‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 70 sur 457 · Acta P. Ignalii, n. 5. — 4. Ibid., n · texte numérisé non relu

Acta P. Ignalii, n. 5. — 4. Ibid., n

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à des temps réglés et lui ouvrait tout son cœur ! ». Avec Ribadeneira nous regardons comme très probable ? que Dom Chanones lui fit connaitre l’Exercitatorio de la vida espiritual de Dom Garca de Cisneros, premier abbé réformé de Montserrat, mort en 1510, qui avait établi une imprimerie dans son monastère, et y avait publié entre autres cet ouvrage, sorte de compilation d’emprunts faits aux traités ascétiques de Jean Mombaer et de Gérard Lerbolt de Zutphen *. Disons toutefois qu'il n'existe aucune donnée certaine sur la nature et l'étendue des relations d’Ignace avec Dom Chanones. D'ailleurs, malgré les lectures faites à Loyola et les instructions reçues à Montserrat, le futur auteur des Exercices, en arrivant à Manrèse, était encore selon ses propres expressions « sans aucune connaissance des choses intérieures 4 ». Pendant quatre mois, il se livre avec une rigueur excessive aux pratiques extérieures de l'humilité et de la pénitence 5; puis, appelé par Dieu à l’oraison mentale, il suit sans ménagement cet attrait , et au milieu de tentations diaboliques, de crises morales et de luttes intérieures douloureuses, il passe le premier par toutes les étapes de ces grandes considérations qu’il résumera dans les Exercices. En même temps, des visions, des illuminations extraordinaires éclairaient et fécondaient le profond travail de son âme. Il en est une dont l'influence sur lui fut si considérable que, malgré sa réserve habituelle, il l’a décrite avec quelques détails au P. Gonzalvès : « Il allait un jour, pour faire ses dévotions, dans une église distante de Manrèse de plus de mille pas, et dédiée, si je ne me trompe, à saint Paul. Le chemin qui y conduit, serpente le long d’un cours d’eau. Lorsqu'il eut marché. quelque temps, ubimé dans des pensées pieuses, il s’assit les yeux fixés sur le torrent qui mugissait dans Le ravin. Tandis qu'il était assis de la sorte, les yeux de l'esprit lui furent ouverts: non pas qu'il eût quelque vision, mais il recevait l'intelligence des choses spirituelles concernant les mystères de la foi et des Écritures. Cette lumière lui fut accordée avec une telle clarté, qu'à

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