‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 114 sur 234 · LIVRE VU. PART. H. CMAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE VU. PART. H. CMAP. V

Meyer était bien venu de Berne, maLs de son propre mouvement. Au milieu de la salle était une table, auprès de laquelle Zwingli s’assit. Il n’avait d'autre secours que celui de la Sainte-Écriture, placée sous sa main. Beaucoup d’entre les assislans tournaient vers lui des yeux remplis d’espoir. Rœust, le bourgmestre**, ouvrit la séance. « Savans, nobles et dignes Messieurs! vous savez quelle division s’est élevée de nos jours en matière spirituelle. Plusieurs accusent d’hérésie notre prédicateur, Ulrich Zwingli, ici présent. A sa demande réitérée d’être mis en présence de ses adversaires, le Conseil a convoqué l’assembléé qui se trouve réunie. Que quiconque se croit en droit de reprocher à Zwingli une doctrine contraire aux Écritures, vienne donc, et l’attaque ouvertement et sans crainte. Car nous aspirons à la connaissance de la vérité, et nous sommes las de bruit. »

D’Anwylse leva, et dit que rien n’était plus conforme aux vues de son supérieur ecclésiastique que le rétablissement de la concorde; que pour obéir à ce désir de paix l’évêque avait envoyé des délégués au colloque y porter ses avis et au besoin ses résolutions. Alors Zwingli témoigna sa douleur de ce que, suivant une pente funeste, et laissant les siècles les uns après les autres accroître l’amas des réglemens d’hommes, on se fût en tout lieu si fort éloigné de la doctrine chrétienne. Puis, protestant qu’il ne demandait qu’à voir l'Évangile rendu à sa pureté primitive, et que ses efforts pour parvenir à ce but étaient la seule cause des haines qui le poursuivaient, il se déclara responsable des propositions qu’il avait cru nécessaire de publier. « Je

** Il remplaçait son collègue malade.

suis appelé maintenant à les défendre, dit-il en finissant ; eh bien, au nom de Dieu, me voici ! »

Il se fit un profond silence. Le bourgmestre le rompit pour inviter à s’avancer toute personne qui voudrait émettre son vœu ou sa pensée. Nouveau silence. « C’est au nom de la charité chrétienne, dit alors Zwingli, que je prie ceux qui croient ma doctrine erronée, de me présenter leurs objections. >» Silence encore. Seulement une voix , partant du fond de la salle, se fit entendre : « Où sont les héros des carrefours et des tavernes? ils ont trouvé leur homme. » Cette apostrophe provoqua un rire général. Zwingli ayant renouvelé ses instances, Jacques Wagner, pasteur de Neftenbach , se présenta : « C’est au plus ignorant à parler, puisque nul autre ne veut s’y décider. Nous nous souvenons tous d’une défense publiée depuis peu par l’évêque, de rien enseigner ou faire contre la tradition. Cependant Zwingli combat aujourd’hui cette même tradition et ne rencontre personne qui lui prouve qu’il soit dans l’erreur. J’en conclus que nous devons raisonnablement être déliés du mandement épiscopal. Nous savons tous aussi que, pour avoir violé cet édit, le malheureux pasteur de Fislibach a été saisi, traîné devant la Diète, livré à l’évêque , et jeté en prison. N’avons-nous pas aujourd’hui lieu de croire qu’on a été injuste envers lui ? »

Pour lors, le grand-vicaire crut ne pouvoir se taire davantage, d’autant moins que le dernier trait, tout en frappant l’évêque, l’atteignait aussi persounellement. Il ne prit pas la défense du mandement, publié

“ Urbain fVeitâ. ff'irt, M4. • ' -

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