‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 45 sur 72 · CONQUETE DE LA THURGOVIE · texte numérisé non relu

CONQUETE DE LA THURGOVIE

de ces princes que les citoyens de Friboiirg. Deux partis s'étaient formés parmi eux, celui des Turcs ou partisans de l'Autriche et celui des Chrétiens ou partisans de la Suisse. Les Chrétiens profitèrent de la présence dans leurs murs des confédérés d'Uri, Schwyz et Underwald pour provoquer la conclusion d'une alliance perpétuelle avec ces trois Etats d'abord et Glaris plus tard (septembre 1458).

Ces événements brouillèrent les confédérés avec le duc d'Autriche Sigismond. Ce prince, qui n'avait pas foi à ses armes, fit lancer contre €ux les foudres de l'Eglise. Mais s'étant brouillé lui-ruême, comme son père Frédéric, avec le pape Pie II et l'empereur, il fut, excommunié à son tour. Il se passa alors la même scène qu'en 1415. Les confédérés, dont le pape encourageait maintenant la prise d'armes, s'emparèrent de la Thui'govie et la convertirent en bailliage commun des sept Etats victorieux. La petite ville autrichienne de Wallenstadt et les forts de Nidberg et de Freudenberg tombèrent également entre leurs mains (1460). Winterthour, fidèle à ses princes, avait résisté k tous les efforts des confédérés. Mais le duc Sigismond, contraint par les circonstances, signa la paix avec les Suisses et vendit aux Zuricois pour 10,000 florins ses droits de souveraineté sur cette ville, dernière possession de l'Autriche dans ce pays (septembre 1467). La petite ville de Stein, grâce au protectorat de Zurich, parvint à conserver sa liberté jusqu'en 1484, où, pour la somme de 8000 florins, elle céda sa propre souveraineté à Zurich.

Les vexations exercées par les seigneurs contre Mulhouse et Schaffbouse, alliées des Suisses, causèrent une nouvelle guerre. 15,000 confédérés rangés en bataille dans la plaine des bœufs (Ochsenfeld), près de Mulhouse, ayant attendu en vain l'armée des nobles, mirent le siège devant Waldshout. Les Bernois, en politiques habiles, désiraient l'annexion à la Ligue helvétique de celte importante place d'armes qui lui eût procuré un boulevard au nord et l'annexion du brave peuple de la Forêt-Noire. Mais de petites considérations et la vénalité, cette lèpre de la Suisse, firent échouer le siège et la grande pensée nationale de Berne. Le duc Sigismond d'Autriche en fut quitte de ce côté-là moyennant la promesse de payer en dix mois 10,000 florins pour l'acquittement desquels il hypothéquait Waldshout et le Schwarzwald (24 septembre 1468).

Cependant, la paix signée à Waldshout eut du moins pour effet de mettre Schaffhouse et Mulhouse à l'abri des attaques de la noblesse «et garantit aux Suisses la possession de la Thurgovie. D'autres acquisitions viennent à la même époque arrondir le territoire de quel-

LLITK DES SEIGNELIIS KT DES BOLHGEOlS JjE bER.NE. Xi"^)

ques États confédérés. Déjà, en 1452, Zurich avait racheté le comté de Kyboiirg ; il ajouta plus tard à ses possessions Eglisau et Stamli^im: Appenzell s'acrrandit du Bas-Rheinthal (14(j()).

Au temj)s de la jiuerre civile de Zurich, puis de celle df Thnr;^uvie, paraît pour la première fois sur la scène, selon la tradition, une des figures les [)lus vénérables de notie histoire. Nicolas de Fliie n'est alors encore que simple Uothnchter ou sous-oiïicier du contingent d'Under- Avald. Mais déjà l'homme de Dieu et de riiumanilé perce dans ce guerrier généreux, qui sauve de l'incendie et de la destruction le couvent de Sainte-Catherine, au siège de Diessenhofen (1400)'.

4. Adrien «le Konheiibers; et I*ierre liistler. on Intte «le*» sciu:iienrs Jnsli«*i«'rs vi «l«'s l><Mii'ix<'<»is à ISerne. — l iiion l>cri>éln«'ll«' «les trois li;;n«'s grisonnes. — (1I7(» à I ITl.i

Les succès des confédérés furent troublés par les dissensions qui survinrent à Berne en 1470, et qui sont connues dans notre histoii-e nationale sous le nom de « querelles des seigneui's féodaux ou justiciers ( Tuingh m ) en - S(i eit) . »

Voici l'origine de ce diflerend. En se faisant recevoir bourLieois d.' Herne avec leurs sujets et vassaux, les d'Erlach, Boubenberg, Dieslctch, Wattenwyl, Scharnachtal, Bingollingen et auti'es barons n'avaient pas entendu renoncer à leui's fiefs et droits seigneuriaux particuliers, ilcontinuaient à gouverner leurs baronnies féodales comme de petits souverains, sauf en ce ijiii concernait le service militaire, la haute justice et les charges publiijues poui' lesipielles ils dépendaient de rEl;tt.

L'Etat de Berne, heureux et lier (]o l'ajtpui des seigneurs et de Taccroissement de son territoire, avail douiH' le- mains à cet ordre de choses. Mais lorsipie la ville de Berne eut adjuis des Kybourg les droiidu landgrave de l'etile-iiourgogne (LU)(>) et cpie l'empereur Sigismond lui eut confirmé ces droiI<, nu avoviM' énergiijne o\ |»i^pulairi\ l{odolphe llohneister, jn'olita de M»n ((tu-ulal de 'M) annee> poui" ('hanger cet «'la! de choses, en xMimellanl \c> seiLMieui'< aux banncrel- ou i'hef< nulitaires el jioliliijues ih'> quali'es (juarliers de la vdle, v[ en instituant dans chacune i\{'> (juatic juridictions un irriurihcl on Iniissirr il' Efnf <'hargé de faii'e ex(M nier les lois de la république. Toutefois les seigneurs ne s'étaient >ouuu< quVii partie à eiM e<<ai «le i-entralisation. el If-

* Toiitos (M^s traditions scraitMit aixxrvjilïos sv\o\\ M. K«>»'liliol/ (/>«' iSchwo^rr- Irijcndr vom Ilrudcr Klaus iim Fltn), ilont il nous ost impossible irailniottrc les proréilôs (le ciititpio oxngôréoet puroinent dissolvante. Voir plus loin au Congrès de Stan/

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