‹ Histoire de la confédération suisse (volume 5)Chapitre 6 sur 72 · Chute de l'euipire romain et du pagani^^me · texte numérisé non relu

Chute de l'euipire romain et du pagani^^me

Rome, frugale, laborieuse, craignant les dieux, avait donné les plus beaux exemples de désintéressement, de bonne foi, de probité, de patriotisme. Mais une fois maîtresse des peuples et des trésors de l'univers, elle s'énerva dans la mollesse et n'eut plus d'autres pensées que la bonne chère et les spectacles. Spectacles impudiques et sanglants, où des milliers de malheureux expiraient dans l'arène sous le glaive des gladiateurs ou sous la dent des bêtes féroces, aux yeux avides de spectateurs des deux sexes. Dépouillé de tous les droits de l'humanité, l'esclave n'était qu'un animal, qu'une chose, dont le Romain corrompu et cruel pouvait disposer au gré de ses passions. Le sort de la famille n'était guère plus tolérable. Une polygamie honteuse avilissait la femme et livrait l'enfant au contact impur de l'aflfranchi et de l'eunuque. Les histrions, les cuisiniers et les danseuses étaient les personnes les plus recherchées de cette société livrée entièrement aux plaisirs des sens. Le chef de l'empire, auquel le pouvoir illimité qu'il exerçait eût permis de porter quelque remède aux plaies de l'état social, était souvent choisi parmi les hommes les plus vils de l'empire. Quinze de ces Césars improvisés tombèrent sous le fer même de la soldatesque appelée à les défendre. Les nobles Romains étaient à la fin tellement dégénérés qu'on en vit se couper le pouce pour se faire exempter du service mi ht aire.

Un grossier matérialisme avait remplacé la croyance aux dieux, et Rome entière applaudissait au théâtre ce passage de Senèque : « Après « la mort il n'est rien, et la mort elle-même n'est rien. » Mais les mêmes hommes qu'enivrait la pensée de leur anéantissement total étaient attentifs aux moindres présages, et fouillaient avidement les entrailles de malheureux enfants, victimes d'une superstition cruelle.

Quand une société est descendue à ce point de démoralisation, il faut qu'elle périsse sous les coups de la force brutale, ou qu'elle se renouvelle sous l'empire de doctrines régénératrices, l^es deux choses s'accomplirent pour la société romaine. Détruite par les Barbares, elle fut en quelque sorte renouvelée par le christianisme et sous l'action vivifiante d'une race jeune et énergique, étrangère à la civilisation, mais aussi aux excè> qui avaient perdu l'empire romain.

6. lie eliristianisme. — Son introduction dans les contrées situées entre les Alpes et le Jura.

Le christianisme, né à Jérusalem sons l'empereur Auguste, se ré-

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pandil [)rom[)temeiit dans toutes les parties de l'univers. L'Eglise clirélienne à son berceau olï're un spectacle unique dans les annales de l'humanité, et forme un contraste admirable avec les crimes et les excès du pa^cranisme. Chastes, humbles, animés du plu^ -aiut amour de Dieu et des hommes, les premiers chrétiens vivaient en frères, mettaient leur bien en commun et supportaient avec lésiL^nation les outrages et les supplices. « Les chrétiens, )^ disait Athéna^ijore, « ne « fra[)pent point ceux ejui les frappent, et ne font point de procès à « personne. Si on leur donne un soulUet, 'ils tendent encore l'autre « joue. Les personnes âgées sont parmi eux entourées de respect. Dans <( l'espérance d'une autre vie, ils méprisent la vie présente. »

Leurs seuls divertissements étaient les agapes ou repas communs, auxquels tous étaient admis sans distinction de pauvres et de riches. Leurs lieux de réunions étaient les forêts, les cimetières et les catacombes, (pii leur servaient de temples. Une lampe d'étain, un antr'l eu bois orné de Heurs avec quelques vases également en bois ou m verre, telle était la [)rimitive Kizlise. I^es pasteurs étaient digues du tioupe.iu. « Les évoques, les diacres et les prêtres, dont les noms signitiaient « président, serviteur et vieillard, ne se distinguaient pas |)ar leurs « habits du reste de la foule — S'ils étaient inai-i«'s, il> devaient « n'avoir qu'une femme: ils d^'vaicut être en i't''|»utati(Ui de bonne> <( mœurs, de pci'es de famille exemplaii'es, dune renonnnée sans tache « même {)arnn les |)aïens\ »

Le peuple, réuni ;iu clergé, choisissait lui-même ses pasteurs et les prenait dans tous les rangs de la société. On mI des évêijues laboureurs, bergers, charbonniers. L'assemblée des tidèles, c'est-à-dire If peuple entier, formait l'Lglise, véritable r<''|iubliijue fédérative.

