‹ Histoire de la confédération suisse (volume 4)Chapitre 22 sur 75 · LA MAISON DE HOHENSTAUFEN · texte numérisé non relu

LA MAISON DE HOHENSTAUFEN

(db 1138 A 1268)

1* RéslBtanee des Scliwysols. — Arnold de Brescla. lie» Gibelins de la Hante-Allemagne.

Conrad III, le premier des six Hohenstaufen qui occupèrent le trône impérial, fut élu à Coblence par les grands assemblés (1138). Henri le Lion, duc de Bavière, chef de la maison rivale des Guelfes, voulut faire de l'opposition et trouva de Tappui chez le duc Conrad de Zœringen. Mais Frédéric, neveu de Conrad III, et qui lui succéda comme empereur, s'empara de la ville de Zurich, place forte de la domination zaeringienne, et força son adversaire à un accommodement (1138). Conrad III en personne fit ensuite le siège de Weinsperg en Wurtemberg dont les murs retentirent pour la première fois des cris de guerre : ici Guelfes, ici Gibelins, qui servirent de ralliement au parti du pape et de l'empereur, lorsque recommença la lutte entre le saint-siège et le saint empire. Le siège de Weinsperg fit éclater la bravoure du comte Werner de Lenzbourg, fils de Rodolphe, l'avoué de Schwyz, auquel ses exploits en ItaUe valurent le marquisat d'Ancône en Romagne. Lorsque l'empereur Conrad entreprit sept années après la seconde croisade, Werner n'était plus. Mais le monarque trouva de fidèles compagnons d'armes dans l'évêque de Bâie, Ortlieb de Frobourg et le comte Ulric II de Neuchâtel, qui revinrent comme lui sains et saufs de cette expédition malheureuse.

En 1144, l'empereur Conrad III étant en séjour à Bâle, l'abbé prince, Rodolphe d'Einsiedeln, que protégeait l'impératrice Gertrude, évoqua au tribunal de ce prince la querelle toujours pendante de ce monastère avec les montagnards de Schwyz que continuaient à soutenir les comtes de Lenzbourg. L'empereur, les parties ouïes, confirma purement et simplement la sentence rendue trente ans

il6 LES HOHENSÏAUFEN.

auparavant par son prédécesseur Henri V. Mais, comme dit un historien, la difficulté à cette époque « était de faire exécuter une sentence après l'avoir obtenue'. » Même après cette seconde condamnation, les hommes de Schwyz persistèrent à méconnaître le droit de Tabbaye. Mis au ban, ils n'en continuèrent pas moins à communiquer avec leurs voisins et à vendre leurs produits sur les marchés de Lucerne et de Zurich. L'abbé d'Ensiedeln eut recours aux armes spirituelles. L'évêque de Constance, au diocèse duquel appartenaient les Schwyzois et les deux vallées voisines, fulmina l'analhème.

C'était une chose terrible pour un peuple que de voir cesser toutes les cérémonies religieuses, et les mourants même n'obtenir parfois qu'en secret, et à grand'peine, l'administration des sacrements. Les Schwyzois néanmoins ne parurent pas s'en alarmer beaucoup. Ils comptaient, paraît-il, sur le grand crédit dont jouissait à la cour leur avoué, Ulric de Lenzbourg, fils d'un des comtes qui avaient soutenu leur cause en 1114. Leur confiance ne fut pas trompée. Profitant de l'avènement au trftne du nouvel empereur Frédéric P^ Lenzbourg fil si bien que ce prince interposa ses bons offices et persuada à l'évêque de Constance de lever l'excommunication (H52).

Une circonstance importante à noter dans le procès des hommes de Schwyz avec l'abbaye d'Ensiedeln, c'est que ces derniers figurent à côté des comtes de Lenzbourg comme parties et en qualité d'associés à ces seigneurs et non de subordonnés ou de sujets. Au reste, la lutte des hommes de Schwyz avec l'abbaye d'EinsiedeIn recommence au siècle suivant où les troupes du comte de Rapperschwyl, avoué du cloître, livrèrent aux flammes les habitations construites par les Schwyzois sur le terrain en litige.

L'esprit d'indépendance commençait à s'étendre aux choses religieuses. Le séjour à Zurich d'Arnold de Brescia, fameux moine et réformateur italien, contribue à répandre cet esprit. Disciple hardi du libre-penseur français Abélard, Arnold combattait le célibat forcé et soutenait que le clergé ne devait posséder aucun bien, aucun pouvoir temporel. Chassé de l'Italie, il se réfugia à Zurich sous le nom, dit-on, de Leemann et y fit des prosélytes dans tout le pays (H39). Saint-Bernard, qui avait déjà fait condamner Abélard en France, dénonça en vain Arnold à l'évêque de Constance comme un homme dangereux qui distillait dans un vase de miel le venin de l'hérésie. Le novateur continua sa propagande. Au bout de six ans, jugeant le moment opportun, il

^ Schmidt, Histoire des Allemands^ traduite par Laveaux. Reims, 1784, lY, 128.

passe les Alpes, suivi de 2000 hommes *, avec Taide desquels il prive le pape de son pouvoir temporel et fonde sur les bords du Tibre une république qui fut de peu de durée; car les Romains, effrayés par Tinterdit, livrent le malheureux Arnold à Tempereur Frédéric P^ qui le laisse brûler comme hérésiarque par le préfet de Rome (18 juin i 1 55).

