Watrigant, Etudes, t. LXXIII, p
8. Il suffit de rapprocher le n° 2 du questionnaire des règles J et XIII d’orthodoxie ; les n° 2-5 des R. I et IX; le n° 7 des R, II à X; le n° 6 de la R. XI.
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de la Faculté à François L°' est du 30 août 1535. L'auteur des Exercices avait quitté Paris à la fin de mars de la même année; mais il était resté en correspondance avec ses premiers compagnons, qui le rejoignirent à Venise en janvier 1537, et purent lui communiquer le formulaire des docteurs de Paris. Peu importe d’ailleurs, car cette pièce ne faisait qu'exprimer les sentiments des docteurs de la Faculté de théologie sur les erreurs luthériennes, ‘ sentiments que saint Ignace connaissait déjà, et par les lecons de ses maîtres et par ses relations avec eux. Il est donc très légitime de rapporter à cette époque la composition ou l'achèvement des règles d'orthodoxte!.
Nous pouvons conclure que, dans l’ensemble, le perfectionnement d’allure scientifique, introduit dans la rédaction de Manrèse, fut surtout le résultat et le fruit du séjour et des travaux d’Ignace de Loyola à l'Université de Paris. Bartoli nous parait confirmer cette opinion, quand il dit que le saint « après avoir formé dans sa solitude de Manrèse l’ossature de son petit livre... continua, durant les vingt-cinq années qui s’écoulèrent depuis ce temps jusqu'en 1548, à v ajouter toujours, d’après son expérience du gouvernement des âmes, de nouvelles règles et additions (comme il les appelle) et, en théologien qu'il était devenu, divers textes des conciles et des Pères? ».
9. Le livre d'Ignace fit tellement de bien aux âmes, dès qu'il fut mis en usage, qu'il déchaina contre lui la rage jalouse du démon. Par ses ruses « l'ennemi du genre humain » s’efforca de le détruire; mais il ne parvint qu'à le faire connaître davantage, et ensuite à le rendre intangible par l'approbation authentique du Souverain Pontife.
Déjà examinés et approuvés en 1527 par les juges de l’Inquisition à Alcala puis à Salamanque, les Exercices spirituels, nous l’avons dit?, furent de nouveau déférés aux tribunaux de Paris en 1535. Nous avons raconté comment l’Inquisiteur de la foi, Valentin Liévin, vit le livre ineriminé, le jugea un guide de sainteté et en demanda une copie à l’auteur dont il se fit le disciple. Dix ans plus tard, à Coïmbre, les mêmes accusations se
1. Nous ne disons pas que les règles d’orthodoxie auraient été inspirées par la formule méme de la Faculté, mais par tout ce que saint Ignace vit et apprit à Paris à cette époque. Ce n’est pas auparavant, en Espagne, qu'il a pu se rendre compte des tendances protestantes. (Voir Watrigant, /. c.)
2. « E come theologo, varii testi di concilii et di Padri (Della vita e dell Instituto di S. Ignazio, Rome, 1650, p. 77). — 3. Voir chap. 11.
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renouvelèrent. Les mortifications, que les Pères de cette ville pratiquaient publiquement dans les rues, parurent extravagantes à des esprits étroits et prévenus : le bruit se répandit que certains Exercices spirituels, dans la solitude et Les ténèbres, avaient troublé les têtes de ces pauvres Pères par des visions étranges et des fantômes horribles. Ces propos parvinrent aux oreilles du cardinal Henri, plus tard roi de Portugal et alors grand Inquisiteur. Voulant savoir la vérité, il chargea le Père Diégo Murcia, recteur de l'Université de Coïmbre, de faire une enquête sérieuse. Le P. Murcia fit comparaître et interrogea tous les jésuites les uns après les autres. Quand ce fut le tour de Rodrigue Meneses, jeune homme de grande naissance et de grande vertu, il ne fut pas peu surpris de lui entendre dire que la chose était très véritable : on avait dans les Exercices des visions étranges et terribles ; lui-même en avait eu une si hideuse que, saisi d'épouvante, 1l aurait voulu s’ensevelir sous terre : « Oui, dit-il en s’animant, je me suis vu moi-même dans les Exercices, ce que je n'avais jamais fait Jusquelà ; point de vision plus monstrueuse ; rien de plus laid et repoussant ne pouvait s'offrir à mes yeux. » Le P. Murcia comprit, à cette réponse, de quelles sortes de visions l'on pouvait être assailli pendant les méditations. Il la rapporta au cardinal en lui rendant compte de son enquête, dont le résultat fut de changer entièrement l'opinion. Les Exercices, accusés d’abord de sorcellerie, furent reconnus comme l’art abrégé de faire des saints. On les accueillit mème à la cour, où ils furent suivis par l’infant Don Luis, par la Reine et enfin par le cardinal Henri, dans le temps qu'il était déjà roi de Portugal!.
En 1548, pour mettre un terme aux accusations lancées par l'ignorance ou la malignité, François de Borgia, alors due de Gandie mais déjà profes de la Compagnie de Jésus?, résolut de soumettre les Erercices à l'approbation du Saint-Siège. L'examen du livre fut confié par le pape à trois réviseurs : le cardinal Jean Alvarez de Tolède, évèque de Burgos, religieux de l’ordre de Saint-Dominique et Inquisiteur ; Philippe Archinti, évèque de Saluces et vicaire de Rome; et le P. Gilles Foscarari, maitre du Sacré Palais®.On leur présenta deux traductions latines approuvées par saint Ignace : l’une, versio antiqua, donnant presque le mot à mot de l’autographe; l'autre, œuvre du P. André Fru-
1. Orlandini, Hist. Soc., P. I, 1. V, n. 54. Bartoli, S. Zgnace, 1. I; ch. vir. >, Depuis le 1°" février 1548.