‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 96 sur 457 · Chronicon, I, p · texte numérisé non relu

Chronicon, I, p

2. Antoine Sanguin, évêque d'Orléans, fils du seigneur de Meudon (Gallia C'hrisliana, VII, p. 1483).

3. La lettre du roi en réponse à la requête des cardinaux est citée par Du Boulay, Hist. univers. Paris., VI, 379. — 4. Epist. mixt., I, 101. Chronicon, I, 102.

| Une distance d’environ quarante lieues les séparait de la fron- | tière de Flandre. Les hostilités étant ouvertes, le pays était sillonné de troupes qui, sous Les ordres du duc d'Orléans, se rendaient sur le théâtre de la guerre aux confins du royaume. Des bandes de pillards parcouraient les campagnes où ils exerçaient impunément leur coupable industrie. Au milieu de dangers de toutes sortes, nos pauvres voyageurs qui craignaient de voir expirer, avant leur À sortie de France, Le délai fixé par l’édit royal, ne prenaient pas même le temps de se reposer dans Les hôpitaux ou dans quelqüe monastère. Ils se contentaient d'acheter quelques morceaux de pain, qu'ils mangeaient à la hâte sans s'arrêter : « Quoique réduits à faire ce voyage à pied, dit Ribadeneira, et malgré le jeûne que nous voulûmes observer à cause de la vigile de notre apôtre saint Jacques, nous arrivâmes à la frontière le 26, jour de la fête de sainte Anne, après avoir franchi un espace de plus de trente-huit lieues; car l’édit du roi, aussi pressant que rigoureux, nous menaçait de la peine de mort, si la fin du dernier jour de délai ne | , nous trouvait pas hors des limites du royaume. Nous n’en fûmes même pas quittes pour la peur, car nous essuyâmes toutes sortes de tracasseries de la part du gouverneur d'Amiens, qui faisait mine de vouloir nous arrêter et meltre en prison, et d’un autre officier qui prétendait nous obliger à prendre un autre chemin. Mais le Seigneur nous donna tant de force et de courage, que nous pümes marcher avec une vitesse qui nous permit de surmonter tous ces désagréments, et bien d’autres, et d'arriver enfin à la frontière des Pays-Bas !. »

Parvenus le 27 à Arras, les voyageurs trouvèrent la vieille capitale de l’Artois, ainsi que tout le pays environnant, dans une grande perturbation causée par le voisinage de l’ennemi. Cette ville ne pouvait offrir à des étrangers un séjour tranquille et sûr. Ils prirent alors le chemin de Bruxelles. De là ils devaient se rendre à Louvain pour y continuer leurs études; mais l’armée du duc de Clèves, alliée de la France, menaçait la ville, et des bandes de soldats indisciplinés ravageaient tout le Brabant. Force fut donc d’attendre quelque temps. « Les ennemis ayant cessé de battre et de piller les environs de Louvain, raconte Pierre Ribadeneira, nous nous y rendimes le 5 du mois d’août, et nous trouvâmes les écoliers et les religieux encore formés en escouades pour la garde de la cité. Enfin l’ordre suc-

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