Les historiens ne disent point ce que devinrent les montagnards des Alpes qui avaient suivi Arnold dans sson expédition périlleuse. Mais les doctrines du réformateur ne se perdirent point sur les rives de la Limmat, où Tabbesse souveraine du Fraumûnster se vit, petit à petit, dépouillée de ses droits régaliens au profit de la bourgeoisie*.

Frédéric ^^ qui avait laissé périr Arnold de Brescia et qui, peu d'années après, donnait les mains à rétablissement deTInquisition par le pape Lucius au synode de Vérone, ne tarda pas à se brouiller avec le saint-siége et les villes lombardes. Il remporta d'abord plusieurs victoires, détruisit Milan, chef-lieu de la ligue lombarde et fit nommer un antipape ; mais il fut vaincu à Legnano (1 176) et obligé de baiser la mule du pape Alexandre III à Venise (1177).

Les Gibelins de la Haute-Allemagne avaient vaillamment combattu pour leur chef. Ulric de Lenzbourg avait conduit quelques cents hommes à Frédéric et pris part au siège de Milan avec Tévêque de Bdle, Ortlieb de Frobourg. Le successeur de ce prélat (]ui était de la même famille était aussi un ardent Gibelin. Il fut déposé par le pape Alexandre III pour avoir coopéré à l'élection de Tantipape Pascal (H 79). La ville de Bâie persistant à considérer Louis de Frobourg comme son prélat légitime, encourut un interdit de dix ans. Mais l'excommunication pesa peu à celte ville, parce que le clergé, fort de l'appui de Frédéric et de son antipape, continua, comme par le passé, ses fonctions sacerdotales.

L'interdit atteignit également la ville gibeline de Lucerne (1 168) ; et comme les chanoines refusaient de laisser inhumer les morts dans leur cimetière, on se hâta d'en construire un avec une chapelle hors de l'enceinte du terrain qui appartenait au chapitre'. • Le Vallais avait aussi ses Gibelins et ses Guelfes. Les premiers

* Arnoldus alpinorum turbam ad se traxit et Romam ciim raultitudine venit. Fasii Corheknses. Voir sur Arnold de Bresse, Othon de Friesingue, De gestis Fridericil. — Guadagnini, Vita di Arnuldo. Pavia, 1790.

' Les droits de foire, de monnaie, de péages, l'élection du conseil, etc. Bluntsclili, Ceschiehie der Republik Zurich^ I, 73.

' Casimir Pfyffer, Gesclvchte von Luzern^ I, 22.

118 LES UOHENSTAUFEiN.

avaient pour chef Tévêque Louis de Sion; les Guelfes, Fabbé Rodolphe de St-Maurice, partisan dévoué du pape Alexandre.

2. lies Zferlngen, duos, reeteurs en Allemannle» en Bonri^oinie^

et fondateurs de Tilles*

Berthold IV, neveu de Berthold III et fils de Conrad de ZaBringen, appartenait au parti guelfe par tradition de famille. Mais en sa qualité d'avoué de Zurich et de recteur de Bourgogne (titres que lui donnent les actes officiels depuis H57), il crut devoir suivre l'empereur Frédéric I^"^ dans sa campagne contre Milan et lui amena d'excellents tireurs de la Haute-Allemagne, commandés par les comtes de Lenzbourg et de Habsbourg (H62). L'empereur lui sut peu de gré de ce dévouement de circonstance. S'étant fait couronner roi des Deux Bourgognes à Besançon et à Arles, il disposa sans façon de la Bourgogne cisjurane en faveur de ses propres fils, laissant pour la forme, en échange, à Berthold IV, Tavouerie de Sion, Lausanne» Genève. Mais les évêques de ces trois villes, accoutumés à ne relever que de l'empereur, résistèrent avec énergie. Le conxte du (îenevois, d'antre part, soutenait le duc. Mais le pape Alexandre III vint en aide aux prélats avec une menace d'analhème, et Ardutius de Faucigny, évêque de Genève, obtint de Frédéric l^^ lui-même non la Bulle d'or qui est une pièce apocryphe, mais une charte qui lui restituait tous les droits régaliens qu'il lui avait déjà reconnus par charte de l'an 1154 où il le traitait de Prince de T Empire (il 62) \ La clef de Saint-Pierre devint le symbole héraldique de cette indépendance, en opposition au lion ou à l'aigle des Zaeringen *.

