EMPEREUR D'ALLEMAGNE
(de 1273 A 1291)
1. Double politique de Rodolplie à l'égard de la Haute- Allemagne. — Création du duché d'Autriche.
Quoique placé sur le premier trône de la chrétienté et souvent même retenu loin de son pays d'origine, l'empereur ou roi Rodolphe (les Allemands le désignent sous le dernier nom, car il ne fut jamais couronné à Rome), se montra au début de son règne très-favorable aux peuples de la Haute-Allemagne. Il accorda de nouveaux honneurs à leur noblesse et de nouvelles prérogatives à leurs villes. Zurich, Schaffhouse, Soleure reçurent le privilège de n'avoir que des juges ou bailUs pris dans leur sein et d'être gouvernées par leurs propres lois. Saint-Gall, déjà en possession d'une charte de franchise de ses abbés qui l'émancipait en quelque sorte, était affranchie de toute juridiction étrangère et soustraite au péril d'une hypothèque royale ou autre (1281) \ Lucerne et Laupen obtinrent les mêmes franchises que Berne, sauf qu'on ne leur promit point de ne jamais les aliéner de Tempire; Bienne eut les mêmes droits municipaux que le Grand-Bàle ; le Petit-Bàle, érigé en ville, les franchises de Golmar. Les villes sujettes de Habsbourg : iVarau, Winterthour, Diessenhofen et d'autres acquirent des droits semblables. Le privilège de prétendre à des fiefs nobles (droit de cape et d'épée) fut accordé aux familles bourgeoises de plusieurs villes (Lucerne, Winterthour et Aarau). Le roi confirma à Uri le droit perpétuel de relever immédiatement de l'Empire. Il s'engagea à ne pas donner pour juge ou landamman aux habitants libres de Schwyz un Jiomme qui fût de condition servile ou vassal d'un seigneur. Il conféra la dignité
^ Wartmann, Die geschichtîiche EnUvicJcelung der Stadt St-Gallen. Arch. fur schweiz. Geschichte, XYI. 6.