CONQUÊTE DE LA THURGOVIE
corda 3000 hommes contre le dauphin Louis de France, qui avait envahi ses États. La première alUance bourguignonne est du 22 mai 1467. PhiHppe le Bon, duc de Bourgogne et grand ami des Suisses, la forma avec Berne, Fribourg, Soleure et Zurich. Le Capitulât (\q Milan est de la même année et fut conclu par Galéas Sforza, fils d'un condottiere, ou chef de bandes mercenaires, devenu par usurpation duc de Milan à la place des Visconti.
La première alliance française date, comme nous l'avons vu plus haut, de l'an 1452 et du roi Charles VII que l'empereur Frédéric III d'Autriche avait eu l'imprévoyance de faire intervenir dans les affaires des confédérés avec l'Allemagne, sans se douter du parti qu'en tireraient ce monarque lui-môme et ses successeurs. Dans l'acte qui en fut rédigé en français, les huit États de la ligue suisse y sont appelés pour la première fois les cantons de la vieille ligue de la Haute- Allemagne. Le traité de 1452 est la base de toutes les alliances subséquentes conclues avec la France.
Le nom de canton a donc ainsi une origine exotique et n'est qu'une mauvaise traduction du mot ort (lieu) dont on se servait en allemand pour désigner les divers États de la Confédération. Ce nom n'eu a pas moins été adopté dans la suite par les Suisses eux-mêmes et consacré dans le lansja^e officiel '.
L'habitude de courir sous les drapeaux de l'étranger dans un but d'aventures, de gloire ou de fortune, était déjà ancienne chez les Suisses et remonte aux premiers jours de leur histoire. Au XIII"'*^ siècle les Visconti de Milan auraient eu, selon quelques auteurs, des^ guerriers de ce pays à leur solde dans les guerres qu'ils firent aux marquis de Ferrare de la maison d'Esté et au pape Grégoire IX. Au commencement du XV"'»^ siècle, on trouve des Suisses à la solde de plusieurs puissances. Pendant que les uns guerroient dans le Nord contre les infidèles, d'autres sont occupés à combattre les Hussites dans l'Est, au
^ Dsius les eidg. Abschiecle on Uecès des diètes de 1421 à 1477, publiées par M. Segesser, on ne trouve nulle part le nom de canton. Cette dénomination dans les Recès ne paraît là que dans le document écrit en français de l'alliance conclue en novembre 1495 et avril 1496 entre le roi Charles YIII et les seigneurs des quentons et anciennes Ligues de la Haute -Aile magne. Eidg. Abschiede de Segesser de 1478 à 1499, 736. Dans les textes latins des alliances précédentes nous trouvons VillcB et Communitates et patrioiœ civitatum oppidorum et icrrarum partiumque lige veteris Alemane alte (1444, 28 oct., 8 nov. 1452). 807, 866, eidg. Abschiede de 1421 à 1477. Le nom de canton se trouve en revanche dans les Preuves de Commines, où il est employé pour traduire le mot partium de l'acte latin (édition de Bruxelles, 212). Dans la ratification du traité de Charles YII par Louis XI, le mot de canton est employé de la même façon.
CONQIKTK DK LA THURr.OVIE. 3.'}^)
service de rempereur Sigismorid et du duc Amédée de Savoie. Déjà, en 14GI, la diète de Lncerne se vit contrainte de défendre de courir sous les drapeaux étrangers sans l'autorisation des gouvernements \ Mais le métier de soudard (Keisl.Tufer, en allemand) était trop agréable et trop lucratif pour être abandonné ainsi. Les alliances avec les princes et les villes du voisinage donnèrent au service éti'anger un nouvel aliment. Une foule de guerriers suisses prirent part à la journée de Seckenlieim, oîi 2,000 Suisses, à la solde de l'électeur palatin, cidbutèrent l'armée de ses adversaires (1 462), et ;i la guerre du Bien public ( 1 4f)5), où larmée du roi do France, Louis XI, comme celle des seigneurs coalisés contre lui, com[)tait chacinie un corps de Suisses armés de piques de 18 [)ieds de long.
Deux fameux capitaines cueillent leurs premiers lauriers dans ces tristes campagnes où ils figurent en condottieri ou chefs débandes mercenaires. L'un d'eux, Hans Waldmann, de Zurich, commandait les auxiliaires de l'électeur palatin. L'autre, Adrien de Houbenberg, fils de l'avoyer Henri de Boubenberg, conduisait les auxiliaires du comte de Charolais, clief des seigneurs coalisés contre le roi de France et depuis duc de Bourgogne, sous le nom de Charles le Hardi. Un troisième otVicier célèbre, Jean de Halhvyl, servait sousPodiébrad et recevait de ce vaillant roi de Bohème le collier de la chevalerie.
Une nation si belliqueuse est ordinairement lrès-ii'rital)le. Malheur à la ville et au [»euple qui osent lui niaïKiucr (Tt-gard^, no fût-ce qu'en apparence. Les citoyens de Constance, ville impériale, voisine et amie des Suisses, en lii vni rcxpi'rience à leurs dépens.
An lii' do (Constance, en l'ir)S, un citoyen refusa de recevoir d'un Lucernois un lilappurt, petite pièce de monnaie bernoise' (|iril qiiaÙlia avec m('[)ris de jihiiipiirf ilr nichi'^,
Oiiti'és (1(! cett(; injure, tous hs Suisses (juittèrent aussitôt la fête. Quelques jours aprè<, 'lOOO lioini!ie< bloquaient la ville dt» Constance, ipii dut s'estimer lieui-eiise d'en èli'i' (|uitte poni- nue «■ontrd)Ution de 'MHH) llorins du Uhin et les giands (It'gàls ('oinnu> sur son territoire (L") si^ptembre . (^.ette invasion fut iionuntM^ la qnrvrr drs Pl(ij}f}(irts.
Fn iiMiliMiil dans leiiis lo\eix. i»! M ) liDimncs d Tn, Si-huy/. et Ullderwald tleiiiandereiit à la vdie de Happi'rschwyl le |iassage et un gîle. Di'VoïK's eoi'ps et âme pendant bien îles anutN's aux diiiN d" Vutriche. les ('iloyeiis lie KapperM'liw \l n'avaieiil jiièia' plus à ^e lo'.ier des procéilés
' SojBfCssor, eidfj. Ahscliinle i[o 1 121 ii 1477, 00.
'^ \jO jiînppart l»ornois l'tait la 20'"" partie du iloriii.