L'évêque et les dizains du Vallais n'avaient pas les mêmes moyens (le résistance légale que les prélats. Ils prirent les armes et soutinrent trois guerres acharnées et meurtrières (1160, 1182, 1185).

Parmi les nobles du pays de Vaud, la répulsion n'était pas moins grande. Sauf le comte de Neuchrltel et un petit nombre de gentilshommes qiii préféraient la domination des Zaeringen à celle des comtes de Bourgogne, toute la noblesse romande faisait des vœux contre Berthold IV et cherchait à se soustraire à sa domination. Berthold V,

» Régeste genevois, 93, 102, 103.

* L^ aigle parait avoir été l'emblème patrimonial des Zaeringen, le lion celui de ces princes comme recteurs de la Bourgogne. Un sceau provenant du cloître d'Hauterive porte un lion tourné à sénestre. Voir Pexccllente Wirtembertfische GeschicJite de Stalin.

lîls et successeur du précédent, eut encore plus de peine à se faire obéir. Le croyant en Palestine, a la suite de Frédéric ^^ les seigneurs vaudois, en tête le comte du Genevois et Tévêque Roger de Lausanne, se préparaient à envahir rUechlland lorsque Berthold V accourt, fond sur eux et les défait entre Avenches et Morat (H90).

Le Vallais, toujours hostile, n'avait pas attendu ce moment pour reprendre les armes. Berthold V dut porter cinq fois les armes dans ce pays * et finit par essuyer une défaite sanglante à la journée d'Ulrichen (1212), où le cornet d'un pâtre sauva ses concitoyens du danger d'une attaque inopinée. Ce brave homme paya cher le service rendu à sa patrie ; il fut brûlé vif par les soldats du duc*.

Les ducs de Zaeringen eurent de grands démêlés aussi avec les comtes de Savoie. L'un de ces derniers, Thomas I", déjà maître du Chablais, qui comprenait le Bas-Vallais et la contrée qui s'étend de Saint-Maurice à Vevey, obtint de l'empereur Philippe de Souabe la cession de la ville de Moudon que venait d'agrandir et de fortifier Berthold (1207). Une guerre s'alluma ; elle fut malheureuse pour le duc qui, malgré tous ses efforts, ne put ni reprendre Moudon, ni débusquer du Jorat les troupes de Savoie renforcées de celles de beaucoup de seigneurs romands révoltés contre lui. Grâce aux efforts de Tévêque Roger de Lausanne, la paix fut conclue au cloître de Hau ter est (1211).

Pour contenir la noblesse romande, les Zaeringen s'étaienl avisés du même moyen qui avait si bien réussi à Henri F*" l'Oiseleur. Ils avaient cherché k enlacer les seigneurs romans dans un réseau de villes et de forteresses zseringiennes. A l'exemple de son oncle Berthold III, qui avait fondé la ville de Fribourg en Brisgau (de i 112 à 1 120), Berthold IV éleva, vers 11 78,. la ville forte de Fribor ou Fribourg en Uechtland ' et en fit un refuge pour les serfs, les marchands et les petits nobles qui craignaient la tyrannie des grands. Les seigneurs du voisinage, si l'on en croit la tradition, virent de mauvais œil cette construction; ils prirent plus d une fois les armes pour l'entraver. Tant que dura la bâtisse, les ouvriers durent sans cesse avoir Tépée d'une main, la truelle de l'autre. R fallut aussi composer avec les moines de Payerne, qui réclamaient la propriété du terrain sur lequel la ville était bâtie.

* Une croix commémorative érigée à Ulrichen portait cette inscription en aUemand : c Ici, en 1212, fut battu le duc Berthold de Zœringen. » A l'église de Mund on voit encore un drapeau qui porte la date de 1212. Furrer, Geachichte von WàUis, 1,85.

' Ou plutôt en Bourgogne, comme on le dit dans la Handfeste de 1249 et dans

12(h LES HOHENSTAUFEN.

Poursuivant le système de défense adopté par son père, Berthold V fit bâtir la ville de Berne dans une presqu'île de TAar, près du château deNydeck (4191). Conon de Boubenberg, premier membre connu de l'illustre famille de ce nom, fut chargé d'en diriger la bâtisse . Précédemment déjà, Berthold avait élevé au rang de villes les bourgs de Moudon, Thoune et Berthoud. Sur la porte de cette dernière, on lisait cette inscription triomphale : « Berthold, qui vîwnquit les Bourguignons, a construit cette porte. » Yyerdon, Morges, Ceriier, Landshut sur l'Emme, etc., furent munies de tours et de remparts: on répara les murs d'Avenches et de Morat, dévastés dans les dernières guerres * .