Les vertus des pivmiers chrétiens ne les enq)êchèrent j)as d'avoir <les ennemis inqilacables parnn ceux que lt'ui> iiréjugés ou leurs vices att;u:haienl ;mi j)aganisni(' cl parmi ceux encore (juc leur athéisme rendait hostiles à toute morale sévère, à toute croyance profonde. La politiipie vint en aille aux ennemis du cliiistianisme. et ne voulut vou' <l;uis l'Lghse naissante (|u'une faction dangei'euse pour le iv|>os de ri^^l.'it. Aussi plusieui's empei'eurs l'oinanis pei-s(''cu|èi*eut-il< ave»' fureur les premiers chn'*tiens et t'qiuiserenl-ils conti'e eux toutes le> formes de la persécution et (\cs supplices. Des milliers et des milliei's de clirélien> <îe tout ;\ge et de loni se\e pit'férèrent la mort la plus cruelle ;i l'apostasie. Plusieurs de> jti'emiei^ |)a[te> ou t'vèiiue^ de Knnie échailîjèreiil leur hoiileltt» pa^loi'ale t'ouli'e la (•(tur<Miii(' du luailMe.

* ( li;U(>;uil>ri;iiul. l'Andcs liisiorinucs.

Malheureusement le fanatisme, un ascétisme révoltant et l'intolérance religieuse se mêlèrent de bonne heure aux croyances chrétiennes et vjnrent gâter ce qu'il y avait d'admir'ablo dans cet esprit de sacrifice et de renoncement. Un empereur célèbre par ses victoires, Constantin le Grand (306-337), avait mis fm aux persécutions et embrassé le christianisme. Mais ce prince, plus politique que religieux et peu lidèle à l'esprit de la nouvelle doctrine, persécuta les païens comme ceux-ci avaient persécuté les chrétiens. En dotant l'Eglise de grands biens et en donnant aux évoques le gouvernement temporel des villes de leur résidence, il contiùbua beaucoup à altérer la pureté évangélique de la primitive Eglise. Les religions d'Elat commencent à cette époque. On ne peut nier néanmoins que l'autorité des évoques n"ait eu des résultats heureux pour les peuples soumis à leur gouvernement, sui'tout au moment de l'invasion des peuples du Nord. « Souvent la voix « d'un évêque, » dit un éminent historien, « parvint à inspirer des <( sentiments humains aux Barbares \ » — « L'humanité, » dit un « autre écrivain, peu suspect de complaisance pour tout ce qui touche aux croyances religieuses, « est une conquête presque exclusivement « due aux siècles chrétiens ^ »

Le règne de Constantin voit aussi commencer les Conciles, ces États- Généraux de la chrétienté, comme les appelle M. Guizot. Le premier concile général, réuni k Nicée (325), anathématisa l'hérésie d'Arius qui jiiait que Jésus-Ch. fût consubstantieletégal à son père. L'arianisme ne s'en répandit pas moins dans une partie de l'Empire et fit des prosélytes parmi les peuples germaniques à leur apparition sur le territoire romain.

Le concile de Nicée vit aussi se fixer la hiérarchie ecclésiastique. L'évêque de la ville était subordonné à celui de la province ou métropolitain; celui de la province aux patriarches, au nombre de trois d'abord : Rome, Alexandrie et Antioche; puis de cinq : les trois précédents, plus ceux de Constantinople et de Jérusalem. Le clergé, dans les premiers siècles, était formé de plusieurs ordres qui allaient du clerc au diacre et du diacre au prêtre. Ce dernier seul remplissait les fonctions pastorales. Le diacre était chargé du soin des pauvres et des aumônes. Les clercs servaient à l'autel et assistaient le prêtre dans ses divers offices.

Le christianisme pénétra en Helvétie presque en même temps que dans les Gaules. De Lyon, de Vienne en Dauphiné, le christianisme remonta le Rhône jusqu'aux bords du Léman ; de Milan, il fut apporté dans les Alpes vallaisannes. Dès le III"'*^ siècle, probablement, de petites

^ Cibrario, DeW Eeonomia politica del medio evo. 4^ édition, 1854, p. 22. ^ Hellwald, Cultiirgeschichte. Augsbnrg, 1875, 9.

