‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 83 sur 457 · Quaecumque Sacrarum (Instit., 1. T, p · texte numérisé non relu

Quaecumque Sacrarum (Instit., 1. T, p

4, Exam. gen., c. 1, n. 6. — 5. P. VI, C. m1, n. 15,

lui sembleront les plus propres à son avancement spirituel, et celles que les supérieurs pourront lui imposer pour la même fin!. » Avec cette disposition, aucune violence n’est faite à la liberté de ceux qui pourront faire davantage, ni aux forces de ceux qui ne pourraient aller sans inconvénient jusqu’au point fixé; la Compagnie peut admettre des sujets de santé médiocre et cependant très aptes à tous ses ministères, sans voir sa ferveur affaiblie par l'usage des dispenses. D'ailleurs, autre chose est de n'avoir point du tout de pénitences, autre chose de n’en avoir point de communes. Ignace, après l'expérience de tant d'années, savait trop combien elles sont précieuses et profitables, pour laisser de côté un des moyens les plus efficaces de la perfection personnelle et de l'influence apostolique; il les a donc de fait établies, mais, tandis que dans les autres Ordres elles sont fixées communément à tous par la règle, il a voulu que dans la Compagnie elles fussent fixées à chacun par le supérieur.

Les vœux simples des scolastiques furent l’objet de nombreuses attaques, surtout en France. Suarez a victorieusement répondu à toutes les objections. La Compagnie (on ne saurait trop le redire). est un Ordre de clercs et de prêtres. Or c’est un usage ancien dans l'Église, et recommandé par plusieurs conciles, d’avoir dans chaque diocèse des maisons pour former à la vertu, aux lettres et à la science la jeunesse destinée à la cléricature et au sacerdoce ?. Mais pourquoi, dira-t-on, la Compagnie veut-elle que ses scolastiques lui soient attachés par des vœux? — C'était convenable et moralement nécessaire, répond Suarez, et pour le bien des membres et pour la conservation de tout le corps : pour les membres, car différer leur consécration à Dieu, jusqu'à la fin de leurs études, était les priver trop longtemps de beaucoup de grâces et avantages spirituels, et par suite les exposer au danger d'inconstance ; pour la Compagnie, car si les étudiants n'étaient pas liés par l'obligation de rester dans son sein, elle s’exposerait à perdre, par leur sortie après leur formation, le fruit de sa sollicitude et de ses peines”.

D'ailleurs les jeunes gens qui ont la vocation religieuse, n'accepteraient pas de reculer si loin l’accomplissement de leurs désirs. Sans la pauvreté, ni la chasteté, ni l’obéissance, leur direction et leur éducation spirituelle deviendraient fort difficiles ; puis leur participation à la vie commune des autres reli-

1 Er gen: CL, nr 6:

9. Suarez, De religione S. J., 1. WI, €. 1, n.3.— 3. 1bid., n. 4.

gieux aurait queique chose d'anormal et de pénible, s'ils ne leur étaient pas unis en même temps par les liens substantiels de la religion!.

Très bien, objecte-t-on, mais pourquoi l'obligation n'est-elle pas mutuelle? — Tout d’abord, il y a de la part de la Compagnie aussi une réelle obligation, toute relative et conditionnelle qu’elle soit. Le scolastique, il est vrai, ne sera admis à l'incorporation définitive que si le P. Général l’en juge digne?; mais la Compagnie ne peut licitement le renvoyer sans un motif grave et légitime. En outre, cette différence dans l'obligation des deux parties contractantes n’est pas contre la justice : scienti et volenti nulla fit injuria; elle n’est pas non plus contre la charité, puisqu'elle tend au bien de l'individu et de la société tout entière.

On a objecté encore que nos scolastiques n'étaient pas religieux. C’est une erreur, car le scolastique se donne totalement et perpétuellement à Dieu, par les trois vœux substantiels, dans une religion approuvée et suivant la forme autorisée par l'Église : il a donc tout ce qui constitue essentiellement l’état religieux. Il appartient si bien à la Compagnie, que celle-ci acquiert sur lui des droits qu’elle ne peut avoir que sur ses membres. Les Souverains Pontifes n’ont jamais fait à cette constitution la moindre difficulté, et Grégoire XIII, par deux Bulles, a tranché définitivement la question. Il la traite à fond dans la Bulle Ascendente Domino et conclut ainsi : « Nous déclarons que les scolastiques et autres qui, après le noviciat, émettent les trois vœux substantiels quoique simples, sont vraiment et proprement religieux, doivent être regardés comme tels par tous et toujours, absolument comme les profès? de cette Société et des autres Ordres, doivent obéir à leurs supérieurs en toutes choses et dépendre immédiatement du Saint-Siège..; enfin qu'ils sont participants à tous les privilèges de la Compagnie, et passibles de l’excommunication majeure et autres peines réservées aux apostats, s'ils viennent d'eux-mêmes à l’abandonner. »

Nous signalerons en dernier lieu, parmi les constitutions de la Compagnie de Jésus qui furent particulièrement critiquées, celle qui regarde son mode de gouvernement. La suppression du sys-

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