Bien que l'intérêt plutôt que la générosité guidât les Zseringen dans la fondation ou la restauration de ces villes, la reconnaissance populaire s'est attachée à la mémoire de ces princes et s'est exprimée de nos jours même par des monuments publics*. C'est que, non contents d'élever desmurailles et de créer des centres de population, les Zaeringeu ont doté leurs peuples de franchises étendues et de constitutions libérales. La Handfeste ou charte de Fribourg en Uechtland, était calquée sur celle de Friboui-g en Brisgau, empruntée elle-même à celle de Cologne, une des plus anciennes villes impériales de l'Empire. La bourgeoisie, dans ces cités privilégiées, obtint de bonne heure le droit d'élire elle-même son conseil, ses principaux fonctionnaires et le magistrat suprême qui, sous le nom de bourgmestre ou d'avoyer, présidait à l'administration municipale et commandait la force armée, composée de tous les citoyens âgés de plus de seize ans. Fribourg, moins favorisée que Berne parce qu'elle n'avait pas été bâtie sur un sol libre, et ne relevant pas directement de l'empereur, ne devint ville libre et impériale qu'après son émancipation delà Savoie, au XV""® siècle. Berne, au contraire, avant la fin du XIII"*, s'élevait déjà au rang des villes libres et impériales. Néanmoins, un traité de combourgeoisie étroit unit les deux villes, appelées à wre en soeurs par leur puissant protecteur.

Le noble exemple donné par les Zaeringen trouva des imitateurs dans les comtes et seigneurs de la Haute-Allemagne. Le comte Hartmann IV de Kybourg, landgrave en Thurgovie, octroya des libertés communales à sa nouvelle ville de Diessenhofen (1178) et à celle plus ancienne de Winterthour (1181). Quelques années après, la ville de

le sceau de 1225. Handfeste veut dire une garantie écrite, par opposition sans doute au droit coutumier des serfs (Hofrecht).

* Forel, Bégeste, 175. VuUiemin, Histoire de la Confédération suisse, I, 85.

' Témoin la statue érigée à Berthold dans la ville de Berne en 1848.

Neuchâtel recevait des comtes Ulrich et Berthold une charte hbérale qui ne l'assimilait cependant pas, comme on Ta dit, à la ville impériale de Besançon et ne lui accordait point l'autonomie municipale qu'elle n'obtint qu'au XV™® siècle (1212). La plus ancienne charte de franchises du pays de Vaud est celle qu'octroya à Villeneuve le comte Thomas de Savoie ; elle est de la même année que celle de Neuchâtel et a servi également de modèle à d'autres, celle d'Aigle, par exemple*. Un peu plus tard l'évêque de Sion, le chapitre et les bourgeois de Sion signaient un compromis (Civilegium) pour la reconnaissance mutuelle de leurs droits (1217).

Berthold V mourut en 1218 et avec lui s'éteignit la dynastie redoutable qui avait dominé pendant plus d'un siècle sur une grande partie de la Suisse actuelle et des pays qui forment actuellement le grand-duché de Bade. Si favorable qu'ait été aux villes la domination de cette famille, on ne peut regretter qu'elle n'ait pas duré davantage, car un plus long règne, en consoHdant l'autorité de ces princes, eût changé, à la fin, leur vice-royauté en une monarchie véritable et étouffé dans son germe la libre Confédération dont les fondements étaient jetés au sein des Alpes, parmi ce peuple de pâtres que le publicisle allemand Posselt a proclamés « les premiers-nés de la liberté. »

Les alleux et les fiefs vacants par la mort du dernier des Zaeringeii, passèrent à son beau-frère Ulric, comte deKybourg, dont les domaines s'étendirent alors du Jura au lac de Constance. Le mariage du fils de cet Ulric, Hartmann V de Kybourg, avec Marguerite de Savoie, fille du comte Thomas I®^ vint favoriser les entreprises de celte dernière maison sur la partie occidentale de la Suisse actuelle. Du reste Frédéric II, qui occupait le trône impérial depuis 1212, se garda bien de donner un successeur aux Zaeringen, comme vice-rois de ces contrées. Retenant ce pays sous son autorité immédiate, il se borna à y nommer des baillis ou avoués. Ainsi le comte Rodolphe le Vieux de Habsbourg, l'aïeul du roi ou empereur de ce nom devint avoué ou bailli impérial d'Uri, de Schwyz et d'Underwald où sa maison avait déjà de nombreuses propriétés foncières. L'extinction des Zaeringen avait aussi modifié la

* F. Forel, Chartes communales du pays de Vaud, Mém» et Doc. de la Soc. romande, 1872. La charte de Flamet en Faucigny remonte en 1228 et les emprunts qu'on y a faits à la Handfesie de Fribourg en Uechtland prouvent que la charte accordée à cette ville par les Kybourg en 1249 n'était pas la première, mais une seconde édition dont la première n'est pas venue jusqu'à nous. L&Handfeste de Fribourg en Suisse servit de modèle encore à plusieurs des chartes accordées par les seigneurs à leurs siyets, à celles de Berthoud, Cerlier, Aarberg,Bûren, Corbière.

lii LES HOUEKSTAUFEN.

situation des pays occidentaux. Le pouvoir du landgrave, exercé sur k rive gauche de TAar par le comte de Neuchâtel, échut en partage sur la rive droite aux comtes de Buchegg, voisins de Soleure *.

