‹ Histoire de la Confederation SuisseChapitre 116 sur 234 · LIVRE va. PART. U. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE va. PART. U. CHAP. V

rich , il vous donnera une main ferme pour maintenir l’Évangile en notre p»ys , et s’il vous appelle à endurer quelque dommage pour cette cause , n’en doutez nullement, il saura vous en tenir compte. Amen! ainsi soit-il I »

Parmi ceux qui assistaient à cette scène il n’en fut probablement aucun qu’elle surprit d’une manière plus pénible que le grand-vicaire Faber *''. Originaire d’une petite ville de Souabe , et Gis d’un simple forgeron il s’était élevé par ses talens. A Lindau', où il commença sa carrière, il avait fait admirer sa prédication facile et le soin qu’il mettait à s’acquitter de tous les rites du culte. Les évêques de Bâle et de Constance avaient à l’envi cherché à l’attirer à leur service, et l’université de Fribourg lui avait accordé les honneurs du doctorat en droit canonique. A cette époque, la plus brillante de sa vie, il s’était fait par ses écrits’’ et par sa libéralité d’honorables amis. Glaréan, Zwingli, Yadian entretenaient avec lui un commerce de lettres’®. Comme eux, il était ennemi de la vente des indulgences; mais c’était parce qu’à ses yeux elles exposaient au mépris des peuples l’Église, dont il prisait beaucoup la gloire, et l’état ecclésiastique, voie ouverte pour parvenir, de la condition la plus humble, aux honneurs et à la domination”. 11 était depuis deux ans grand-

*’ Leuikirch. — Kellner , de Fabri vila el scriptis. Lipsiæ , 1737. — Hotlinger. Urbain Rhegius, de dignitale sacerdotum Constanliæ, 1518.

*• Do là son nom de Faber.

Son écrit • Dedamaliones de vitæ bumanæ miseria» peignait avec esprit les misères du temps et entre autres le ridicule des prédications.

« CoU. Siml., 1519-1521. .

^ C’est la pensée qui domine l’écrit qu’il publia à Rome contre Luther, sous le titre de Malleia. • Subdole tendis, ut Clericos laicis su|)j|icias. scd non sinil Dominus pcrire Cbrisloj suos. • — Il s’efTraia de vok

vicaire et premier conseiller de l’évêque de Constance quand à Wittemberg la fumée provenant de l’incendie des décrétales s’éleva dans les airs. Il avait en le temps de sonder les bases de l’édifice hiérarchique, et jugea que c’était folie de vouloir le faire reposer tout entier sur le seul fondement des Écritures et des progrès de leur interprétation. Son titre de docteur lui eût . paru manquer d’un appui solide, sans l'existence du droit canonique. Insensiblement ses amis le virent changer. Un voyage à Rome acheva sa conversion. Faber en revint, avec la faculté de ne plus rougir, pour assister au colloque dont nous venons d’être les témoins.

Déclaré vaincu par la résolution du sénat zuricois, Faber ne laissa pas de chercher à se relever de son humiliation. Feignant de n’avoir pu prendre connaissance qu’à l’instant même des articles de Zwingli , il les déclara dans leur ensemble contraires aux Écritures, prétendit le prouver, et employa dans ce but de si faibles raisons, que les amères plaisanteries par lesquelles Zwingli le réfuta parurent justifiées aux yeux de tout homme sensé. D’Anwyl lui-même en jugea ainsi ^ ; c’est lui qui, à la proposition que fit son collègue de prendre deux arbitres pour décider le différend, répondit : « Communiquerons-nous donc notre foi à ces deux hommes, et nous résoudrons-nous à ne croire , en toute chose , qu’aprés qu’ils auront cru ? » L’assemblée applaudit en riant à cette observation.

Faber quitta Zurich , après avoir déclaré qu’d y

les laïques se mêler de recherches thêologiques. Leiire à Vadim, mai 1531. CoU. S/ml.

** D’Anwjl devint ensuite un ami de la réforme, comme le témoigne la préface d’une description de la Thnrgovic , qu’il publia ; et l’histoire de la réformation à Constance par Vœgelin.

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