‹ Histoire de la confédération suisse (volume 2)Chapitre 5 sur 72 · DlTlkOf première émigration des HelTètes · texte numérisé non relu

DlTlkOf première émigration des HelTètes

(107 ans av. J-€.)*

Les Helvètes paraissent, comme nous l'avons dit plus haut, pour la première fois sur la scène de l'histoire à l'époque de la grande invasion îles Cimbres et des Teutons en Gaule et en ItaHe,de 112 à 109 av. J.-C. Les Cimbres ou Kimris étaient originaires de la Scandinavie, région

^ On a prétenda que le celtique n'avait guère laissé que vingt noms dans la langue fi-ançaise. Mais on en trouve déjà plus de vingt dans les auteurs de la basse latinité. « C'est dans le bas latin et dans les divers patois de la France, » dit M. Adolphe Pictet (dans la lettre citée plus haut), « que l'on trouverait des restes plus « nombreux du celtique. C'est là un travail qui est encore à faire. »

Le nom des Alpes (àlb), du Jura, celui du Rhône, doivent être d'origine celtique. Aîb signifie blanc, en celtique (Albion, Albis). La finale dur désignait un cours d'eau, penttj une cime ou tête, dun, un lieu fortifié et non une simple éniinence, selon M. Ad. Pictet, de Genève, le célèbre linguiste.

' Brandons ou Tzafeirus dans le langage populaire de Fribourg et de Vaud.

couverte de glaças pendant une grande partie de Tannée. Contraints de quitter leur pays à la suite d'une inondation ou d'une famine, ils émigrèrent au nombre de 300,000, anéantirent une armée romaine dans le Norique S et s'avancèrent en armes jusqu'aux bords du Rhin.

Avides de butin et d'aventures, une foule de jeunes Helvètes coururent grossir les hordes des Teutons et des Cimbres. Le géographe grec Strabon désigne en particuHer les tribus des Tigorins et des Toygènes. Les Tigorins avaient pour chef Diviko, jeune guerrier plein de force et d'audace. S'étant séparés de leurs alliés, selon le récit de Tite-Live, les Tigorins livrèrent aux Romains une grande bataille et en firent un horrible carnage (107 av. J.-C). Parmi les morts se trouvaient le consul Cassius et son lieutenant Pison, l'aïeul du beau-père de César. L'armée vaincue dut livrer des otages et passer sous le joug, coutume humiliante et barbare en usage aussi chez les Romains. Elle consistait à faire passer les vaincus désarmés et nus sous un gibet formé de lances ou de poutres transversales*.

Après cette ovation, Diviko l'ejoignit les Cimbres occupés à piller les Gaules. Ils se jetèrent ensuite sur Tltalie. Trois armées romaines furent anéanties. Rome trembla devant ces nouveaux barbares. Mais la fortune abandonna enfin les Cimbres et les Teutons. Le fameux consul Marins les tailla en pièces dans deux batailles sanglantes (102 av. J.-C).

Une partie des Helvètes périrent, à ce qu'il paraît, avec les Cimbres et les Teutons. Mais les Tigorins, chargés de défendre les défilés des Alpes noriques, échappèrent au massacre de leurs frères et reprirent sains et saufs sous Diviko le chemin de leur patrie.

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