L'administration des Habsbourg paraît avoir été favorable aux vallées et à Schwyz en particulier dont le comte Rodolphe le Vieux réussit à apaiser le différend séculaire avec Tabbaye d'Einsiedeln par un jugement équitable et une délimitation bien entendue des pâturages en litige. Lorsque ce seigneur mourut en 1232, ses biens furent partagés entre ses fils Albert et Rodolphe, surnommé le Taciturne.

8. Frédéric II octroie la liberté Impériale à plusieurs Tilles et peuples de la Haute-Allemagne (1218-1248)

Frédéric H, fils d'Henri VI et petit-fils de Frédéric I®*" Barberousse, avait reçu en partage, selon l'expression du grand poète gibelin Dante, toutes les qualités et toutes les grâces avec un cœur généreux. Heureux s'il eiit borné son ambition à la seule Allemagne. Mais il s'obstina à vouloir dominer sur l'Italie, et cette prétention funeste, jointe à l'incrédulité notoire dont sa cour et lui donnaient l'exemple, attirèrent sur ce monarque les foudres de trois papes et eurent pour résultat la ruine totale de sa dynastie *.

Frédéric, à ses débuts, promettait tout autre chose. Ce pupille du pape Innocent III s'était montré plein de soHicitude pour les droits des couvents et des seigneurs ecclésiastiques. Les bourgeois de Zurich, de Soleure, ayant voulu soumettre leurs chanoines à l'impôt, reçurent l'ordre de respecter les immunités cléricales.

Les Bâlois avaient été favorisés par l'empereur, auquel ils avaient fait une brillante réception à Son avènement en 1212; ils en avaient reçu l'autorisation de nommer librement le conseil de la ville. L'évêque Henri de Thoune fit révoquer ce privilège *. Les associations

* Kopp, Geschichie^ Çuch IV, 49.

* « Frédéric, disaient ses ennemis, est toujours entouré de mahométans et d'oda- « lisques. 1\ a traité d'imposteurs Jésus-Christ et Moïse, qu'il place sur la même « ligne que Mahomet. » Frédéric chercha en vain à se disculper de ces accusations dans un manifeste adressé aux souverains de l'Europe. — Dans la chronique du moine Jean de Winterthour, composée vers 1340, on raconte de Frédéric. II que, traversant de heaux champs de hlé aux hords du Rhin, il aurait dit ironiquement aux seigneurs de sa suite : c Que de dieux vous allez faire avec ce froment, » faisant allusion au froment dont on se servait pour faire les hosties consacrées. Chronicon Vitodurcmi, 8. Archiv fur schweiz. Geschichtej XI.

' 13 septembre 1218. Trouillat, Monuments de VÉvêché de Bâte, I.

entre villes, la formation des corps de métier et la création de conseils municipaux, non autorisés par les seigneurs du lieu, furent sévèrement prohibées dans toute l'étendue de Tempire. La réception de bourgeois externes, c'est-à-dire domiciliés hors des villes, et sujets des seigneurs, donna lien à la même défense. En même temps, le railleur et incrédule Frédéric, impitoyable aux hérétiques, comme son aïeul, les livrait sans sourciller aux inquisiteurs, pour se conformer à la maxime reçue alors que le glaive temporel doit servir d'instrument au glaive spirituel.

Nul règne cependant n'a été plus favorable à la liberté au sein des villes et peuplades de la Haute-Allemagne (c'est le nom sous lequel on commence à désigner la Suisse).

Les cités de Zurich, Berne, Soleure, Schaffhouse et Morat reçoivent la faveur de relever directement de la couronne, c'est-à-dire Yminédia- Mé impériale (Reichsunmittelbarkcit). Un bailli impérial (Reichsvogt), institué par le monarque lui-même, y exerce le droit de glaive et les autres droits régaliens au nom du suprême justicier de l'empire. Les Bernois, par un privilège tout exceptionnel, obtiennent que leur avoyer soit investi des fonctions de bailli impériar. Ce fut un grand avantage pour la constitution de cet État naissant de se voir ainsi affranchi de toute autre domination que celle du chef de l'Empire représenté par son premier magistrat.

