‹ Histoire de la confédération suisse (volume 2)Chapitre 44 sur 72 · GRISONS. 33D · texte numérisé non relu

GRISONS. 33D

lail (der Schwarze Bund), fut détruite, et l'un de ses principaux fauteurs, Henri de RdBzuns, condamné à mort par le peuple de la ligue Grise réuni en tribunal (Strafgerichi), n'échappa au glaive du bourreau que par la présence d esprit de son valet Cappol. Celui-ci feignit que son maître, avant de mourir, demandait comme dernière grâce de régaler encore une fois le peuple. On y consent. La table du festin est dressée, on boit, on rit; tout à coup le valet fidèle se jette aux genoux des convives et obtient la vie de son maître, qui vient lui-même ensuite remercier l'assemblée (1450). La guerre de Schams (c'est ainsi qu'on nomme encore la prise d'armes qui eut lieu en cette circonstance), ruina les comtes de Werdenberg, dont les trois châteaux furent pris et rasés par le peuple.

On rapporte que pour mettre à couvert leur liberté de toute nouvelle tentative dans le genre de celle du Schwarzebund, les deux ligues des Dix-Juridictions et de la Maison-Dieu, assemblées k Vazerol, petit village* au centre du pays, s'unirent en une confédération unique et perpétuelle (1471), aux conditions suivantes : < Chaque ligue a son organisation et son gouvernement propres ; chaque année, cependant, a lieu une diète générale des députés des trois ligues , cette diète se tiendra trois fois à Ilanz, chef-lieu de la ligue Grise; une fois k Coire, €hef-lieu de la Maison-Dieu, et une fois k Davos, chef-lieu des Dix- Droitures. Les députés n'ont que le droit de proposition et d'initiative ; le pouvoir législatif est réservé aux communes, seules souveraines. En cas de conflit entre deux ligues, la troisième nomme un tribunal neutre. Ce que deux ligues décident est obligatoire pour la troisième. » — Telle était ou fut du moins plus tard l'organisation politique des Grisons. Chaque commune avait ses lois et son chef; plusieurs communes réunies étaient gouvernées par un landamman et avaient leur haute et basse juridiction ; plusieurs hautes juridictions formaient une ligue ; les trois ligues formaient la république grisonne, dont le peuple élisait et installait lui-même ses magistrats. Mais ce qui valait mieux encore que ces institutions politiques, c'était l'extrême simplicité de mœurs, le genre de vie économe et tempérant des montagnards grisons. On montrait naguère encore k Tavanos la source où, selon la tradition, les fondateurs de l'union des ligues s'arrêtèrent pour prendre en commun un frugal repas, et le poteau où, avant de prêter serment, ils suspendirent les sacs qui contenaient leurs provisions. L'extinction successive de trois dynasties puissantes, celles des Raezuns (1459), des Sax (1483) et des Werdenberg (1507) favorisa beaucoup les progrès de la liberté dans les Grisons.

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