DOMINATION lUt.MAlM.. .'37

communautés fleurirent à Avenches, k Genève, Augusta Rauracorum. Vindonissa, Nyon, Octodure, Sion ou Sedunum, Coire ou Curia qui sort de l'obscurité où elle avait vécu dans les premiers tem[j> de la domination romaine*. L'existence de ces sociétés chn-ticnnes an IV'"'' siècle est attestée par la présence dans les tombeaux et >ur \r^ monuments, de mono^rrammes, d'emblèmes chrétiens t*l de la croix en [larticulier, symbole de la foi nouvelle.

Mais en llelvétie, comme ailleurs, la persécution s'appesantit su!' les premiers disciples et les confesseurs du Christ. Les martyroloiies et les actes lé,aendaires du IX'"*^ siècle parlent de tourments enduré> au château de Zurich (Gastrum Turicum) par un missionnaire chrétien nommé Félix et par sa sœur, appelée Ré^uula. Des récits plus anciens encore nous font connaître le martyre de la légion thébéenne * égorgée en Vallais sous le règne de l'empereur Maximien, associé à l'empire par Dioclétien, le plus cruel persécuteur (ju'ait eu le christianisme (22 septembre 28') ou .'J()2) "'. Ours et Victor, deux olliciers appartenant au même corps, furent martyrisés àSalodm'um (Soleure).

Les soldats de cette légion, intrépides comme ils étaient, eussent aisément pu se défendre ; mais les lions se laissèrent égorger comme des agneaux : « Nous aimons mieux moui'ii*. » disaient-ils, « que de lutM*. >

Les pi'cmieF's évèijues authenticiuement coninis daltMit du IV ' siècle ap. J.-G. Justinien, le plus aFicien évèipie d' Augusta >()iiM'ril les actes du concile de Cologne (iJUj). Théoiloi'e. jtrenner évéïpit* d'Octodure, fonde à Agaune la première église en l'honnein' des sainl> martyrs thébéens et assiste au concile d'Aipiilée (.'îSl). L'n siècle après. Abondio, évèipie de Côme, signait les actes du concile de Chalcédoinr (451) pour son IVèi'e Asiinoii. (''\r(|iic de Coiit'. Dapi'ès la li^ic |,t |>lus ancienne {\r> évèques de Genève, le prenner auiail ('1.' Diogène. qui prit pai't au concile d'Aiiuih'e avei* Théodore d'Octoilure u)SL).

Un curieux moninnent de la propagation de la foi clii l'iienne danles Alpes, c'est l'i-dilice ('levé en .'177 à Sion pai" li» gouverneur ou ()réleur de cette contn'e. Ponce Asch'piinlote. a\ec le nion(\,'rannni' du Ghi'ist et l'inscription suiv;tnte : - ln<piia' pai" la pii'te. le pîa'leiu' Ponce

* Curiii ou Coire, cciMMuiant , liu^nn' ili'Jà (l;in> riîincrairo d* Anton in et dans lararto <ln Pontiniîor, cos ilrux docnnicnts u:r'(>i,'i'ai)lii(int's du 111""" sit'rl«\ Lrs n»onnai«*s »lrconvtMtcs (M» cet endroit sont du nuMur sirclc et du suivant autiuol appartient piMit- «■'tro (\y:alonuMit la Tour-l ancc apprlrt» Marsoril lùdlcr. Dlv loniischen Ansic- (ItliitKji'n in (/<•/• (tstscfinri:. Voir ans>i la carte" arrhrologi»ino de Kollor. et

(icschichlr ron Cnrrhirtun de Moor.

'^ La lei^Mon XXil'"".

*' 11 y a rontrovers»* sur ees deux liâtes. \ oir dreniaud, IhKumcnls aur Vlustonr du VtiUais, p. 1 .