Les vallées forestières participèrent des faveurs des Hohenslaufen. Par diplôme daté de Haguenau le 26 mai 1231, le fils de Frédéric II, Henri de Hohenstaufen, qui portait le titre de roi des Romains, déclara la vallée d'Uri pays d'empire, inaliénable et affranchi de toute sujétion à l'endroit des Habsbourg*. Dotée -de la liberté impériale, la vallée d'Uri en profita pour se donner un landammann (Minister vallis), un sceau, et pour lever un impôt sur tous les habitants. Mais comme on voulait y soumettre les gens qui dépendaient de l'abbaye de Wettingen, le roi Henri en témoigna à deux reprises son vif déplaisir au landammann et à toute la communauté d'Uri (Ministre vaUis et universis hominibus Uraniœ), menaçant de sa disgrâce et même de châtiments corporels ceux qui persisteraient dans leurs prétentions '.

* Wattenwyl-Diesbach, Oeschichte der Siadt und Landschaft Bern, 1867, 31.

' Kopp, Buch III, 272. — Segesser, eidgenôssische Ahschiede, 1874, 369. « Vos re.limimus et eximinus de possessione comitis de Habshiirg. » Termes de la charte impériale.

' ' La première lettre du roi Henri, datée d'Esslingen, 5 juin 1233, et la seconde de Haguenau, 26 avril 1234, Kopp, II, 261. Le landammann, dans les premiers temps du moins, était élu ou confirmé par l'empereur ou par Pabbesse de Zurich, l'ancienne souveraine. M. Bluntschli estime que la libre élection

Mais c'est surtout lorsque Frédéric II eut été excommunié pour l«'i seconde fois et qu'il entreprit de porter la guerre au cœur des États romains, que ce monarque éprouva le besoin de s'attacher les peuples de la Haute-Allemagne. A la demande des Schwyzois, ce prince leur octroya, en décembre 1240, une charte de liberté qui les affranchissait de la jui'idiction des Habsbourg et les plaçait à peu près sur la même ligne que leurs alliés d'Uri : « Nous, Frédéric, par la grâce de Dieu, « empereur des Romains et roi de Sicile, à tous les hommes de Schwyz a (Swites), nous déclarons qu'ensuite des messages et des députés que « nous avons reçus de vous, nous vous prenons sous notre protection « et celle de l'Empire comme des hommes libres qui êtes venus à nous « de votre plein gré.... promettant de ne jamais vous aliéner' de la cou- « ronne*. » Cet acte mémorable était daté du camp de Faenza, ville des États romains que ce prince assiégeait et dont il se rendit en effet maître le 14 avril 1241, après huit mois de lutte. Un certain nombre de guerriers de Schwyz avaient probablement suivi dans celte campagne le Lion des Hohenstaufen, et Frédéric II aura voulu les récompenser de leur fidélité*.

Une charte analogue à celle dont fut gratifié Schwyz aurait été octroyée également àUnderwald, d'après Tsrhudi, le père de notre histoire, dont l'opinion a été adoptée par Jean de Muller et même par M. Bluntschli, dans son Histoire du droit fédéral, publiée en 1848. Mais, si l'on en croit les recherches les plus récentes, l'Underwald à cette époque ne formait pas un tout comme Uri et Schwyz et se composait de parties hétérogènes qui ne portaient pas encore le nom collectif d'Underwald sous lequel il est connu un peu plus tard et qu'on ne peut nommer ainsi que par anticipation. Il y avait des communes organisées comme celles de Slanz, Buochs, Sarnen, Wolfenschiess, mais point encore de communauté générale chez les Waldliit, hommes des forêts, appelés aussi gens d'Entre les Monts ou d'Entremont (Intramontani). Le reste du pays était encore engagé dans les liens de la dépendance féodale envers les couvents et seigneurs qui se partageaient la contrée, notamment les couvents d'Engelberg et de Mûri, les comtes de Lenzbourg, Frobourg, Habsbourg, les sires de Wolhusen, etc.

n'était pas possible au XIII"»» siècle. Gesch, des schw, Bundesrechts. Zurich, 1848,

* Kopp, Gesdi, der eidqenôssisc/ien Bunde^ Buch III, 327. — Blumer, Staats und Bechtsgeschichte der schweiz. Deinocratien, 1850, p. 124. — Rilliet, Origines de la Cortfétîération suisse^ 46 et 82.

* H. von Liebenau, zur Gesch, des St-Goiliardweges (Archîv fur schweiz. Ge-

Parmi les guerriers de la Haute-Allemagne qui avaient suivi Frédéric II dans sa guerre contre le pape et au siège de Faenza, figurait un Habsbourg de la branche aînée, filleul de l'empereur dont il avait embrassé la cause avec ardeur et qu'il ne s'attendait guère à remplacer un jour sur le trône d'Allemagne. Ce jeune seigneur, Rodolphe III de Habsbourg, alors âgé de 23 ans, n'avait encore d'autre fortune que son épée et vivait en véritable cofidoUiere, de guerres et de rapines*.

