ALLIANCE ANGLAISE
voyageaient pour leurs affaires. Les Fribourgeois accusés d'avoir soustrait le butin de Novare furent sommés de le restituer par les Confédérés réunis à Zurich (13 décembre 1513). La diète eut grand'peine à empêcher une seconde invasion. Mais comme les auteurs de la trahison de Novare, ceux de la mystification de Dijon restèrent impunis. Le roi de la Grande-Bretagne et son fameux ministre Wolsey n'avaient cependant pas abandonné leur plan d'invasion contre la France. Infatigable dans sa haine pour cette dernière, le cardinal Schinner était occupé à conclure une nouvelle alliance des Confédérés avec Léon X contre Louis XII; il prit également à la diète de Zurich (4 avril 1514) Tinitiative de l'alliance anglaise et proposa l'envoi d'une ambassade suisse à Londres. La proposition fut acceptée et deux magistrats suisses, le conseiller Stolz de Bâle et Hurns de Zurich, se rendirent à Londres. Ils y reçurent du roi Henri VIII, dans son palais de Hartwick, le meilleur accueil (10 mai) et revinrent à Zurich avec un projet d'alliance aux conditions pécuniaires les plus avantageuses pour les Suisses. Henri VIII assurait une pension annuelle à chaque canton et 40,000 écus par mois tant que durerait la campagne. Une ambassade anglaise parut à la diète de Zurich (20 juin) et de nouveau à celle de Berne (31 juillet) *. Au nombre des envoyés d'Henri VIII aux Confédérés, figurait un des hommes les plus illustres de l'Angleterre, le chevalier et archidiacre Richard Pace dont Shakespeare a immortalisé la vertu et la science dans son drame d'Henri VIII *.
De l'envoi d'une ambassade suisse à Londres et de l'arrivée de sir Richard Pace dans notre pays datent assurément les premières traces de relations diplomatiques entre la Suisse et la Grande-Bretagne. Mais déjà de nombreux rapports religieux, scientifiques et militaires avaient eu lieu entre ces deux peuples, si éloignés l'un de l'autre, dès les premiers siècles de l'ère chrétienne'.
^ Les relations (PHenri VIII avec les Suisses (1515-1517) ont fait l'objet d'un excellent travail de M. Guillaume Gisi dans les Archives de la Société d'histoire suisse XV {Die Beziehungen der Sckweiz und Engîand). Il a utilisé pour ce ménioire les papiers d'État anglais publiés par Brewers (Leltersand Papers oj the reign qf Henri VII T, London, 1862-1864). Voir au^si pour les relations de la Suisse avec l'Angleterre MM. Bachofeq et Stehlin de B&le {Archives de la Société d^histoire suisse, XII).
' Acte II, scène II, où le cardinal Campeggio dit à son collègue Wolsey, le premier ministre d^Henri VIII, que l'opinion publique Taccuse d'avoir éloigné Pace de Londres parce qu'il était jaloux de sa science et de sa vertu (learoed and virtaous man).
^ Nous ne rappelons que les nombreux moines bretons (scotes et anglo-saxons) de St-Gall, d'Ëinsiedeln; les arcbers anglais de Pierre de Savoie et les séjours da Petit-Charlemagne à Londres, oCi l'avaient suivi plusieurs familles vaudoises ; les