temps de la Compagnie, quand les scolastiques de Paris n'ayant pas encore de chapelle domestique venaient renouveler leurs vœux au Sanclum Martyrium (Témoignage du P. Manare. Acta SS., VII Julii, Z XVIII, n. 177). Il est impossible que ces jeunes religieux n’aient pas connu exactement celle des deux chapelles qui avait été témoin du vœu d’Ignace et de ses premiers coopérateurs. L’eussent-ils ignoré quelque temps, ils l’auraient certainement appris du P, Broet, leur supérieur en 1552, qui lui-même fit le vœu de Montmartre en 1536 avec les compagnons d'Ignace. Nous savons que toujours, dans la suite des temps, les Jésuites de Paris entourèrent d’un culte spécial le Sanctum Marlyrium, et qu’à certaines époques, la prédication leur était réservée dans ce lieu. La tradition n’a donc pas dû se perdre et nous pouvons en croire sur ce point les écrivains du xvrr° siècle { On trouvera à la fin du volume (Appendice A) une notice historique sur la Chapelle des vœux. }

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