C'était même très-probablement Rodolphe lui-même qui avait conduit les hommes d'armes de Schwyz sous les drapeaux de l'empereur. Il était encore auprès de Frédéric en Italie, l'année qui suivit la prise de Faenza. Mais l'année suivante, nous le trouvons de retour à Bremgarten, en Argovie, sa résidence ordinaire, et en guerre avec son cousin Godefroi de Habsbourg-Laufenbourg dont il ravage les terres et qui use de représailles en brûlant la ville de Brougg. Godefroi de Habsbourg-Laufenbourg appartenait vraisemblablement au parti guelfe ou papal. Ce parti comptait alors pour chefs dans la Haute-Allemagne l'abbé Théobald de Murbach (duquel dépendait Lucerne), i'abbesse de Zurich, Tévêque de Constance, l'abbé de Saint- Gall et le comte Hartmann de Kybourg dont les possessions (Frauenfeld, Diessenhofen, Winterthour, etc.), entouraient la ville de Zurich, et le comte Rodolphe de Habsbourg, l'oucle de Rodolphe Iir.

Les Gibelins, en revanche, dominaient dans les villes impériales de Zurich, Schaffhouse, Berne, Soleure, qui fortifièrent leur alliance par celle de plusieui's autres villes de l'Alsace, de la Souabe et du Brisgau '. Les citoyens de Lucerne, quoique sujets de l'abbé de Murbach et soumis aux Habsbourg-Laufenbourg en leur qualité d'avoués de ce prince ecclésiastique, faisaient cause commune avec les Gibelins de Schwyz et d'Uri. Il en était de même des communes de Stanz, Sarnen, Buochs dans rUnderwald, impatientes de s'affranchir, comme leurs voisines, de l'avouerie héréditaire des Habsbourg-Laufenbourg.

Le mouvement religieux et politique qui s'opéraic autour d'eux inquiétait las chefs du parti guelfe ; ils se mirent à élever des forte-

schichte, XIX, 274). C'est à ces expéditions d'au delà des monts que Lîebenau rattache l'établissement des premières voies de communication entre les Waldstsetten et la Lombardie par Urseren et la montagne appelée St.-Gotthard, à partir du règne d'Albert (1298-1308).

^ Rodolphe de Habsbourg, de la branche aînée de cette maison, était né le 1" mai 1218.

^ ' Georges de Wyss, Ahtei Zurich, p. 65.

' Eopp, Buch in, 147. Ces villes étaient Haguenau, Rheinfelden, Schlettstadt, Brisach, Neuenbourg sur le Rhin, Mulhouse, Kaisersberg.

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resses. La construction de la bastille de Neu-Habsbourg, à trois quarl:^ de lieue de Lucerne, date de cette époque, ainsi que le fort deSchaddorf, construit par les gens de Tabbaye de Zurich, dans la vallée d'Uri.

Une nouvelle excommunication, plus terrible que les précédentes, avait été fulminée a Lyon par le pape Innocent IV contre Frédéric, et ce prince déclaré déchu de son pouvoir (17 juillet 1245). Mais les foudres de rÉghse ne firent qu'irriter le zèle des Gibelins de la Haute- Allemagne. Les Lucernois, soulevés contre Tabbé de Murbach, lui démolissent son château de Tannenberg et lui rasent sa belle forêt de la Musegg, dans le voisinage de leur ville '.

Le lac de Lucerne est témoin de luttes acharnées entre les partisans de Tabbé de Murbach et des Habsbourg-Laufenbourg, d'une part, et les Lucernois aidés de leurs voisins et alliés des vallées, de l'autre. Des scènes plus violentes encore se passaient dans ces dernières où des nobles dont l'histoire ne sait pas les noms étaient chassés et leurs forteresses détruites, ce qui a fait penser à Hermann de Liebenau et à d'autres historiens que c'est à cette époque qu'il faut reporter les scènes que la tradition place k 1307 et 1308.

Dans sa détresse, le comte de Habsbourg-Laufenbourg dénonce au pape les Lucernois et leurs alliés des Waldstaetlen, comme rebelles k ses droits héréditaires et à l'unité de l'Église*. Innocent IV menace les récalcitrants des foudres de l'Église, par monitoire daté du 28 août 1248. Mais ce pontife, à ce qu'il paraît, s'en tinta la menace, signifiée par le prévôt d'Œlenberg. dans le Sundgau.

Il n'en fut pas de même pour les Zuricois. L'interdit avait été lancé contre cette ville, et le légat du pape, Petrus, cardinal de Saint-Georges, défendit d'administrer les sacrements à ceux qui ne prendraient pas l'engagement de se croiser contre l'empereur excommunié. Les Zuricois répondirent à cette défense par l'expulsion des partisans du pape. L'évêque de Constance ordonna alors au clergé de quitter la cité mise au ban. Les Dominicains émigrèrent les premiers et furent suivis des chanoines. Les Cordeliers eurent l'air d'en faire autant, mais ils ne sortirent par une porte que pour rentrer par l'autre. Pendant quelque temps, la ville de la Limmat n'eut d'autre culte que celui de ces moines patriotiques '. L'année suivante, le pape s'adoucit et donna les mains à un compromis en vertu duquel le clergé reprit sa place, mais non son influence dans la cité, car les chanoines furent exclus de la société des

' Kopp, Gesch. der eidg. Bûnde, Buch III, 148.