38 DOMINATION ROMAIME.

« a rebâti ce temple et beaucoup plus beau qu'il n'était aupara- « vaut. Puisse la République trouver toujours de tels hommes. » Ce monument dont on avait contesté le caractère religieux est considéré aujourd'hui comme l'irréfrafîable témoianaae de l'ancienneté relative du christianisme dans le Vallais et les pays voisins, puisqu'il y est question d'édises reconstruites ^

7. IiiTasion des Barbares. — L.enr établissement en Helvétie (200 à 400 ap. J.-C).

Trois ans après la soumission des Helvètes, César avait transporté les aigles romaines au delà du Rhin et réduit en province romaine toute la Germanie méridionale. Mais les Germains du Nord, race indomptable, avaient résisté à tous les efforts des empereurs. Bientôt même, prenant l'offensive, ils attaquent les provinces les plus éloignées de l'empire et deviennent plus entrepi'enants à mesure que l'empire va s 'affaiblissant davantage.

Notre pays, pays limitrophe des Germains, eut beaucoup à souffrir des invasions de ces peuples : Allemannes, Huns, Burgundes, Goths, Suèves, Vandales, Francs. Les villes de l'Helvétie sont en grande partie saccagées et détruites. Aventicum, l'ancienne reine du pays, devenue une petite ville (Aventiculum), est brûlée par les Allemannes (260). Ses ruines majestueuses frappaient au siècle suivant les regards de l'historien Ammien Marcellin, secrétaire de l'empereur Julien, qui traversa la contrée à cette époque (356).

Quelques empereurs énergiques essayèrent de repousser l'invasion.

^ « Devotione vigens augustas Pontius œdes restituit.... » Mommsen, Inscr. 10. — M. G. (1g Wyss a prouvé le caractère religieux de ce monument contre le savant cardinal Mai qui l'avait révoqué en doute. Le célèbre archéologue romain Rossi le considère comme un monument unique en son genre du christianisme primitif. Poulies commencements du christianisme, nous suivons la savante Histoire critique de V Église en Suisse [en allemand), par M. Gelpke. Berne, 1856. Yoir aussi VHelvetia sacra de M. de Mùlinen, les Recueils de Trouillat (pour d'évêché de Bâie), Schmidt, Dey et Gremaud (pour l'évêché de Lausanne), Moor (pour l'évêché de Coire), d'Edouard Mallet (sur les évêques de Genève), de Gremaud encore pour l'évêché de Sion, dans le XXIX'"^^ vol. des Mémoires de la Société romande. — Gelpke donne pour fondateurs à la communauté chrétienne de Genève Paracodus et Denis, prêtres de Vienne en Dauphiné vers 201. Le même auteur nomme saint Valentin comme l'apôtre de la Rhétie (474). Un autre apôtre de la Ehétie paraît avoir été le Breton Lucius, dont le couvent et l'église de ce nom tirent leur nom, ainsi que le Luciensteig où il aurait fait sa demeure pendant quelque temps. Le premier évêque de Vindonissa, Bubulcus, ne paraît qu'en 517. Des évêques d'Avenches, antérieurs à Marins, un seul est connu ; c'est Salutaris, qui signa au concile d'Épaone (517).

Septime Sévère expulse une première fois les Germains. Dioclétien relève les murs de l'ancien fort de Vitudurum (Ober-Wintertliour).

Un monarque non moins vaillant, Julien l'Apostat, proclamé empereur à Paris (300), défait une troisième fois les Allemannes; Valentinien leur oppose une nouvelle ville fortifiée, la cité royale de Bâle (Basilia), à la place où s'élevait auparavant le fort nommé Robur par les habitants (374)*. Toute la ligne du Rhin est fortifiée; des camps romains et des postes d'observation s'élèvent de distance en distance ; une fiottille romaine stationne sur le lac de Constance*. Une fiottille aussi mouillait sur le lac de Neucliàtel et avait son centre et son chef ou préfet à Eburodunum (Yverdon), dont le territoire avait fait partie de la Sabaudia (Savoie) '.

Mais de nouvelles invasions rendent vain tout ce système de défense. I.e pays est dévasté de plus belle, la population décimée^ les survivants forcés de se retirer sur les hauteurs. Les Allemannes font surtout la guerre aux villes et aux forteresses. Des dix-sept villes et forts que comptait la carte de l'empire dressée sous les empereurs Dioclétien et Constantin, il n'en reste que six dans la Notice des provinces et villes des Gaules, dont trois villes et trois forteresses*. Ces six villes et forteresses faisaient partie de la province appelée Maxima Sequanorum, instituée peu de temps avant Dioclétien. Le nom des Helvètes disjtaraît insensiblement.

