‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 50 sur 457 · Memoriale, p · texte numérisé non relu

Memoriale, p

Dieu, agenouillé sur le pavé de la chapelle, chacun, sans quitter sa place, prononça ses vœux d’une voix claire, de manière à être entendu de tous; puis ils communièrent. Retourné du côté de l'autel, le Père prononca, lui aussi, ses vœux d’une voix distincte, puis il se communia. Ces premiers Pères, je n’hésite pas à l’affirmer, en se donnant à Dieu sans réserve, offrirent leur holocauste avec tant de joie, ils renoncèrent si complètement à leur volonté pour mettre tout leur espoir dans la miséricorde divine que, au seul souvenir qui m'en revient, mon âme est encore tout émue, ma dévotion ne cesse de grandir et mon admiration devient Indicible. Que Dieu soit à jamais béni pour toutes les grâces dont il nous combla en ce jour !! »

Après avoir rendu à Dieu de très ferventes actions de grâce, Ignace et ses compagnons, à l’exemple des premiers disciples du Sauveur, voulurent se réjouir dans des agapes fraternelles. Gravissant la colline, ils descendirent le versant opposé pour prendre un frugal repas auprès de la Fontaine Saint-Denys et y passer le reste de la journée dans de fervents entretiens ?. Ils se concertèrent alors sur les moyens de rester unis d'esprit et de cœur. Comme il leur était difficile, dans les circonstances où ils se trouvaient, de vivre ensemble, Ignace leur proposa certaines pratiques de dévotion qui, sans rien enlever du temps destiné à l'étude, contribueraient à les entretenir dans la piété et dans une sorte de vie commune. C'était, outre la méditation quotidienne, la réception des sacrements chaque semaine et aux fêtes solennelles. Ils convinrent aussi de se rassembler tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, à une table modeste, afin de parler de leurs travaux et de ranimer leur charité par des communications toutes fraternelles. Enfin, ils résolurent de renouveler leurs vœux tous les ans jusqu à leur départ pour Venise, le même jour de l’Assomption et dans la mème chapelle. « Le soir, au coucher du soleil, raconte le Père Simon Rodriguez, ils rentrèrent chez eux louant et bénissant Le Seigneur ?. »

Ainsi, en ce 15 août 1534, au cœur de la France, naquit une petite société d'hommes, qui, ce jour-là, unissaient seulement

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