' Kopp, Urkunden, 15. Geschichie, Buch III, 145.

• Kopp, Geschichte, Buch III, 147. — Urkunden I, 3. — Wyss, Ahtei Zurich^ 65.

Constables ou des principaux de la ville, et les Dominicains qui s'étaient montrés les plus hostiles à la bourgeoisie, confinés au Heiligenberg (Mont sacré), près de Winlerthour *.

L'alliance des villes de la Haute-Allemagne avait été d'un grand secours pour les Zuricois dans leur lutte avec l'Église. La sympathie des Gibelins et des vallées forestières ne leur fit pas défaut non plus ; elle s'exprima dans une lettre d'adhésion où le curé de Stanz et plusieurs notables, entre autres le chevaUer Rodolphe de Winkelried faisaient des vœux pour leur triomphe sur le parti contraire. « N'ayant pas de sceau « à nous, disaient à la fin de leur missive les signataires, nous emprun- » tons celui de nos confédérés de Lucerne*. » L'importance de ce document n'a pas échappé aux investigateurs récents des origines de la Confédération. L'un des plus savants a même voulu y voir un indice de cette alliance à laquelle faisaient allusion, environ un demi-siècle après, les auteurs de la grande charte du 4*' août 1291 '. Le chevaUer Rodolphe de Winkilreit ou Winkelried est le premier membre authentiquement connu de cette famille que devait immortaliser au siècle suivant le dévouement du héros de Sempach \

Dans l'intervalle de toutes ces luttes, Frédéric II, trahi par les uns et abandonné par les autres, était mort par le poison ou de chagrin dans le royaume de Naples (13 décembre 1250). Mais les peuples et les villes gibelines de la Haute- Allemagne n'en furent que plus fidèles aux fils de ce monarque et même à son petit-fils Conradin, le dernier rejeton de cette race infortunée et auquel la fortune réservait une fin si cruelle, car après lui avoir accordé quelques années de bonheur insouciant aux bords du lac de Constance, dans ce village d'Arbon transformé en bourg autonome par la reconnaissance de ce jeune prince, elle faisait tomber sa belle tête blonde de seize ans sous la hache du bourreau, à Naples, le 29 octobre 1268 \

^ Wyss, Die Ahtei Zurich 65. Voir la lettre du pape du 23 juin 1249 aux pièces justificatives, 104.

* Kopp, GescMchie, Buch III, 147. Urkuiiden, I, 2. Cette lettre, conservée aux archives du couvent d'Engelberg, est sans date, mais se reporte évidemment aux événements de 1244 à 1250.

' Kopp, Urkunden, Buch I, 3.

* C'est probablement au chevalier Rodolphe de Winkelried que se rapporte la légende d'Undcrwald qui le fait mourir en tuant près d'Oediswyl un dragon ou serpent monstrueux pareil à celui dont, au siècle suivant, un chevalier français aurait délivré Pile de llhodes. Voir sur les Winkelried de Stanz la curieuse notice de H. de Liebenau de Luceme dans les Mittheilungen de Zurich, IX.

^ Le document par lequel Conradin accorde à Arbon un tribunal est du 1^' décembre 1266, et daté de Schôngau.

A Texemple de la plupart des villes, Rodolphe de Habsbourg se montra longtemps fidèle à la fortune adverse des Hohenstaufen, malgré la rude guerre que faisaient à ces princes les papes Innocent IV et Alexandre IV. Ces chefs du monde catholique leur opposèrent successivement le landgrave Raspe de Thuringe, surnommé le roi des prêtres (1246), et Guillaume de Hollande (1247-1256), puis Richard de Cornouailles, frère du roi d'Angleterre et Alphonse X, roi de Castille, simultanément élus par les princes électeurs, et qui portèrent, chacun, le titre de roi des Romains, de 1257 à 1272, où le premier mourut et où le second résigna des fonctions devenues purement nominales.

Quatre ans après le décès de Frédéric II, et Tannée même de la mort de Conrad IV. son fils. Rodolphe de Habsbourg se faisait excommunier une seconde fois, par suite de l'incendie du couvent de Sainte- Marie-Madelaine, aux portes de Bâle *.

Au grief relatif à cet incendie d'un édifice consacré, la bulle papale ne manquait pas d'en ajouter un autre concernant l'adhésion de Rodolphe au parti des Hohenstaufen, ces ennemis jurés de l'Éghse.

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