‹ Histoire de la confédération suisse (volume 4)Chapitre 53 sur 75 · NOUVELLES GUERRES D'ITALIE · texte numérisé non relu

NOUVELLES GUERRES D'ITALIE

Le caractère vénal des Suisses, à cette époque, se décèle d'une manière honteuse dans la conduite de quelques cantons envers la Savoie. Un imposteur, nommé Jean Furno ou Dufour d'Annecy, secrétaire du feu duc de Savoie, produisit de fausses dispositions de ce prince renfermant un legs de 360,000 couronnes en faveur de Berne et de Fribourg. Sans examiner longtemps Tautheiiticité de cet acte, ces deux Etats exigèrent le payement de la somme et ne se contentèrent qu a grand'peine des 125,000 couronnes que consentit k payer le duc. Le faussaire récompensé de son crime par l'admission à la bourgeoisie de Fribourg et de Berne, prit goût au métier et fabriqua un second litre faisant 800,000 couronnes en faveur des cantons. Le duc régnant eut beau se récrier et faire intervenir le pape, Tempereur et le roi de France, les soldats indisciplinés des cantons prirent les armes, et le duc de Savoie dut s'estimer heureux d'en être quitte pour la somme de 350,000 couronnes qu'il paya « k ceux des ligues. » Une pension fut accordée k l'imposteur, qui finit ses jours k Fribourg dans l'opulence et sous les dehors de la dévotion*.

Louis XII, ayant tiré des Confédérés ce qu'il voulait, crut pouvoir se dispenser de tout ménagement k l'égard de ces mercenaires et refusa d acquitter les pensions pi'omises. L'empei'eur Maximilien en profita pour obtenir le renouvellement de l'Union héréditaire (Erb-Verein) (1512). Un autre grand ennemi des Français, le pape Jules II, venait de monter sur le trône pontifical et n'eut qu'une pensée jusqu'k sa mort : « Chasser les Français de la péninsule. » Pour se concilier les Suisses et en faire un instrument de sa politique, il se composa upe garde du corps de 200 hallebardiers de cette nation (1505). Ce pontife tiouvaen même temps un redoutable soutien de sa politique et un exécuteur de ses desseins dans l'évêque de Sion, Matthieu Schinner. Ce prélat, plein d'audace et de génie, obtient de la diète de Lucerne une alliance des 12 cantons et du Vallais (mars 1510) et conduit 8,000 Suisses en Lombardie (août). Mais quelques chefs et le fameux agitateur vallaisan George Supersax, qui avait passé du parti du pape k celui de la France, arrêtèrent Texpédition k Chiasso. Le pape irrité adressa un bref menaçant aux cantons qui cherchèrent en vain k le calmer par une ambassade. Les Vallaisans, poussés par Supersax, s'en prirent k Schinner. Celui-ci, obligé de s'enfuir déguisé en lépreux, se réfugia k Rome, où le pape Jules II récompensa son zèle par l'évêché de Novare (février) et le chapeau de cardinal (20 mars 1511)*. Le triomphe de Supersax

^ Goutz-Blotzheim, 287.

' Fttrrer, Histoire du Valais^ p. 261.

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