‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 113 sur 234 · LIVRE va. PART. U. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE va. PART. U. CHAP. V

déballa à l’envi la queslioa de savoir qui l’avait emporlé dans la séance du Conseil des Deux-Cenls. Les moines prodiguaienl en chaire l’injure et les calomnies; ils annonçaient la venue des derniers temps et suppliaient les Saints d’accourir à leur aide “. Les prédicateurs à leur tour tançaient rudement leurs adversaires, et les traitaient de fainéans et de menteurs. Le Conseil interposa vainement sa médiation. Les moines, s’appuyant d’hommes en crédit, se mirent peu en peine de l’ordre de ne prêcher que selon l’Évangile. D’une voix menaçante ils continuèrent à accuser leurs antagonistes d’hérésie. En cet état de choses, Zwingli brûlait du désir d’entrer avec eux en lice régulière sous les yeux du peuple entier. Il témoigna hautement ce désir en toute occasion, et finit par solliciter auprès du Conseil un colloque public.

Après mûre délibération, le Conseil répondit favorablement à sa demande. On choisit le jeudi 29 janvier. Tous les ecclésiastiques du Canton furent convoqués à cette conférence solennelle. Elle devait avoir lieu devant le Conseil assemblé , en présence de sa vans théologiens , priés d’y assister. Son but devait être de faire connaître clairement ce qui , dans les prédications opposées que l’on entendait, reposait sur les Saintes-Écriturcs Les députés des douze Cantons’®, qui se trouvaient assemblés à Baden, reçurent avis de la résolution des JZuricois , avec invitation de se rendre au colloque. Ils n’acceptèrent pas. Même communication fut adressée à l’évêque, et on le pria de venir à la conférence en

•* Bernard Wyss, dans Fus$li. Ballinger.

Ballinger. Hegenmald.

personne ou d’y envoyer des délégués. Ce vœu ne fut pas accueilli. On savait bien à Conslance qu’à moins de se couvrir du manteau très-ample de la tradition, il v avait danger à braver l’épée flamboyante de la parole divine. D’un autre côté l’on ne savait comment se refuser au combat sans donner un nouvel attrait et de nouveaux prétextes à l’innovation. L’évêque se décida à prendre une voie intermédiaire. 11 fit partir pour Zurich d’Anwyl, l’intendant de sa maison, Faber, son grand-vicaire , le prédicateur Werguenhans , et le docteur Blansch de Tubingen. Il leur ordonna d’écouter, de donner des conseils et des décisions, de se borner là, et sans dépasser ces limites, d’.ngir suivant les circonstances. Zwingli, à l’exemple de Luther, et pour qu’on ne se laissât pas distraire des questions en litige par d’insignifians détails, publia soixante-sept articles, renfermant ses assertions les plus saillantes et les plus attaquées. C'était le champ qu’il ouvrait au combat.

Au jour fixé l’assemblée se réunit dans la maison de ville Le petit et le grand conseil, le clergé cantonal et les députés prirent place. Puis la salle se remplit d’une foule composée aussi bien de laïques que d’ecclé • * siastiques, et dans laquelle on voyait des étrangers accourus de fort loin. On comptait en tout plus de six cents personnes. Aucun député ne s’était présenté de la part des Cantons, si ce n’est Wagner de Schaffhouse.

O BulUnger, Hegeimald ( mailre d'école et homme instruit, qui écriÿ vit, de retour dans sa maison, tout ce qu'il avait entendu , et ne négligea rien pour rendre son récit complet). Faber (wahrlich underriclilung, etc. ) Il combat Hegenwald, et est corrigé i son tour dans le F’euttour plume ( Oeyerrupfen^, I.e récit de Salut est indigne de confiance. Fitssli, 11^81 ; lit , 1.

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