‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 97 sur 457 · Soliloquio y confesiones · texte numérisé non relu

Soliloquio y confesiones

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céda aux troubles et aux alarmes, et nous püûmes nous établir auprès du couvent des religieux de Saint-François, dans une maison louée par le P. Domenech, notre supérieur... Nous formâmes ainsi en Belgique la première communauté de la Compagnie, qui plus tard en eut dans ce pays de si florissantes!. » L'Université de Louvain, depuis longtemps célèbre par ses Facultés de droit et de théologie, possédait à cette époque, dans son collège des Trois Langues, ouvert en 1518 par Jérôme de Busleiden, une des meilleures écoles littéraires de l’Europe. Cette réputation justement méritée, tout autant que la proximité de la frontière, avait engagé le P. Domenech à conduire là ses jeunes religieux.

7. Cependant, les huit étudiants restés au Collège des Lombards, sous la direction du Père Paul d'Achille, regrettaient vivement l’absence de leurs frères et se demandaient avec inquiétude s'ils trouveraient une sécurité suffisante sur la terre d’exil. Par d’actives démarches auprès de puissants protecteurs, ils obtinrent pour eux un sauf-conduit, qui faciliterait leur retour en France. Personne ne put en profiter, mais Le P. Domenech appelé à Rome par le P. Général lui communiqua la bonne nouvelle. Ravi des sentiments qui avaient inspiré la conduite des étudiants de Paris, Ignace leur en témoigna sa satisfaction. Il leur apprit en même temps que plusieurs de leurs frères de Louvain étaient déjà destinés au nouveau collège de Coïmbre. Afin d’éprouver leur obéissance, il leur demanda s'ils étaient prêts à se rendre soit à Rome, soit en Portugal, soit ailleurs, ou à continuer leurs études dans l’Université de Paris. Tous répondirent avec joie qu'ils iraient n'importe où, même aux Indes, à pied et en mendiant pour l’amour du Seigneur?. Aucun départ n’eut lieu en ce moment, et les vides produits dans la petite communauté par l’émigration furent bien vite comblés. Elle s’accrut de cinq nouveaux membres, parmi lesquels un maître ès arts, régent de l'Université ?.

IL nous reste peu de lettres d’Ignace aux étudiants de Paris; nous savons cependant quel intérêt il prenait à leurs travaux, donnant lui-même à chacun la direction appropriée à ses besoins, comme on le voit par une réponse adressée au P. Viola. Celui-ci, paraît-il, n'avait pas trouvé dans le cours qu'il suivait tout le profit attendu, et il avait écrit à son Père Général : « J'ai bien

1. Soliloquio y confesiones. Epist. Mixt., I, 100. Manare, De rebus Soc. Jesu, p. 1 2, Chronicon, 1, 117-118. — 3. Mon. Ign., s. 1, t. 1, p. 252.

du regret d'avoir perdu mon temps, pendant huit mois, en écoutant les lecons de mon maître. Daignez me dire, je vous prie, si je dois en changer ou me résigner à perdre mon temps. Si vous eroyez que les choses doivent demeurer ce qu’elles sont, je continuerai comme j'ai commencé, pour vous obéir, car j'aimerais mieux mourir que de ne pas me soumettre à l’obéissance. » La réponse d’Ignace est pleine de sagesse et de fermeté : «Je me souviens très bien, lui dit-il, de la ligne de conduite que je vous avais tracée. Je vous avais conseillé de vous remettre à l'étude du latin pendant quatre ou cinq mois, et d’en consacrer deux ou trois autres aux principes de la logique; après quoi, vous vous seriez trouvé en mesure de suivre un cours régulier l’année suivante. Entrer dans un nouveau cours, deux mois après qu'il est commencé, ne serait-ce pas faire votre volonté plutôt que la mienne? Jugez vous-même à qui vous devez attribuer votre perte de temps!. »

Tout en faisant du progrès dans la science le but principal de leurs efforts, les jeunes religieux du collège des Lombards n’oublient point leur devoir d’apôtres, par le bon exemple toujours, et même par l’action directe, quand ils le peuvent. Grâce à eux, beaucoup d’écoliers contractent l'habitude de s'approcher souvent des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Leur supérieur surtout, le P. Paul d'Achille, se livre avec ardeur aux fonctions du saint ministère. Plusieurs conversions, rapportées par le P. Polanco et le P. Orlandini, sont la récompense de son zèle apostolique : c’est un religieux augustin, bachelier de théologie et prédicateur distingué, mais dont la piété n’était point à la hauteur du talent, qui gagné par ses aimables conseils retrouve dans les

Exercices spirituels la ferveur de son saint état; — c'est un noble Savoisien, pourvu de riches bénéfices, qui les abandonne et embrasse la pauvreté dans la Compagnie de Jésus; — c’est un jeune

prêtre français qui, formant le même dessein et arrêté par sa famille, brise courageusement ses liens. Ce dernier pour répondre à l'appel de Dieu, eut recours à un ingénieux expédient. Profitant du passage à Paris du cardinal Marco Marini, patriarche d’Aquilée, envoyé par Paul III comme nonce en Écosse, il se fit admettre dans sa suite; il espérait retourner avec lui à Rome où il irait alors s'offrir au Père Ignace. Polanco, qui raconte ce fait, ne nous dit pas si le jeune prêtre parvint au but de ses désirs,

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