A la fin, les Allemannes se lassèrent de cette exi>tence noniadt' i-t aventureuse. On a dit que, battus près de Colmar par les généraux d»' l'empereur Gratieu (379), une partie d'entre eux obtinrent rant()ri>ation de s'établir au pied des Alpes, des rives de la Hirse et du Ulnii au lac de Zurich. Cependant ce n'est (luiin >iècli' aprè> (jut- la natn'tn entière se fixait dans les pays ijui s'étendent entre le Neckar. la SaaI. TAar et la Reuss, c'est-à-dire dans les contrées connues depuis sous le nom (V Al le nui n nie ou de Souahc.

Ils fiwent suivis des hurgundes \ Ce peuple, originaii'e di'v liordv

* Focliter, Jhusilia et liohiir, dans le Schw. Mu.'icum do Gorlai'h, Ilottiugor et WatvcrnaL'oi, 111, \M. — IlcMissler, VcrfassunifSfitsvhidile (kr Stmlt lUisfl, 1 et 2.

- iJiudint,', 1, .'), 10. — litrckiiii;, yolitia (lit/nitdttinh II. 1011. Walrkrnaor. Gio<lf(iphic (niri(}nir (les (inulrs, is:>'.>.

•'' Los t''tal)liss(Mnonts niilitairos tlos rkomuius on iloUitio ont vlv ilt(-rils par y\. Ford. Kollor ot M. (^iiiiciucro/. iW l)(>Uiiu>iit, dans l«>s Mittfuihttujrn (k Xuruh,

* Civitas i;(|nostriuni Novloduniun. — C'ivitas Klvotioruin Aventiouni. — Civitas Uasilionsiuni.— C'astrtnn Vindonisscnse. — Castrum Kltrodunense. — Castrum Uauracense.

* Nous disons Burgundos ot non Bourguignons. Les Burgundes sont les anrêtros

de la Baltique (dont une île, Bornholm, porte encore le nom), avait consenti à servir sous les drapeaux romains comme auxiliaires. Il obtint, en revanche, une cession de terres près de Worms et sur les bords du Rhin, puis une seconde en Savoie. Enfin, vers 443, un traité formel conclu à l'amiable avec les magistrats romains lui Uvra d'abord cette partie de la Gaule qui porte le nom des AUobroges et des Helvètes. Attila, roi des Huns, ayant envahi la Gaule, les Burgundes se liguent avec les Romains, les Francs et les Visigoths contre cet exterminateur de peuples et de villes et contribuent à la victoire des nations coalisées (451). Cinq ans plus tard, les troubles de l'empire favorisèrent l'extension de leur territoire auquel ils joignent successivement le pays des Eduens et des Séquanes (Bourgogne et Franche-Comté, le Dauphiné et une partie de la Provence).

Dans le pays nommé aujourd'hui la Suisse, la frontière des Burgundes se trouva transportée d'Avenches à l'ancienne Vindonissa. Le Vallais tout entier en faisait partie*.

Un troisième peuple, les Ostrogoths (Goths de l'Est), ayant soumis l'Italie (de 489 à 493), s'empara en même temps de la Rhétie, considérée déjà par les empereurs romains comme une dépendance de la Péninsule.

La province des Goths s'étendait au delà des confins des Grisons jusqu'au lac de Wallenstadt et dans la vallée de Claris, comprise dans la Rhétie.

De l'arrivée de ces trois peuples et de leur mélange insensible et progressif avec les débris des populations helvéto-romaines, date une ère nouvelle dans l'histoire de la Suisse et qui correspond à celle du moyen âge dans l'Histoire générale.

germaniques des Bourguignons francisés du X»"® siècle. On oppose de la même manière 'le nom de Francs à celui de Français. Les Allemannes sont les pères des Allemands. Les Burgundes occupèrent ainsi les contrées appelées depuis la Bourgogne (Dijon), la Franche-Comté de Bourgogne (Besançon), le Lyonnais, le Dauphiné, la Savoie et la Suisse occidentale jusqu'à la Keuss. L'histoire des Burgundes, défrichée par Gingins et Ed. Secrétan, a fait l'objet d'un gavant ouvrage de M. Binding : Das hurgundisch-romanisclie Kônigreich, Leipzig 1868, et d'un ouvrage plus complet en deux volumes de M. Albert Jahn, notre compatriote : (resc^*c/î/c der Burgundionen und Burgundiens. Ces deux ouvrages ont chacun leur mérite propre, M. Binding écrivant en juriste et M. Jahn en philologue.

^ Jahn, II, 324-25.

CHAIMTUE IV

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