‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 58 sur 77 · INVASION EN FRANGE · texte numérisé non relu

INVASION EN FRANGE

ser et Antoine Wyder du Gessenay, eurent également la tête tranchée. La médiation des Confédérés empêcha la révolte de s'étendre (jain-jaillet). Mais les masses irritées ne rentrèrent dans le devoir que lorsque les gouvernants eurent pris l'engagement de renoncer aux pensions particulières, de partager avec les communes l'argent des alliances et de maintenir les anciennes franchises.

L'esprit moqueur qui respire dans les chroniques populaires, et trouve à rire dans les plus graves événements, a baptisé cette émeute sanglante du nom de guerre des oignons (Zwiebeln-Krieg), parce que les campagnards ameutés autour de Lucerne, au nombre de 7000, s'amusèrent à dévaster les jardins et à manger les oignons des bourgeois de la capitale'.

Mais la haine contre la France n'était pas assouvie. Un plan d'invasion de ce royaume par l'empereur, l'Angleterre, l' Aragon et les Suisses réunis fut accueilli avec transporta la diète deZurich (^«^août)*. Et pendant que les Anglais débarquaient k Calais et que les Aragonais envahissaient la Navarre, 16,000 Suisses joints à 14,000 impériaux marchèrent sur Dijon, les Suisses portant sur leurs habits des croix blanches avec des clefs de la même couleur pour les distinguer des Français qui portaient également des croix blanches. Le Vallais et Rothwyl, l'alliée lointaine des Suisses, qui était restée neutre dans la guerre de Souabe, avaient fourni leurs contingents k cette expédition. Mais arrivés devant Dijon, Jacques de Wattenwyl, avoyer de Berne, Schwarzmourer de Zoug et d'autres chefs suisses se laissèrent corrompre par La Trémoille, qui commandait pour le roi. Ils se retirèrent sur la promesse de 400,000 écus et de l'abandon aux Confédérés des châteaux-forts de Milan, Crémone, Asti, que leur fit ce général et en garantie de laquelle il livra quatre otages (13 septembre). Le négociateur de la paix de Dijon, La Trémoille, abusait de la bonne foi des Suisses. De ces quatre otages, un seul avait quelque fortune et paya 40,000 écus pour sa rançon, au lieu des 400,000 qu'on attendait.

La mystification de Dijon irrita tellement l'armée et le peuple qu'on ne put les apaiser qu'en mettant sous les verrous quelques partisans de la France. Les ambassadeurs de Louis XII furent également jetés en prison. Les citoyens bernois se virent insultés dans les cantons où ils

* Dans l'histoire de Zurich, une sédition da même genre, qui éclata après Marignan (lécembre 1515), porte le nom de giterre des gâteaux ou des rayons de miel^ parce que les paysans des rives du lac prirent de préférence ces deux comestibles dans l'étalage des marchands, sans se piquer de les payer avec exactitude. Bluntschli, GescfUchte der Bepublik Zurich^ II 229.

' Segesser, eidg. Abschiede de 1500 à 1520, 730.

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